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La fiction constructive
Simonnet Cyrille
PARENTHESES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782863646793
L'architecte allemand Friedrich Schinkel appréciait d'une architecture qu'elle ait "l'apparence de sa construction". Creusons cette idée simple : on touche immédiatement l'une des problématiques fondamentales de l'architecture. Art non mimétique, elle n'a effectivement qu'elle-même pour modèle. Comment donc l'architecture s'imite-t-elle, telle est la question à laquelle, à travers la notion de style notamment, de nombreux théoriciens ont essayé de répondre. L'hypothèse de ce livre prolonge très directement ce questionnement. Elle consiste à dire que l'architecture entretient avec son substrat matériel une relation singulière, qui procède à la fois de la connivence et de la défiance, et qui définit selon les périodes, selon les créateurs, autant de stratégies particulières en matière de projet. En dix chapitres thématiques, l'auteur circonscrit le sens de cette spécularité énigmatique entre architecture et construction. Le matériau, le chantier, l'ornement, le projet, le détail, l'histoire... autant d'éclairages qui permettent de distinguer dans cette superposition à la fois évidente et complexe des modes particuliers d'apparaître, et qui révèlent le caractère spécifique de l'esthétique architecturale. Pour autant, le style ou la beauté ne constituent pas des données positives. C'est toute l'ambiguïté de cet art : exprimer, voire afficher l'artifice par lequel l'architecture, au sens propre, se dresse, tout en masquant cette dépendance par trop triviale.
Gênes, 14 août 2018, 11 h 36 : le pylône n°9 d'un des plus imposants viaducs autoroutiers d'Europe s'effondre, entraînant véhicules et victimes. L'événement rarissime suscite stupéfaction et interrogations. Comment un tel ouvrage, même spectaculaire, a-t-il pu rompre alors qu'il était en usage depuis plus de cinquante ans ? Conçu dans les années soixante par l'ingénieur Riccardo Morandi, figure majeure de l'ingénierie italienne avec Pier Luigi Nervi, le viaduc sur la Polcevera avait été unanimement salué lors de son inauguration comme un chef-d'oeuvre. Fragment du vaste maillage autoroutier moderne, point de suture paysager et performance de génie civil, à la fois structure et sculpture... le pont, objet si commun, si courant, est pourtant d'une complexité subtile et exigeante, à la croisée de deux impératifs - servir et tenir. L'auteur de cet essai s'intéresse à la figure du pont et donne ici quelques clés de compréhension pour tenter d'expliquer la catastrophe. Riccardo Morandi, grand artisan du béton armé précontraint, sert de fil rouge à cette "autopsie" qui aborde notamment le thème du risque dans les grandes réalisations humaines, comme un plaidoyer pour la reconnaissance d'une production ouvrière originale, dont l'intrication territoriale, économique, technique rend la lecture complexe.
Simonnet Cyrille ; Klingmnann Anna ; Meyer Philipp
Au XVIIIe siècle, une catégorie de la théorie de l'architecture tournait à plein régime : celle de convenance. Elle désignait la part de décoration adaptée au rang du " propriétaire ", qui pouvait ainsi montrer, voire exhiber le gradient exact de sa position dans la hiérarchie des honneurs ou des faveurs en vogue dans l'ancien régime. De cette couche de décorum, que reste-t-il aujourd'hui ? Un peu plus mélangé peut-être, un peu moins conventionné sans doute, le désir d'une considération affichée continue de marquer l'esprit de l'architecture, même la plus modeste. La différence, c'est que le phénomène semble-t-il relève plus aujourd'hui de la sociologie que de l'esthétique. Encore que la distinction ne soit pas toujours d'une évidence absolue. Ainsi, il y a une espèce d'édifices qui combinent dans leur nature la double vertu d'être et d'apparaître au plus haut degré de la distinction. Ce sont les édifices que nous qualifions d'enseigne. Enseigne, plus qu'emblème, voici pourquoi. L'emblème est une figure symbolique, un ornement habituellement rapporté (embléma : figure avec une devise). Alors que l'enseigne est le signe même, l'indice en acte, en exercice de désigner. Ainsi le bâtiment-enseigne est un bâtiment certes emblématique, mais plus encore un insigne géant, un signe de ralliement, comme une immense pancarte qui s'autodésigne, au titre par exemple de siège social ou de bureau d'entreprise soucieuse de reconnaissance. AUTEURS : Paolo Amaldi Djamil Beloucif Adrien Besson Tarramo Broennimann Hatem Fekkak Anna Klingmann Philippe Meyer Raphaël Nussbaumer Andreas Scheiwiller Cyrille Simonnet Bruno Vayssière
Résumé : Robert Maillart et la pensée constructive illustrent le parcours d?un ingénieur à la fois discret et hors norme. Le livre inscrit l?histoire du personnage dans le contexte du " premier béton armé ", mettant en relief l?originalité des systèmes constructifs préconisés par Maillart. Puis il analyse quelques unes de ses oeuvres majeures. Il s?achève enfin sur une confrontation des "cultures constructives " d?ingénieurs contemporains, Eugène Freycinet, Pier Lluigi Nervi et Eduardo Torroja. Une trajectoire d?architecte exemplaire, au travers d?une abondante illustration.
Une gare est une machine spatiale et technique d'une certaine complexité : il faut accueillir, retenir, faire circuler, répartir, informer... des milliers de personnes quotidiennement. Le projet de Marc Mimram pour la gare TGV de Montpellier s'est établi à la croisée de deux idées fortes. Une idée constructive, d'où sont issues les coques en béton "BFUP" formant le hall, et une idée "méditerranéenne", mixte de lumière, d'air, d'atmosphère, ambiance subtilement contrôlée par le dispositif du hall et de la couverture. Le présent ouvrage restitue la genèse de ce projet. Les deux attitudes, encore fréquemment opposées, de l'architecte et de l'ingénieur s'accordent comme rarement dans ce projet qui exalte à la fois la matière et l'atmosphère d'un lieu.
Longtemps vu comme un artiste de prestige, appelé par la vocation et protégé par le "Prince", l'architecte est aujourd'hui amené à évoluer dans un contexte fortement dominé par le néolibéralisme mondialisé. Au cours des dernières décennies, la créativité personnelle, le travail immodéré, le "colloque singulier" avec la clientèle qui caractérisaient sa pratique ont progressivement cédé le pas à une logique comptable calquée sur les méthodes de l'entreprise. En matière de construction, privée comme publique, la priorité est désormais à la rationalisation des processus de production, aux démarches qualité, au New Public Management, et au recours aux contrats globaux (partenariats public-privé et contrats de conception-réalisation) qui sécurisent les commanditaires. Si quelques figures charismatiques de l'architecture font durer l'illusion, la profession, viscéralement attachée à son statut d'acteur culturel, traverse une véritable crise d'identité. Comment ne pas "perdre son âme" dans cette nouvelle donne ? A quels outils, compétences, stratégies recourir pour s'adapter ? Et, in fine, la voie néolibérale est-elle la seule possible ?
Résumé : Comment comprendre le paysage ? Dépassant l'idée d'un spectacle inerte ou d'un simple "objet", cette série d'études déploie au contraire celle d'un milieu dynamique : le paysage doit être considéré comme une "relation". A partir de la marche, de la danse, du mouvement en général, en dialogue avec le théoricien John Brinckerhoff Jackson, la danseuse Anna Halprin et l'architecte Lawrence Halprin, le collectif Stalker, les artistes Carl Andre, George Trakas ou Mattias Poisson, c'est l'expérience même du paysage qui est appréhendée et explorée ici. Une expérience qui s'enrichit des figures particulières de désorientation que l'art donne l'occasion de mieux révéler. Des formes de représentation comme la carte et la riche production créative qui l'accompagne, ou la photographie aérienne qui bouscule les échelles et la perception des territoires, offrent une manière différente de regarder. Dès lors, le déplacement horizontal se double implicitement d'une vision verticale ? une autre façon de traverser le paysage. Une même conviction parcourt ces écrits : pour comprendre et transformer nos paysages, pour y vivre et pour les aimer, il nous faut mobiliser un goût esthétique et un imaginaire productif, donnant à l'art, à la philosophie, à l'anthropologie un rôle essentiel.
Résumé : L'urbanisme, un plaisir ? Comment cette notion assez désuète peut-elle être associée au plaisir de faire la ville, à la modernité ? Comment la conjuguer à l'appétence pour toutes les disciplines, à la curiosité pour l'évolution des modes de vie et des modes de faire, l'invention sociale et technologique ? A travers l'action "Projet urbain" qu'elle a initiée, dirigée et animée au sein de l'administration en charge de l'urbanisme pendant près de trente ans, Ariella Masboungi a été un témoin privilégié d'une évolution favorable des pratiques dans ce domaine et d'une ouverture progressive à de nouvelles stratégies. Persuadée que la ville est la clé du développement durable, et que c'est en son sein que réside l'innovation, elle livre ici ses réflexions, ses convictions, ses "leçons" du projet urbain, n'ayant de cesse de s'inspirer de la diversité des expériences européennes, d'explorer, de capitaliser, de diffuser et, surtout, d'impulser de nouvelles directions pour construire une ville plus amène. Pourquoi tous les sujets de société conduisent-ils à l'urbanisme ? Par quels moyens peut-on produire des villes plus heureuses, équitables et stimulantes ? Comment enseigner le projet urbain et en transmettre le goût aux étudiants ? Que signifie "la fierté d'être fonctionnaire" dans le champ de l'action urbaine ? A travers les réponses ou les pistes esquissées, preuve est apportée que l'urbanisme de demain ne se fera pas sans une intelligence collective, à la fois attentive et ouverte sur le monde.
Rafael Moneo a consacré une grande partie de son activité professionnelle à l'enseignement et à la critique. Dans cet ouvrage, il a réuni les cours délivrés dans les années quatre-vingt-dix à la Harvard Graduate School of Design dans lesquels il analyse les oeuvres de huit architectes contemporains: Stirling, Venturi & Scott Brown, Rossi, Eisenman, Siza, Gehry, Koolhaas et Herzog & De Meuron. Le terme d'"intranquillité", introduit dans le titre, fait référence à la manière dont certains architectes abordent leur discipline, mêlant réflexion et pratique, et produisant des essais critiques plus dictés par la recherche que par l'élaboration d'une théorie systématique qui nourrit véritablement leur oeuvre. Le terme "stratégie" peut être interprété ici comme une série de mécanismes, de procédés, de paradigmes et de stratagèmes formels qui apparaissent dans l'oeuvre des architectes contemporains: ce sont eux qui permettent de configurer leurs projets. Ce livre constitue également le témoignage précieux, direct et immédiat d'un praticien qui a lui-même grandement contribué à l'évolution de l'architecture contemporaine.