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Le brun et le vert. Quand les nazis étaient écologistes
Simonnot Philippe
CERF
19,00 €
Épuisé
EAN :9782204152402
C'est une page d'histoire oubliée ou méconnue qu'exhume ici Philippe Simonnot. Celle des liens que, à l'entour des années 1930, le nazisme ascendant a entretenus avec l'écologie émergente. Comment expliquer ce rapport troublant ? Quelle conception le Troisième Reich prônait-il de la nature ? Quelles lois édicta-t-il en faveur de l'agriculture raisonnée, de la création de parcs nationaux, de la protection des forêts ou des animaux ? A quelle représentation de l'environnement se référait-il ? A travers un examen minutieux des théories et des mesures nazies dans ce domaine, mais aussi à travers un décryptage inédit des thuriféraires de cette tendance, Ernst Haeckl, Walther Schoenichen ou Richard Walther Darré, Philippe Simonnot démêle les fils de toute une généalogie idéologique. L'écologisme dont se revendiquait le nazisme reposait sur l'idéalisation d'une nature sauvage mâtinée de darwinisme social, porteuse d'une exaltation de la force et d'une aspiration païenne à la volonté de puissance. Elle participait en fait de l'antihumanisme fondamental de ce totalitarisme. Une contribution à l'histoire des idées sur une appropriation qu'il faut connaître pour pouvoir mieux la critiquer et la contester.
Le marché de l'art s'affole. La spéculation sur les objets d'art n'est pas nouvelle mais elle met désormais en mouvement des capitaux gigantesques. Derrière la médiatisation du "doll'art", se cachent de grandes affaires et de petites lâchetés où se croisent compagnies internationales de ventes aux enchères, magnats japonais liés au syndicat du crime, officines de blanchiment de narco-dollars, muséocrates et experts, ministres et commissaires-priseurs au-dessus de tout soupçon. De Paris à Londres, en passant par New York et Tokyo, de salles des ventes en musées, Philippe Simonnot nous fait découvrir les coulisses du marché de l'art, ses secrets et ses impostures. La hausse sera-t-elle indéfinie ? Le krach est-il à l'horizon ? Pourquoi le "doll'art" est-il le pivot d'un nouveau système monétaire ? Comment définir la valeur de ce qui n'a pas de prix ? Devant ce marché aberrant et imprévisible, les financiers déclarent d'ordinaire forfait. Multipliant les révélations, cet essai iconoclaste démontre que leur faiblesse est de croire à la rationalité de l'économie.
Leçons pour adultes Ces "leçons" - dont la plupart consistent en de brefs dialogues entre un économiste et un homme politique - ne se contentent pas de synthétiser les fondements historiques et les développements récents de la discipline (théories des jeux, des biens collectifs), elles montrent surtout leur application aux réalités actuelles. Remarquable vulgarisateur, l'auteur ne cache pas ses convictions libérales, par exemple à propos du chômage volontaire, des vertus d'une sécurité sociale privée ou de la suppression de l'impôt sur le revenu.
Alors même que l'on fait grand cas du devoir de mémoire certains anniversaires sont étonnamment passés sous silence. Par exemple le centenaire de la Déclaration Balfour, signée le 2 novembre 1917 par le ministre britannique des Affaires étrangères de l'époque et dont on n'a guère parlé en 2017. Le document ne paye pas de mine : "cette simple lettre de cent vingt-deux mots [...] est tapée à la machine, sur un papier sans en-tête officiel, et signée simplement Arthur James Balfour (son titre ministériel n'est même pas indiqué)". Mais "il servira de fondement au mandat que l'Angleterre exercera sur la Palestine de 1920 à 1948 [...], a été la cause de centaines de milliers de morts et en causera probablement bien d'autres, car nul ne voit la fin du drame qui en est issu. Nous en subissons encore aujourd'hui les conséquences". En trois chapitres denses et d'une implacable clarté pédagogique, Philippe Simonnot passe au crible d'un examen objectif la Déclaration Balfour, le contexte historique dans lequel elle s'inscrit puis l'influence qu'elle aura sur l'ensemble du Proche-Orient - et sur le monde entier par le truchement des grandes puissances qui ont, là-bas, des intérêts politiques et économiques majeurs. Au fil de cette étude minutieuse et abondamment documentée se révèlent des tractations sordides, des calculs politiciens cyniques, des alliances contre nature qui s'avèrent in fine être à l'origine d'une crise sanglante, loin d'être terminée. Un livre éclairant qui expose quelques fruits particulièrement vénéneux de la diplomatie internationale sans s'embarrasser de rondeurs diplomatiques.
Résumé : L'économie mondiale est à la recherche d'une régulation. Pourrait-elle la trouver dans le droit romain ancien, qui a fécondé la première mondialisation et assuré son succès économique ? Oui, répond Philippe Simonnot dans le second tome de son Économie du droit. En fait, la remontée de sève du droit romain date de la Révolution française, et on la retrouve dans l'actualité la plus brûlante concernant l'immigration, la bioéthique, le droit du travail, le droit de la famille, le droit pénal, entre autres. Cette remontée a une raison toute simple : le droit romain est efficient au sens économique du terme. Le plus étonnant est que l'on retrouve cette efficience dans le Nouveau Testament. Dans L'Invention de l'État, premier tome de l'Économie du droit, Philippe Simonnot avait présenté les outils que l'économiste utilise pour analyser le droit, puis montré comment fut inventé le premier mode d'exploitation de l'homme par l'homme, à savoir l'État. Dans ce deuxième tome, l'auteur observe qu'il n'y a pas de solution de continuité entre l'esclavage et le salariat et que la distinction entre les personnes et les choses, inventée par le droit romain, continue à faire problème.
Adorno Theodor W. ; Weiss Volker ; Mannoni Olivier
En 1967, Theodor Adorno tient une conférence à l'université de Vienne, à l'invitation de l'Union des étudiants socialistes d'Autriche, sur la remontée de l'extrême-droite en Allemagne, et notamment l'ascension inquiétante d'un parti, le NPD, qui a toutes les apparences du néonazisme et manquera de peu son entrée au Bundestag allemand deux ans plus tard. Transcrit d'après un enregistrement, cet essai inédit a les avantages d'un texte pour partie improvisé : un style direct et très accessible. Adorno y recense les " trucs " auxquels recourt le discours d'extrême-droite, et qui ressemblent à ceux qui reviennent actuellement en vogue sur les réseaux sociaux : la volonté de mêler tous les problèmes dans une accumulation de faits invérifiables ; la " méthode du salami ", ou le fait de découper, dans un complexe de réalités, une réalité particulière sur laquelle on concentre le débat ; l'utilisation d'arguments absurdes, etc. En somme, Adorno décrivait en 1967, à peu de choses près, une réalité proche de celle de nombreux pays européens aujourd'hui. Sa conclusion est un appel à l'intelligence et au combat : refusant de pronostiquer l'avenir de ces mouvements, Adorno rappelle que " la manière dont ces choses évolueront, et la responsabilité de cette évolution, tiennent en dernière instance à nous-mêmes" .
Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
Résumé : " Populisme ", " néolibéralisme ", " nationalisme " : les mots se bousculent et pourtant l'insatisfaction demeure. Pour décrire ce qui nous arrive, nous ne manquons pas de savoirs. La crise de la démocratie fait l'objet de diagnostics récurrents. Mais c'est la stupeur qui domine, comme si la nouveauté du présent contribuait encore à accroître l'inquiétude. Et si cette nouveauté tant de fois mise en avant était un obstacle à la compréhension ? Ce livre décrit la rencontre entre un philosophe inquiet du présent politique et l'année 1938. Tombé presque par hasard sur la presse française de 1938, l'auteur est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée " faiblesse des démocraties "), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles à ce que nous vivons. L'abandon de la politique de Front populaire, une demande insatiable d'autorité, les appels de plus en plus incantatoires à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue à l'égard du droit et de la justice : l'auteur a vu dans ce passé une image de notre présent. Ce livre ne raconte pas l'histoire de l'avant-guerre, il n'entonne pas non plus le couplet attendu du " retour des années 30 ". Il fait le récit d'un trouble : pourquoi 1938 nous éclaire-t-il tant sur 2018 ? Non sur les événements, bien sûr, mais sur une manière de les interpréter systématiquement dans le sens du pire. " Récidive ", c'est le nom d'une errance dans un passé que l'auteur croyait clôt. C'est aussi le risque d'une nouvelle défaite.
Résumé : Durant des décennies, il a été d'usage d'associer libéralisme économique et libéralisme politique, économie de marché et démocratie. Mais l'évolution du capitalisme, entre accroissement vertigineux des inégalités et emballement des politiques identitaires, contredit chaque jour un peu plus cette vision optimiste. Contrairement à une idée reçue, l'Etat apparaît comme un enjeu central pour les néolibéraux, en ce qu'il permet une réorientation des politiques publiques en faveur des plus riches et que, naguère régulateur, il est désormais devenu l'instrument même de la dérégulation économique. Servira-t-il aussi d'ultime rempart répressif à l'oligarchie face aux troubles que sa politique aura causés ? Retour inquiet d'un quinquagénaire sur l'échec de sa génération, élevée dans l'idée du progrès à venir et aujourd'hui confrontée à une crise protéiforme, cet essai montre comment la généralisation à tous les champs de l'activité humaine de ce qui est présenté comme la "rationalité économique" est à l'origine de l'instabilité actuelle. Mais aussi qu'à rebours de ce que les tenants du néolibéralisme aimeraient faire croire, le coeur du problème demeure politique plus qu'économique. Ce qui ouvre un espace à l'action.