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ContreTemps N° 39 : Penser la guerre...
Sitel Francis ; Cramer Ben ; Dreano Bernard ; Serf
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849507254
Faut-il s'intéresser à la guerre ? Ne faut-il pas laisser ce soin aux militaires, qui la faisant la connaissent ? Et aussi faire confiance au président de la République, à la fois élu du peuple et chef des armées, pour les décisions à prendre… ? Le budget des armées ; l'armement, via les armes nucléaires, spatiales, drones, robots tueurs ; les finalités des engagements sur des théâtres d'opération au Moyen-Orient et au Sahel ; les bases militaires françaises, en Afrique et ailleurs… Ce sont là des choix qui déterminent le devenir de la société et les rapports avec les peuples. Donc le fait que ceux-ci ne soient quasiment jamais exposés et débattus, ni au Parlement, ni avec les citoyennes et citoyens, en particulier à l'occasion des élections, relève du déni de démocratie. Pas question de le cautionner en se réfugiant dans l'indifférence, ou en plaidant l'ignorance… Sujet complexe, certes auquel Contre-Temps apporte des éléments pour ce débat nécessaire.
On les désigne comme migrants. Parce que réfugiés, on serait censé reconnaître leurs droits. Parce qu'immigrés, il faudrait leur concéder ceux de décider où ils vont et de rassembler leur famille. Migrants, on s'autorise à les maintenir au-delà de frontières closes, à les confiner derrière des barbelés, à les enfermer dans des camps. Et à tolérer que beaucoup disparaissent... Migrants et migrantes, femmes, hommes et enfants, ils fuient guerre, tyrannie et misère. Et les voici qui placent l'Union européenne devant un défi qu'elle récuse : assumer les responsabilités qui sont les siennes, accueillir dignement réfugiés et migrants, mobiliser les moyens nécessaires pour leur offrir l'hospitalité. Pour ce déni, l'Union européenne se voit menacée de dislocation. Et de déshonneur. Dans ce numéro, une première série d'articles sur ce sujet décisif. Et la deuxième partie de notre dossier "Syndicalisme et Politique". Une étude sur les enseignements qui nous viennent du Portugal. Et pour conclure un entretien avec Nadia Benchallal, photoreporter, à propos d'un "océan d'images"...
En ce deuxième semestre de l'année 2015 le train des réformes s'accélère... Réformes infligées au peuple grec en paiement de ses prétendues dettes. Réformes des collectivités territoriales, avec le reformatage de grandes régions et le processus de métropolisation. La grande réforme de nos modes de développement, appelée par la gravissime menace que le dérèglement climatique fait peser sur l'humanité, elle, attendra. On sait déjà qu'en décembre à Paris, la conférence mondiale sur le climat (COP 21) n'accouchera pas de réelles mesures. Inquiétante inversion des priorités et contresens quant à ce que doit être la politique ! Dans ce numéro sont abordés ces différents thèmes. Avec un fil intérieur : l'impérative nécessité d'une intervention populaire et démocratique pour que la politique aille dans le bon sens.
Depuis la fin de l'année 2019, le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR) se mobilise contre un énième projet de réforme néolibérale : la LPPR, ou loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Après avoir ignoré les revendications de la communauté scientifique, essuyé les avis défavorables de différents comités consultatifs, et profité de la désorganisation générée par l'épidémie de Covid-19 dans les établissements d'enseignement supérieur, la ministre Frédérique Vidal opte pour le choix du passage en force. Le projet de loi est donc finalement discuté et adopté en première lecture à l'Assemblée nationale au mois de septembre ? 2020, agissant avec un violent et profond mépris adressé, une fois de plus, à un secteur du service public qui refuse les réformes néolibérales qui lui sont imposées. Or, ce projet a ceci d'inquiétant qu'il menace sérieusement les libertés académiques en assujettissant davantage les personnels et les structures aux intérêts privés, tout en aggravant la précarité des conditions de travail, sous prétexte, bien sûr, d'une meilleure "compétitivité" sur la scène internationale. Tout en éclairant les enjeux politiques de ce projet de réforme, le dossier de ce numéro entend inscrire les récentes mobilisations dans le prolongement historique des luttes de l'ESR depuis Mai 68. A partir de témoignages et de textes plus théoriques, le dossier rend compte des débats, des expériences et des réflexions qui ont marqué la période considérée. Il apparaît que les sciences ne sont plus présentées comme des "? êtres magiques ? " , sûrs d'eux-mêmes, évoluant hors de la société. Elles sont ici le produit d'une activité simplement humaine, traversée par des relations de pouvoir, de domination et d'exploitation à l'intérieur d'une économie capitaliste dont les structures et les modes de gouvernance évoluent. Si les contributions réunies se veulent peu optimistes quant à l'avenir de l'ESR en France, elles laissent pourtant entrevoir des pistes de réflexion qui, peut-être, permettront de préparer les résistances et les victoires futures. En assumant leur dimension fragile et vulnérable, et donc en abandonnant une bonne fois pour toutes leurs prétentions scientistes dont les échecs ne sont plus à démontrer, les sciences et leurs travailleurs peuvent en effet trouver les conditions pratiques et théoriques pour lutter avec et aux côtés des luttes sociales dans leur ensemble, des quartiers populaires aux luttes écologiques et environnementales. Pour autant, il n'est pas ici question d'en finir avec la science en tant qu'idéal démocratique d'émancipation. Il convient plutôt de reconsidérer la façon dont elle compose le monde avec ceux et celles qui y habitent. Comme l'écrit la philosophe féministe Donna Haraway : "La science a été utopique et visionnaire depuis le début ? ; c'est une des raisons pour lesquelles "nous" en avons besoin".
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.