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Le désir d’autorité
Spurk Jan
CROQUANT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782365124478
Le désir d'autorité émerge sur la base de la conjonction des diverses crises qui se suivent, se recoupent et se conjuguent depuis des décennies. Plus rien n'est fiable et sûr ; nous sommes impuissants face aux crises qui s'abattent sur nous. La normalité de la société s'effrite dans le tourbillon de ces crises. Les références normatives vacillent ; l'existence devient incertaine, imprévisible et angoissante. Le manque de (capacité de) compréhension et de maîtrise de la réalité est un autre facteur qui produit le désir d'autorité, désir d'un pouvoir qui rétablirait l'ordre et la normalité. Ce désir ne connait pas de raisons et pas d'arguments. Il est le souhait, en général irrationnel et obsessionnel, de vivre heureux grâce à la subordination à l'autorité. Cette relation est plus fantasmagorique que réelle mais elle peut porter un projet de société autoritaire. "C'est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin" (Simone de Beauvoir).
Ce pamphlet n'est pas un ouvrage académique, mais une réflexion sur le savoir et la connaissance, le savoir qui naît avant toute analyse scientifique et la connaissance consciente qui rend possible la vie sociale. La virtualisation du monde médio-global est proposée comme l'espace symbolique et explicatif des dérives du savoir et de la connaissance ; de cet espace émergent des risques et dangers difficilement surmontables, que l'auteure aborde à partir d'une vision stratégique et constructive.
Les notions de liberté, d'espace public, de publicité et démocratie sont centraux pour caractériser la société contemporaine. Il existe cependant une profonde contradiction : d'un côté, persistent les attentes, les ambitions et les promesses que ces mots-clés de la modernité ont naguère exprimé ; de l'autre côté, l'émergence de l'industrie culturelle a introduit une profonde rupture avec la société moderne. L'industrie culturelle a énormément développé les apparences de la liberté, de l'espace public, de la publicité et de la démocratie, mais le sens de ces mots a profondément changé. La réalité qu'elle a créée n'est pas ce qu'elle prétend être : libre, démocratique et satisfaisante. Depuis, ces mots n'indiquent plus un projet à réaliser et un avenir meilleur à atteindre mais un statut quo à reproduire. Néanmoins, le désir de publicité et de liberté ainsi que le désir de créer et de faire vivre un espace public persistent. Ces désirs montrent que les ambitions de la société moderne n'ont pas été réalisées et qu'ils n'ont pas quitté la scène de l'histoire. Aussi puissante que soit l'industrie culturelle, elle ne peut pas satisfaire ces désirs. Afin de comprendre notre société, nous devons rendre compte de fait qu'elle est profondément contradictoire et que, pour cette raison, elle porte en elle une multitude d'avenirs possibles dont la libération fait partie. Le rapport entre l'espace public, la publicité et la liberté guide notre argumentation. Ce ne sont pas les formes empiriques des espaces publics en soi qui nous intéressent particulièrement mais les changements de sens de la publicité et de la liberté qui donnent à l'espace public sa forme empirique. Ce rapport est en jeu et sont également en jeu les avenirs possibles de la société contemporaine. Ce livre veut ainsi contribuer à la compréhension de l'état de la société et de ses avenirs possibles.
Jan Spurk examine la réalité contemporaine des Grenouilles qui demandent un roi de Sartre (1958). Il fait valoir que nous assistons à la fin d'une époque et que nous avons à inventer l'avenir. Comme le texte de Sartre, écrit peu de temps avant le référendum sur la Constitution de la Ve République, ne décrit pas exactement une réalité comparable à celle-ci, cependant Spurk donne un aperçu de la situation critique actuelle qui nous apparaît comme une radicalisation de la situation décrite par Sartre : l'échec du système politique, la personnalisation, la sérialité comme un aspect spécifique de l'industrie de la culture, l'incapacité de "l'espace public" pour générer du public. La dialectique entre l'espace public et l'internalisation des besoins et des impulsions sont d'autres aspects importants analysés dans le texte, et l'image de la "mare s'assèche", révèle une crise à part entière dans le monde d'aujourd'hui.
Les mouvements sociaux portés par la jeunesse qui ont émergé ces dix dernières années ont remis au goût du Jour une notion considérée comme dépassée : l'honneur. L'honneur évoque, selon les époques, un principe chevaleresque, une passion patriotique ou un terme propre aux populations du bassin méditerranéen. Il tend à s'imposer aujourd'hui comme un concept "brandi" par les individus pour dénoncer les conditions sociales qui les asservissent. Le sentiment d'indignation est d'autant plus fort qu'il répond au désenchantement des individus face au monde qui les entoure : marasme politique, mondialisation, monde de plus en plus rationalisé et tourné vers le profit, absence de perspectives d'avenir... Pour résister à la déchéance sociale et morale qui les guette, les individus vont alors mobiliser "la seule chose qui leur reste", à savoir leur honneur, pour dire "non" aux injonctions de la société marchande et mu corruptions afin de reprendre le contrôle de leur existence. L'honneur semble ainsi acquérir une nouvelle dimension : il cristallise les indignations et insuffle un élan libérateur. Ce sentiment de révolte face à un monde d'injustices gagne de nombreux pays. Dans cet ouvrage issu de sa thèse de sociologie, c'est à la lumière d'interviews avec des jeunes français et turcs que l'auteure s'efforce de cerner l'évolution sociale de la référence à l'honneur, face à des situations qui portent atteinte à la dignité humaine et dont ils souhaitent s'émanciper. Si l'honneur était jusqu'ici empreint de la culture dans laquelle il était invoqué, il semble s'universaliser pour devenir une notion qui fait écho aux souffrances des populations du monde entier.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.