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Les troubles du langage intérieur. Vers une linguistique clinique
Smadja Stéphanie
HERMANN
36,55 €
Épuisé
EAN :9791037003034
Le langage intérieur constitue le soubassement non seulement de nos usages langagiers mais aussi de nombreux aspects de notre vie quotidienne. Ne pas disposer des mots pour dire et se dire revient à se retrancher du monde comme de soi. Si le langage intérieur revêt des fonctions positives, telles que la planification ou la résolution de problèmes, il renvoie également à des fonctions négatives comme la rumination. Au-delà de ces fonctions, les troubles du langage intérieur restent très largement une terre inconnue. L'objectif de cet essai n'est pas de présenter des résultats cliniques (les recherches sont en cours) mais d'interroger l'évolution du champ à travers l'histoire et d'ouvrir des perspectives interdisciplinaires. Entre linguistique, neurolinguistique, littérature, philosophie, médecine, histoire des sciences, le trajet proposé commence par un tableau général et se poursuit à travers plusieurs exemples : aphasies, bégaiement, dyslexie, hallucination auditive verbale, rumination, stress post-traumatique. Les récits de cas ou d'expériences sont issus de lectures, des protocoles Monologuer, ou de représentations artistiques (Beauvoir, Cocteau, Novarina).
De la parole intérieure concentrationnaire au discours intérieur amoureux, en passant par les thérapies endophasiques en parcours de soin hospitaliers, le lecteur est invité à une exploration de l'invisible de la parole. Chaque jour, les mots que l'on se dit occupent entre 10 et 90% de nos pensées conscientes et une part inconnue de nos rêves et de notre subconscient. Le langage intérieur sous-tend nos échanges avec autrui, nos représentations du monde, notre rapport à nous-mêmes comme aux autres. Il joue un rôle fondamental, souvent ignoré, dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne (perceptions, émotions, prise de décision, mémoire). Bien plus, ce langage à soi ouvre en réalité à un au-delà de soi. Entre fonctions positives et fonctions négatives, formes courtes ou longues, le langage intérieur varie d'un individu à l'autre et révèle notre être même. Comprendre nos schémas intérieurs nous permet de mieux nous comprendre mais aussi d'améliorer notre façon de communiquer avec autrui, nos choix de vie. En période ordinaire, il est fondamental de savoir prendre le temps de s'écouter. En période de crise, l'enjeu est crucial. Se parler pour apprendre à se dire, à se construire et se reconstruire. Au coeur de nos essentiels, se parler pour être et vivre les yeux ouverts.
Qui parle quand je me parle ? Est-ce que ça parle en moi ? Comment est-ce que je me représente ? Certaines personnes entendent une voix ou des voix intérieures, d'autres ont une sensation de voix, d'autres lisent ou écrivent leur parole intérieure. D'autres encore pensent sans l'intermédiaire des mots. L'énonciation endophasique (qui me parle ? quand ? où ? ) varie grandement d'une personne à l'autre et se caractérise par sa multiplicité (souvenirs, projections, etc.). Ma parole intérieure me définit, me relie au monde et me permet d'agir sur moi. Les actes de langage intérieurs sous-tendent non seulement nos échanges avec autrui mais aussi toute notre vie quotidienne : nos décisions, nos humeurs, nos constructions identitaires, nos intermittences. A travers l'hypothèse d'une grammaire endophasique, ce premier volume vise à proposer des outils pour comprendre l'invisible de la parole et de l'être humain.
Basile a toujours eu de l'admiration pour son cousin Franck. Cet été, il espérait dormir dans la même chambre que lui. Mais Franck dort seul dans la grange. Il y a transporté un matelas et ses livres. Basile n'a même pas le droit d'aller voir. Il y a une vraie raison à cela, mais Basile ne le sait pas. Il a entendu Tata Mauricette prononcer les mots « spécialistes » et « calvaire ». Il n'y comprend rien. Il pense que Franck le déteste ou le méprise. Tant pis, il se trouvera un autre ami. Rémi. Tout le monde semble le haïr, celui-là, même Franck. Il a mauvaise réputation. Avec Rémi, il y a des moments où Basile a un peu peur, mais il est trop tard pour reculer.
Comment le langage intérieur se structure-t-il ? Nous parlons-nous nécessairement sous une forme abrégée, condensée, elliptique, comme le supposent Egger, Vygotski et la plupart des chercheurs qui se sont interrogés sur cette question ? Nous parlons-nous intérieurement comme nous parlons extérieurement ? Bien plus, au-delà de la seule question de la structuration syntaxique, quels rôles les mots intérieurs jouent-ils dans nos représentations, nos perceptions et nos émotions au quotidien ? Comment s'élaborent nos temporalités intérieures ? Quels sont les rythmes et les mélodies de notre langage intérieur ? Autant de questions pour lesquelles ce second volume élabore un parcours en direction d'une grammaire endophasique, de la syntaxe de la phrase, de la sémantique des noms, des adjectifs et des verbes, de la présence ou de l'absence de phrases vers la musique des mots ou des silences.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.