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Un pot-pourri de Kroutchev
Souvarine Boris
SPARTACUS
4,00 €
Épuisé
EAN :9782902963843
En 1970, pour des raisons obscures, les dirigeants de l'Union soviétique firent parvenir aux Etats-Unis un épais volume contenant, sans ordre vraiment apparent, des souvenirs de Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire du Parti communiste d'Union soviétique de 1953 à 1964. C'était la première fois que le parti soviétique laissait - ou plutôt faisait - publier ainsi à l'étranger le point de vue personnel d'un ancien dirigeant du parti et de l'Etat. Analysant ces textes, ordonnés tant bien que mal par le traducteur américain et qu'il qualifie de "machination énigmatique" , Boris Souvarine y trouve des erreurs manifestes, volontaires ou non, des omissions étonnantes, mais aussi des confirmations des crimes effroyables commis par le régime stalinien qu'il avait su, avec quelques autres, identifier et dénoncer dès les années trente.
Fondateur du Parti communiste en France (1920), Boris Souvarine (1895-1984) a connu tous les grands dirigeants bolcheviques : Lénine,Trotski, Zinoviev, Staline, etc. Il est devenu l'ami de nombreux écrivains : Isaac Babel, Boris Pilniak, Dimitri Fourmanov... Après son exclusion en 1924, il a entamé un patient travail d'analyse critique du bolchevisme qui le conduit à publier Staline, aperçu historique du bolchevisme (1935), oeuvre aujourd'hui encore inégalée. Souvarine s'est toujours soucié du sort des plus humbles et a tenté d'alerter les opinions publiques sur la réalité des répressions féroces - époque où "le coeur se serre et les cheveux se dressent sur la tête" comme l'a dit Pasternak - alors que les élites occidentales détournaient le regard pour des raisons politiques à courte vue. Du Figaro (1939) à Preuves, puis du Contrat social (sa revue) à Est et Ouest, Souvarine s'est battu au moyen de sa seule arme : sa plume, sans espoir ni illusions, pour conserver la mémoire des disparus et pour la vérité, accumulant les documents sur le sort tragique des écrivains russes. Dénonçant l'imposture de la "déstalinisation" khrouchtchévienne, il défendit les vrais créateurs dans leur lutte inégale contre le régime, au premier rang desquels on trouve la noble figure de Boris Pasternak, persécuté pour Le Docteur Jivago et conduit à la mort. Près de trente ans après sa disparition, Souvarine demeure l'un des critiques les plus rigoureux du totalitarisme soviétique, et sa chronique de la tragédie des lettres russes permet d'en mieux comprendre la nature intrinsèquement liberticide.
Les bouleversements et les crises périodiques que la révolution industrielle imposa au monde du travail provoquèrent à la fois le développement des luttes ouvrières et l'éclosion de projets de réforme sociale prétendant concilier progrès technique et harmonie entre les hommes. En montrant que l'histoire des sociétés était indissociable de celle de la propriété, Karl Marx apporta au mouvement ouvrier naissant à la fois la compréhension du monde qui le créait et l'illumination des buts qu'il devait se donner. Karl Kautsky expose comment il y parvint en soumettant à la critique historique et sociale les grands courants de pensée qui ont accompagné l'avènement de la bourgeoisie capitaliste. Mais cette activité intellectuelle de Marx ne doit pas être séparée de son action militante, qui la rendait nécessaire et qui l'enrichissait en même temps. Dans " L'histoire de la Ligue des communistes ", Friedrich Engels relate la constitution du premier noyau de révolutionnaires auquel il appartint, dans cette Europe occidentale du milieu du XIXe siècle où il faut encore abattre le despotisme monarchique mais où, déjà, surgit la perspective d'une société libérée des oppressions, celle de la société communiste.
Fille de commerçants juifs, Rosa Luxemburg naît en 1871 à Zamosc en Pologne. Théoricienne marxiste, son activité militante au sein du parti socialiste révolutionnaire « Prolétariat », menée en parallèle de ses études au lycée de Varsovie, l oblige à s exiler en Suisse très jeune. Elle poursuit à Zurich des études d économie politique, lance le journal La Cause ouvrière et cofonde le Parti social-démocrate du royaume de Pologne. Naturalisée allemande, elle s installe en Allemagne en 1898 et s engage au Parti socialdémocrate. Elle rejoint également la Deuxième Internationale, où elle anime l aile gauche marxiste, s opposant aux tendances réformistes de Bernstein ou Millerand. Lorsque la Révolution éclate en Russie, Luxemburg regagne la Pologne pour participer à l élan insurrectionnel. Arrêtée, elle manque d être exécutée. De retour en Allemagne en 1906, ses prises de position antimilitaristes lui valent deux nouvelles arrestations et plusieurs séjours en prison. C est la révolution allemande qui la délivre en 1918. Exclue du SPD, elle s investit alors clandestinement dans l organisation du mouvement révolutionnaire spartakiste qui se déclenche le 5 janvier 1919. Cependant l insurrection échoue et subit une sanglante répression de la part des sociaux-démocrates nouvellement à la tête du pouvoir. Rosa Luxemburg est alors arrêtée, avant d être exécutée le 15 janvier.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.
Il s'agit là de la première critique d'ensemble du régime bolchevik d'un point de vue anarchiste, parue en Allemagne en 1921 sous le titre La faillite du communisme d'Etat russe. Rudolf Rocker, militant anarcho-syndicaliste, avait au cours d'une longue période d'exil à Londres participé aux combats des ouvriers de la confection contre l'exploitation ; rentré en Allemagne en 1918, il avait oeuvré au regroupement des militants anarcho-syndicalistes. Dans ce livre, il montre comment, devenus maîtres des soviets qui étaient nés de l'action spontanée des masses, les bolcheviks, après s'être emparés des pouvoir étatiques, en ont usé pour tenter d'intégrer à l'appareil d'Etat toutes les autres tendances révolutionnaires, ainsi que pour diffamer, calomnier, éliminer et massacrer quiconque refusait de se soumettre. S'appuyant sur des témoignages de première main, il dénonce les méthodes des bolcheviks qui ont, par exemple, cyniquement trahi le pacte conclu avec les troupes de Makhno, aggravé la famine qui sévissait déjà en détruisant les communes et les coopératives paysannes pour bâtir un Etat tout-puissant, prétendument socialiste, instrument d'une nouvelle forme de l'esclavage salarié.