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Comment devenir indien
Solminihac Olivier de
EDL
8,50 €
Épuisé
EAN :9782211087735
Alexis n'est pas le genre de garçon à mentir. Il vit depuis neuf ans dans un monde de vérités. Autour de lui, il y a plus de vérités qu'il n'est possible d'en compter. Plus de soixante-deux mille huit cent cinquante-quatre. Et un mystère humain. Ce mystère est assis à l'angle du boulevard Parménide dans un fauteuil pliant, quel que soit le temps, avec son visage tout plissé de rides. Il est très vieux, très solitaire et très impénétrable. D'ailleurs, Alexis a beau mener son enquête, à chacune de ses questions, on lui conseille de se taire. Rien ne pourra venir percer le mystère monsieur Chut. Pas tout à fait. Car un jour, dans la cour de récréation, Alexis fait la chose la plus incroyable, la plus stupéfiante, la plus explosive que notre monde de vérités puisse entendre: il ment. Il déclare être un Indien, un vrai de vrai. Maintenant, il doit vraiment le devenir, à tout prix. Et, étrangement, sur sa route, monsieur Chut l'attend.
Résumé : "Chaque fois que nous voyons l'homme au fond du jardin sortir au vasistas pour fumer, il nous vient la vision d'un ange flottant quelques minutes au-dessus des décombres de l'usine, regardant sans un mot quelques mètres sous lui le spectacle du monde, le spectacle désolé du monde, le spectacle du passé, époque après époque, qui se surimprime à celui du présent." Ce roman raconte à sa manière très elliptique les quarante premières années de ce "nous" qui n'est autre que le narrateur : une enfance catholique, une adolescence sans surprises, puis 20 ans s'écoulent sans autre précision, jusqu'à son installation à Dunkerque. Lorsqu'il emménage dans la maison qu'il vient d'acheter, celui-ci ne remarque pas immédiatement cet "homme au fond". Trop de choses occultent son regard, son esprit et son temps : les cartons à vider, les travaux à entreprendre, et surtout les deux peupliers dans le jardin qui percent le ciel et l'inquiètent. Il faut les abattre. Leur disparition libère l'espace du narrateur. De plus en plus obsédé par la figure du fumeur à son vasistas et par l'histoire d'une plaque commémorative découverte sur le mur de sa propriété, il entreprend une recherche sur la stratification historique de son quartier. Tout devient alors prétexte à croiser passé et présent, la mémoire et le vivant, à détecter leurs imbrications. Olivier de Solminihac approfondit ici une façon bien à lui de combiner approches fictionnelle et documentaire : en utilisant une écriture qui joue sur le glissement de l'individuel vers le collectif, il multiplie les échos de la moindre évocation en chacun de nous.
Il y a un domaine où il ne faut pas croire tout ce que racontent les grands: les doudous. Un doudou fossile abandonné dans un vieux lit, un trésor antique, et grand-mère le regarde comme un vieux chiffon. Cette famille de doudous tigres ne sera ni triste ni désespérée si elle n'est pas adoptée, assure papa. Les doudous ont besoin d'être lavés, c'est mieux comme ça, prévient maman. En matière de doudous, les grands n'y connaissent rien. Ils ne savent pas d'où ils viennent, comment ils vivent, ni à quoi ils travaillent. Pour eux, le peuple doudou n'existe pas. Et pourtant... Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.
Jonathan part en avant, à la conquête des crabes et des crevettes, mais ce n'est déjà plus lui que je vois, ce n'est plus lui que j'entends. Il y a quelque chose dans ma tête qui ne s'en va pas. Cette chose, à l'intérieur, c'est un souvenir. Le souvenir d'hier." Hier, c'était le premier jour des vacances, l'exaltation du départ, le coffre plein. Et puis il y a eu les embouteillages, l'ennui, l'envie de faire pipi, de boire, et là, Papa s'est énervé...
Descendre vers le haut, monter vers le bas, qu?importe: pour le narrateur de ce monologue, il est clair que l?ascension ? et la descente ? sont d?ordre spirituel. Et que le ciel dont il s?agit ici a plus à voir avec l?espace intérieur qu?avec la voûte céleste. Ce narrateur, on l?imagine très jeune, adolescent peut-être, avec tout ce qui constitue l?adolescence: l?utopie, l?énergie amoureuse, la violence, l?expérimentation? Et puis, peu à peu, émergent deux figures, celle d?un père et d?une s?ur, auxquels il lui faut rendre hommage. Comme les « tombeaux » qui, dans la poésie (Du Bellay) et la musique (Ravel) française, perpétuent la tradition de l?éloge. Descendre dans le ciel est bien un récit, mais sa logique est avant tout poétique. Et si la description minutieuse de l?ascenseur que le narrateur a entrepris d?assembler peut paraître étrange, voire même saugrenue, qu?on pense alors au Plume de Michaux ou au Mont Analogue de René Daumal, ces deux grands poètes « pataphysiques ». On sort de ce livre ébloui, bouleversé comme par l?aveu d?une peine intime.