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Penser la marchandisation du monde avec Karl Polanyi
Sobel Richard
L'HARMATTAN
17,50 €
Épuisé
EAN :9782296038042
Dans La grande transformation, Karl Polanyi rappelle qu'aucune société humaine ne peut durablement exister sans qu'un système assure une forme d'ordre dans la production, la distribution et la consommation des ressources. En règle générale, cet ordre économique est toujours pleinement encastré dans le social qui le structure et le contient. Or au XIXe siècle, les sociétés occidentales instituent et développent un système singulier: le "marché autorégulateur", qui ne possède a priori aucun principe de limitation interne et qui tend à phagocyter tout ce qui constitue le monde social et environnemental. Pourtant, le travail "n'est rien d'autre que ces êtres humains eux-mêmes dont chaque société est faite", et la terre "que le milieu naturel dans lequel chaque société existe". Du coup, "les inclure dans le mécanisme de marché, c'est subordonner aux lois du marché la substance de la société elle-même", et finalement la déstructurer de fond en comble. Après avoir connu une période de recul et de contrôle sociopolitique durant la seconde moitié du 20e siècle, la marchandisation du monde semble repartie de plus belle à la faveur de la mondialisation néolibérale. C'est l'occasion de réévaluer la pertinence de l'approche de Karl Polanyi, tant sur le plan de l'analyse économique que sur celui de l'anthropologie ou de l'histoire du capitalisme.
Sélim Monique ; Sobel Richard ; Roulleau-Berger La
Avec une exigence croissante de rentabilité financière et une exacerbation de la concurrence sur les coûts du travail, la globalisation des activités économiques se traduit par une pression renforcée des employeurs sur tous les aspects du travail salarié. Mais contre un économisme démoralisant pour les forces de gauche, les contributions de ce numéro mettent en évidence, chacune à sa manière, la dimension potentiellement émancipatrice du travail telle quelle s'éprouve au cœur même de l'exploitation capitaliste. Tant sur le terrain de la réflexion théorique, que sur celui de l'observation des pratiques empiriques, ces enquêtes conduisent à remettre en cause le postulat selon lequel le salariat conduirait à une forme unifiée de travail, et donc de domination, s'élargissant actuellement des Etats-nations à l'espace prétendument homogène d'un capitalisme mondialisé. Elles font au contraire apparaître la singularité des situations économiques dans un processus d'extension du capitalisme à des espaces socio-politiques nouveaux. Simultanément, la montée de l'innovation et de l'immatériel confère à la production de connaissance une dimension centrale dans les dynamiques économiques actuelles. Ce processus alimente des formes nouvelles de conflictualité, s'appuyant sur la mobilisation du droit en particulier en cas de restructuration. Alimenté par des contributions de philosophes, de sociologues, d'économistes et d'anthropologues, ce numéro propose de dépasser la vision homogénéisante et fataliste du travail longtemps entretenue par des sciences sociales se développant dans l'ombre du déterminisme économique.
La Responsabilité Sociale de l'Entreprise s'affirme comme un nouveau paradigme de la régulation du capitalisme et un nouveau cadre pour la négociation sociale et sociétale. Ce mouvement est cependant peu théorisé et défini. Ces contours sont flous, en pratique, et plus encore en théorie. C'est ce vide que ce dictionnaire entend combler. Un dictionnaire à usage des décideurs, des partenaires sociaux, des ONG impliqués dans des processus complexes de RSE. Un dictionnaire à usage des chercheurs et intellectuels dubitatifs quant aux contours exacts et au potentiel régulatoire de ce mouvement principalement porté par les entreprises et la société civile. Ce dictionnaire recueille les contributions de spécialistes du domaine en sciences sociales et est sans équivalent en langue française. Par sa dimension pluridisciplinaire il propose une représentation complète de phénomène. Par sa dimension réflexive et critique, et non uniquement opérationnelle, il suggère une mise en perspective réflexive nécessaire pour commencer à appréhender ce qui constitue une des inflexions les plus notables du " dialogue sociale " et de la nature de la médiation publique ces dernières années.
Wittorski Richard ; Maulini Olivier ; Sorel Maryvo
Le titre de ce livre traduit l'intention des auteurs d'étudier la professionnalisation du point de vue double du développement des personnes et de l'organisation sociale de leurs activités. Il s'agit donc de s'intéresser à la fois à la manière dont un individu singulier devient professionnel au fil des apprentissages qu'il développe dans son itinéraire de vie et professionnel et à la manière dont l'activité qu'il déploie fait l'objet d'une formalisation, d'une reconnaissance voire d'une codification sociales. La question est donc moins celle des professions que celles des dynamiques sociales associées aux phénomènes de professionnalisation des individus et des activités ; celles-ci diffèrent sensiblement selon qu'elles sont portées par les organisations à l'adresse des individus ou qu'elles sont portées par les individus eux-mêmes. L'hypothèse est qu'il existerait de fait une tension entre l'offre ou l'exigence de professionnalisation dans et par les dispositifs proposés par les institutions d'une part et les individus dans leur logique ou leur projet de développement professionnel d'autre part.
Intellectuel juif de la Mitteleuropa de l'entre-deux-guerres contraint de fuir le nazisme, Karl Polanyi (1886-1964) est l'auteur d'une oeuvre pluridisciplinaire qui replace l'économie dans son indépassable encastrement social et écologique. Il donne des clés pour comprendre ce qui a provoqué l'effondrement des sociétés européennes dans les années 1920-1930. Sa conviction est ferme : le fascisme est une conséquence du libéralisme économique et donc l'épilogue du bouleversement provoqué par un système capitaliste qui organise le monde selon une logique de marché autorégulateur. Si, après guerre, une " grande transformation " avait permis de réguler cette logique, l'avènement du néolibéralisme a relancé un mouvement de marchandisation et réactivé le risque d'effondrement. Nicolas Postel et Richard Sobel se penchent sur la trajectoire et l'oeuvre d'un économiste essentiel du XXe siècle. Ils montrent combien son interprétation des rapports entre économie et société et, plus précisément, entre marché et démocratie est novatrice, et combien elle résonne de nos jours avec acuité.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.