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Et si les grenouilles redemandaient un roi ?
Spurk Jan
MIMESIS
7,90 €
Épuisé
EAN :9788857524450
Jan Spurk examine la réalité contemporaine des Grenouilles qui demandent un roi de Sartre (1958). Il fait valoir que nous assistons à la fin d'une époque et que nous avons à inventer l'avenir. Comme le texte de Sartre, écrit peu de temps avant le référendum sur la Constitution de la Ve République, ne décrit pas exactement une réalité comparable à celle-ci, cependant Spurk donne un aperçu de la situation critique actuelle qui nous apparaît comme une radicalisation de la situation décrite par Sartre : l'échec du système politique, la personnalisation, la sérialité comme un aspect spécifique de l'industrie de la culture, l'incapacité de "l'espace public" pour générer du public. La dialectique entre l'espace public et l'internalisation des besoins et des impulsions sont d'autres aspects importants analysés dans le texte, et l'image de la "mare s'assèche", révèle une crise à part entière dans le monde d'aujourd'hui.
Résumé : Le désir d'autorité émerge sur la base de la conjonction des diverses crises qui se suivent, se recoupent et se conjuguent depuis des décennies. Plus rien n'est fiable et sûr ; nous sommes impuissants face aux crises qui s'abattent sur nous. La normalité de la société s'effrite dans le tourbillon de ces crises. Les références normatives vacillent ; l'existence devient incertaine, imprévisible et angoissante. Le manque de (capacité de) compréhension et de maîtrise de la réalité est un autre facteur qui produit le désir d'autorité, désir d'un pouvoir qui rétablirait l'ordre et la normalité. Ce désir ne connait pas de raisons et pas d'arguments. Il est le souhait, en général irrationnel et obsessionnel, de vivre heureux grâce à la subordination à l'autorité. Cette relation est plus fantasmagorique que réelle mais elle peut porter un projet de société autoritaire. "C'est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin" (Simone de Beauvoir).
Les notions de liberté, d'espace public, de publicité et démocratie sont centraux pour caractériser la société contemporaine. Il existe cependant une profonde contradiction : d'un côté, persistent les attentes, les ambitions et les promesses que ces mots-clés de la modernité ont naguère exprimé ; de l'autre côté, l'émergence de l'industrie culturelle a introduit une profonde rupture avec la société moderne. L'industrie culturelle a énormément développé les apparences de la liberté, de l'espace public, de la publicité et de la démocratie, mais le sens de ces mots a profondément changé. La réalité qu'elle a créée n'est pas ce qu'elle prétend être : libre, démocratique et satisfaisante. Depuis, ces mots n'indiquent plus un projet à réaliser et un avenir meilleur à atteindre mais un statut quo à reproduire. Néanmoins, le désir de publicité et de liberté ainsi que le désir de créer et de faire vivre un espace public persistent. Ces désirs montrent que les ambitions de la société moderne n'ont pas été réalisées et qu'ils n'ont pas quitté la scène de l'histoire. Aussi puissante que soit l'industrie culturelle, elle ne peut pas satisfaire ces désirs. Afin de comprendre notre société, nous devons rendre compte de fait qu'elle est profondément contradictoire et que, pour cette raison, elle porte en elle une multitude d'avenirs possibles dont la libération fait partie. Le rapport entre l'espace public, la publicité et la liberté guide notre argumentation. Ce ne sont pas les formes empiriques des espaces publics en soi qui nous intéressent particulièrement mais les changements de sens de la publicité et de la liberté qui donnent à l'espace public sa forme empirique. Ce rapport est en jeu et sont également en jeu les avenirs possibles de la société contemporaine. Ce livre veut ainsi contribuer à la compréhension de l'état de la société et de ses avenirs possibles.
La sociologie de l'entreprise est constitutivement liée à des situations de profondes ruptures sociales. C'est pourquoi deux approches sociologiques de l'entreprise ont émergé en Allemagne dans les années 20 et 30 comme en France dans les années 80. Ces approches analysent toutes deux l'entreprise comme une hétéronomie productive indépassable. Par le biais de ces approches, l'auteur analyse l'entreprise comme lien social spécifique, se basant sur une " servitude volontaire " (La Boétie). Cependant, sa critique ne se contente pas de constater l'état de l'entreprise et de sa sociologie ; elle insiste sur la constitution de ces phénomènes et leur dépassement possible. En effet, critiquer, c'est penser ce qui est au nom de ce qui n'est pas encore.
Le point d'interrogation dans le titre indique que le livre s'interroge sur le potentiel de développement démocratique (surtout en France). Sans tomber dans le pamphlétisme du "on n'a qu'à" ou des récits funèbres de la démocratie, l'auteur explique la tension entre le potentiel du développement démocratique et ce qui empêche ce développement. Cette tension provoque un véritable malaise dans la démocratie. L'analyse s'appuie sur quatre cas exemplaires du développement de l'auto-gouvernance, des données empiriques et statistiques mais aussi sur une théorisation nécessaire à la compréhension de ce phénomène. Le texte est facile d'accès pour un large public, surtout dans la période préélectorale actuelle, intéressé à comprendre la politique et le politique, tout comme pour le milieu académique.
Pourquoi, partout et de tout temps, les hommes ont-ils voulu offrir des sacrifices à leurs dieux ? Pour leur plaire et s´attirer leurs faveurs ? Pour les remercier sans rien demander en échange ? Qu´est-ce qui se cache derrière ce rite ? Hubert et Mauss, éminents spécialistes des religions, pensent que si le sacrifice est "l´instrument privilégié de communication entre l´homme et les forces supérieures" , comprendre son langage signifie cueillir l´essence de la religiosité primitive.
L'esthétique du cinéma muet américain des années 1910-1920 révèle non seulement une fonctionnalité mais également une intelligence des formes filmiques. Les assemblages non conventionnels laissent place à une reprise inventive des formes en usage : cut-backs, flashes, enchaînés, surimpressions. Si les films étudiés dans cet ouvrage partagent l'ambition de créer un cinéma d'idées, ils n'abandonnent cependant jamais les modes propres de la cinématographie hollywoodienne de l'époque : l'action et le spectacle. Comment composer alors ces trois éléments, l'idée, l'action et le spectacle, dans une harmonie de formes et contenus ?
Cet ouvrage développe l'idée que la perception a une histoire et que notre manière de voir ne fut pas toujours la même selon les époques. De plus, la vision n'est pas une donnée invariable et elle est constamment réinventée par le contact avec l'environnement. Ce propos théorique - l'un des défis conceptuels majeurs en esthétique au XXe siècle - a engendré un vaste débat qui se trouve aujourd'hui au centre de l'actualité scientifique, du fait des recherches récentes en épigénétique, plasticité neuronale, anthropologie, et en relation avec la prolifération des dispositifs et des médias techniques contemporains. La philosophie de Merleau-Ponty a développé cette conception de la perception en tant que phénomène qui se métamorphose au sein de l'histoire et dont les changements se laisseraient entrevoir dans les formes d'expression humaines.
La question "qui suis-je ? " occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.