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Petit traité de résilience locale
Sinaï Agnès ; Carton Hugo ; Stevens Raphaël ; Serv
ECLM
9,00 €
Épuisé
EAN :9782843771866
Dans les années à venir, nous devrons faire face aux impacts du réchauffement climatique, à la dégradation accélérée de notre environnement et à la raréfaction des ressources qui maintiennent notre civilisation en vie, trois bouleversements qui vont s'accompagner de profonds changements sociétaux. Il devient urgent de s'y préparer pour infléchir les trajectoires en développant notre résilience, cette capacité des êtres et des systèmes socio-écologiques à absorber les chocs et à se transformer. Mot d'ordre du mouvement des villes en transition, mobilisateur pour certains, synonyme de résignation pour d'autres, la résilience comprend plusieurs facettes. Elle s'adresse à la fois aux individus, aux collectivités et aux élus locaux qui sont en première ligne pour maintenir les fondamentaux de notre société : santé, alimentation, transport. gestion des ressources vitales, énergie, habitat. Loin de prôner le, repli sur soi, les stratégies de résilience encouragent le partage, la coopération, l'autonomie créatrice et l'imagination de tous les acteurs locaux. Les auteurs de ce livre nous offrent une boussole qui pourrait s'avérer bien utile pour traverser ce siècle sans chavirer.
Au temps de l'Anthropocène, les plantations et les monocultures ont bouleversé l'écologie des paysages. En Bretagne et ailleurs, le fameux remembrement a rasé les haies et appauvri le vivant. Quant aux métropoles, elles sont menacées par le manque d'eau, comme Los Angeles, archétype d'une cité inflammable construite en dehors de toute cohérence géographique. A rebours de cette uniformisation du monde, la biorégion, née dans le contexte de la contre-culture californienne, cherche à restaurer la juste proportion entre sociétés humaines, ressources et milieux. Elle est le creuset du vivant et de métissages qui enrichissent la robustesse des territoires. Biorégions nourricières, soin des bassins-versants, sociétés bio-régionales ouvertes, reliées aux éléments et à leur socle biogéographique, sont autant de fictions paysagères appelées à se concrétiser. L'enjeu du biorégionalisme est de libérer la résurgence, c'est-à-dire d'introduire de la diversité dans les paysages, de redimensionner, voire démanteler certaines infrastructures, libérer les méandres de l'eau. La résurgence est une manière de nouer des modes de vie issus de différents mondes et de différentes temporalités, ceux des champignons, ceux des pins, ceux des castors, ceux des humains : devenir autres. Cet ouvrage choral croise des approches complémentaires et des exemples de terrain qui offrent une boussole pour l'avenir. Un livre mis en musique par Agnès Sinaï, avec les contributions de Camille Besombes, Bertrand Bocquet, la coopérative AMBRE, Christelle Hinnewinkel, Eric Leclerc, Olivier Loubès, Alberto Magnaghi, Anna Marson, Clémence Mathieu, Mathias Rollot, Pierre-Gil Salvador, Marin Schaffner, Agnès Sinai, Francesca Ulivi.
Age de l'épuisement des ressources, du bouleversement des cycles naturels, l'Anthropocène s'illustre par la rapidité des transformations thermo-industrielles du système-Terre. En dépit de cette accélération sans analogue, les sociétés contemporaines continuent de se nourrir de valeurs obsolètes. La croissance est l'une d'elles. D'où l'impératif de déconstruire un imaginaire productiviste qui ignore la nature et les contenus de la production ; de penser des politiques de l'Anthropocène qui se fondent sur l'acceptation de seuils et de limites. Envisagée ici comme un projet égalitaire plutôt que comme une injonction à diminuer le produit intérieur brut, la société décroissante cherche à éviter le délitement des liens, à maintenir les conditions d'habitabilité de la Terre dans une décence commune. Cette réédition de la trilogie des Politiques de l'Anthropocène entend y contribuer.
Walter Benjamin (1892-1940) est un témoin précoce du basculement du monde vers le règne des machines et l'effacement de la magie. Son matérialisme historique inspiré de Marx, doublé d'une vision quasi mystique puisée dans la théologie juive, le conduit à explorer l'envers des objets et des villes, dans lesquelles il promène son regard de flâneur en exil. Il y pressent le caractère démesuré du XXe siècle, traversé par des champs de forces aussi puissantes que des entités cosmiques. Formulée dans les "sombres temps" de l'entre-deux-guerres, son oeuvre contient aussi des ferments d'utopie et de résistance à la grande accélération qui s'annonce : le refus de l'utile, la possibilité permanente de renverser le cours des choses, l'émancipation des classes opprimées, les instants d'intensité arrachés à l'uniformisation du monde. Sa philosophie s'apparente à une constellation de pensée, un arrêt de l'histoire, un mode d'expérience du monde qui permettent de retrouver l'ici et maintenant, par-delà la catastrophe et la démesure des forces industrielles.
La décroissance peut-elle devenir un modèle politique alternatif et réaliste ? Face au risque d'effondrement qui pèse sur nos sociétés industrielles, cet ouvrage défend de nouvelles voies fondées sur la tempérance et le ralentissement : instauration d'un revenu de transition écologique, adossement de la création monétaire aux limites de la planète, rationnement équitable des énergies fossiles, développement de la permaculture, partage du travail, etc. Il présente certaines expérimentations, telle la biorégion de Cascadia, en Californie du Nord. Bien gouverner la décroissance plutôt que la subir : une nouvelle histoire politique peut s'écrire, où les perspectives ouvertes ne sont pas celles de la crise mais de l'inventivité.