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Le démocratisme radical
Simon Roland
SENONEVERO
13,10 €
Épuisé
EAN :9782951646018
Le démocratisme radical défend l'action citoyenne, la démocratie directe ou participative, la maîtrise de nos conditions d'existence, défend l'état, état social et l'état-nation pour certains, simplement "régulateur" pour d'autres. Il lutte contre le primat et la "sauvagerie" de l'économie, la mondialisation libérale, la suprématie de la finance. Il regrette l'époque où le capitalisme était si beau sous le keynésianisme et le service public. Enfin, il veut construire une alternative au capitalisme qu'il appelle "libéralisme" ou "mondialisation" . Il veut un capitalisme "réel" , avec des usines où se rencontrent de vrais travailleurs et de vrais investisseurs si conscients de leur responsabilité sociale que l'on ne pourrait plus les appeler "capitalistes" . Il rêve d'entrepreneurs-citoyens dans des entreprises-citoyennes exaltant le labeur de travailleurs-citoyens sous la tutelle bienveillante et protectrice de l'état démocratique-participatif régulant la distribution équitable de la plus-value citoyenne. Il fréquente les couloirs des ministères et les cours des squats. Il propose son expertise aux grandes organisations internationales et anime les campings anarchistes. Une seule chose l'effraie, que le prolétariat abolisse l'état, la démocratie, le capitalisme (productif) donc se nie, car il aime le travailleur en tant que travailleur et la plus-value en tant que surtravail. Il aime l'exploitation car il aime tant la lutte des classes qu'il voudrait qu'elle ne prenne jamais fin, c'est sa raison d'être, c'est le mouvement perpétuel de l'alternative et de la critique sociale. Il ne serait que pathétique et ridicule s'il n'était en réalité un élément efficace, incontournable, ancré dans le nouveau cycle de luttes du prolétariat contre le capital comme la formalisation de toutes ses limites et n'anticipait pas la prochaine contre-révolution qui sera son achèvement, sa réalisation et sa propre disparition (élimination). Il a ses héros : le sous-commandant Marcos, José Bové, et maintenant Chavez, son gourou théorique : Pierre Bourdieu. Il a ses lieux de mémoire : la forêt Lacandona, Seattle, Millau, Porto Alegre. Il n'est pas une spécialité française mais un mouvement mondial. Ce petit livre est destiné à tous ceux que cette pensée molle excède et à qui elle donne des poussées d'adrénaline. Mais une critique simpliste et parfois moralisatrice, opposant la vérité à l'erreur, ne voit dans tous les thèmes énumérés que des "idéologies trompeuses" et conforte ses auteurs dans leur radicalisme satisfait et impuissant. Il ne s'agit pas d'interpréter le démocratisme radical comme une erreur Il est une force sociale réelle, spécifique au cycle de luttes actuel et au mode de production capitaliste tel qu'il est maintenant restructuré dans cette seconde phase de la subsomption réelle du travail sous le capital.
Ici un territoire se dessine, des critiques de gauche de la social-démocratie à l Internationale situationniste en passant par la Gauche germano-hollandaise; la Gauche dite italienne et les multiples groupes et publications qui en sont issus; Socialisme ou Barbarie et sa descendance; le communisme libertaire avec Noir et Rouge. Territoire théorique pour une histoire qui ne serait pas générale, mais critique. La révolution et le communisme, pour l Ultra-Gauche, étaient la libération du travail et l affirmation du prolétariat, comme classe dominante, mais toutes les médiations rationnelles et pratiques, conduisant à ce but, sont critiquées et supprimées: syndicats, partis de masse, parlementarisme, critique même de l intervention dans la lutte de classe. Tout y est suspendu à une mystique de l autonomie (comme contenu de la révolution)/auto-organisation (comme forme) ou du Parti, qui doit être la révélation de l être véritablement révolutionnaire du prolétariat, faisant exploser son existence de classe. Une relation incontournable existe entre l existence du prolétariat, comme classe de ce mode de production, le capitalisme, et cet être révolutionnaire dont l Ultra-gauche attendait la libération; relation qu elle a échoué à comprendre et à théoriser. Pourtant, elle nous a suggéré que la révolution n était pas l affirmation de la classe telle qu elle existe, tout en la comprenant comme l affirmation d une nature révolutionnaire propre: c était là sa dynamique et sa contradiction, et par là, elle nous a amenés jusqu au point où nous pouvons la quitter.
Holland Simon ; Salcedo Saiz Erica ; Rolland Sabin
Résumé : Vous savez déjà que votre chat est indépendant, intelligent, calme, observateur, qu'il arrive toujours à ses fins... mais comment fait-il ? Est-ce lié à un QI hors du commun ? Avec une bonne dose d'humour, ce petit livre vous propose de faire passer à votre chat une batterie de tests : physiques, territoriaux, psychologiques et même paranormaux. Observez ses positions de détente, testez ses réflexes, sa faculté à trouver sa nourriture (circuit jusqu'à sa gamelle de croquettes), ses capacités sociales, sa manière de dormir en des lieux improbables (clavier d'ordinateur), ses talents divinatoires (météo, cinquième sens)... Comptez les points recueillis. Votre chat est-il un génie ? En tout cas, vous ne le regarderez plus jamais de la même façon !
Comment le prolétariat agissant strictement en tant que classe peut-il abolir les classes ? est la question fondatrice de toute réflexion théorique. La lutte des chômeurs et précaires de l'hiver 1997-1998 en France, a défini le chômage et la précarité au coeur du travail salarié, sa potentielle caducité était devenu le contenu même de la lutte des classes. Cette lutte permet d'aborder la question comme une question pratique de notre horizon historique, comme cours et enjeu de la lutte de classes dans ce cycle de luttes. Une activité de classe peut aller au-delà des classes. Avec la restructuration maintenant achevée du mode de production capitaliste, le prolétariat produit tout son être, toute son existence, dans le capital, plus aucune confirmation d'une identité prolétarienne dans la reproduction du capital n'est possible. La contradiction entre les classes se situe au niveau de leur reproduction, ce qui définit la capacité pour le prolétariat d'abolir le capital, de s'abolir lui-même. Ce cycle de luttes est alors la résolution pratique des limites et des contradictions de toute l'histoire passée de la lutte de classe, c'est-à-dire du programmatisme : la révolution comme montée en puissance et affirmation du prolétariat s'érigeant en classe dominante, même pour se nier ensuite. Le démocratisme radical et l'alternative sont la formalisation de toutes les limites de ce cycle. Contenu de la contradiction entre les classes, la reproduction du capital est devenue la dynamique et la limite intrinsèque de la lutte du prolétariat. La disparition de l'identité ouvrière ne nous laisserait comme avenir que le capitalisme à visage humain, la critique du libéralisme, la prise en mains de notre travail, de notre environnement, l'activité citoyenne. La recherche d'une identité et d'un programme prolétarien face au capital ne fait qu'entériner sa reproduction dont les prolétaires pourraient avoir le contrôle par une organisation sociale dont ils seraient les maîtres. C'est alors la question de la relation entre les luttes actuelles et la révolution qui doit à nouveau être posée. Si la révolution et le communisme sont bien l'oeuvre d'une classe du mode de production capitaliste, il ne peut plus y avoir transcroissance entre le cours quotidien de la lutte de classe et la révolution, celle-ci est un dépassement produit dans le cours de la contradiction entre les classes, l'exploitation. La révolution communiste est communisation des rapports entre les individus qui se produisent comme immédiatement sociaux. Au-delà de l'affirmation du prolétariat, c'est toute la théorie du communisme qui est à reformuler contre les limites inhérentes à ce cycle de luttes que sont le démocratisme radical et les pratiques alternatives, mais aussi contre toutes les théories qui font leur deuil du programmatisme au nom d'un humanisme théorique, de la critique du travail pour lui-même, ou de celle de l'économie.
Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du XXe siècle. Au moment des fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l'absentéisme, le coulage de cadence, le vol. la grève, etc. Au moment où s'est posée la question du contrôle ouvrier - révolutionnaire ou réformiste - du procès de production. les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance : " La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les fronts populaires. les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d'y travailler moins. On peut supposer que la façon d'éliminer la résistance n'est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l'a ' n du travail salarié lui-même. " Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la. contradiction interne des mouvements de front populaire. qu'ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L'impossibilité d'un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C'est la faillite d'un programme ouvrier dans ses propres termes, alors sommé de se réaliser dans un moment critique.
En France, à l'automne 2010, une fraction de la classe ouvrière revit de façon idéale le mythe de l'identité et de l'unité ouvrières. La lutte contre la réforme des retraites synthétise une multiplicité de luttes locales qui ont toutes en commun de mettre en mouvement des fractions ouvrières encore stables mais sérieusement menacées. L'identité ouvrière a alors été revécue de façon idéale dans les deux sens du mot : comme idéal qui serait à atteindre et comme pure illusion. Cet "idéal" a trouvé une forme synthétique adéquate dans le sujet même de la retraite, symbole de la dignité ouvrière. Mais le combat qui fut mené contre la réforme des retraites était bel et bien celui de notre temps, celui du marché du travail précarisé et segmenté, celui de la crise présente de cette époque du mode de production capitaliste. Conscience que la revendication ne pouvait être satisfaite, rôle du syndicalisme de base, intrication des grèves et des blocages et le rôle qu'y a joué l'activisme, remise en cause paradoxale du rapport social capitaliste sous le terme d"'économie", perception momentanée de l'insignifiance du système politique : c'est non seulement à l'implosion de l'identité ouvrière à laquelle nous avons assisté, mais encore à la dynamique actuelle de la lutte de classe où l'appartenance de classe est devenue la limite de la lutte en tant que classe.
De la fin de l'Empire ottoman à la guerre du Golfe (1991), la "Question d'Orient" était celle du développement des rapports capitalistes au Moyen-Orient. L'Orient constituait une "Question" car ce développement n'était pas endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique et la production de prolétaires catastrophique. Depuis la fin de l'Empire ottoman, la formation de rapports sociaux spécifiquement capitalistes s'est déroulée au Moyen-Orient au travers de la succession de trois fractions dominantes de la bourgeoisie: bourgeoisie foncière, administrative et commerçante; bourgeoisie nationaliste; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques, nous reconnaissons notre dette envers les travaux de Georges Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclut et exprime à un moment donné les nécessités générales du développement du capital. Par là également, leur action peut parvenir à d'autres buts que ceux qu'elles s'étaient primitivement fixés. C'est dans ce cadre que nous étudions ici la formation de l'Etat d'Israël, la montée de l'islamisme, la révolution iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada, l'échec du mouvement palestinien, l'invasion du Koweït et l'élimination finale de la figure autonome du rentier. Plus généralement, les guerres israélo-arabes constituent, pour les pays arabes, le critère et l'histoire du développement en leur sein des rapports sociaux capitalistes, l'existence d'Israël ayant été jusqu'à maintenant la contrainte à ce développement. C'est la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement résolu le problème essentiel que posait le Moyen-Orient dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste: l'intégration de la rente pétrolière dans la péréquation générale du taux de profit. On peut alors cesser de considérer le Moyen-Orient comme une question particulière. La "Question d'Orient" se trouve fondamentalement résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes, ce que confirment la caducité du sionisme, l'effacement et les risques d'implosion de l'Arabie Saoudite, la seconde Intifada, l'évolution de l'islamisme et la guerre américaine en Afghanistan. Reste maintenant la question générale de la définition, de l'exploitation et de la reproduction d'un prolétariat massivement déraciné et paradoxalement renvoyé à des solidarités apparemment traditionnelles.Outre son découpage et la compréhension de celui-ci, le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose donc plusieurs problèmes théoriques majeurs: le caractère non endogène du développement du capitalisme; le rapport entre les identités intermédiaires (communautés religieuses ou ethniques) et l'Etat-nation; le rapport de la rente pétrolière à la péréquation du taux de profit; les formalisation religieuse et nationalistes de la lutte de classe.