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La cité investie. La science du judaïsme français et la République
Simon-Nahum Perrine
CERF
31,01 €
Épuisé
EAN :9782204044059
Un courant intellectuel s'affirme dans le judaïsme français du XIXe siècle, qui, relevant le défi de l'idéalisme allemand, trouve dans l'étude scientifique du judaïsme la légitimation de son existence au sein d'une société moderne. Pourquoi ce courant est-il absent des études historiques contemporaines ? Sans doute parce que les juifs français privilégient l'expression nationale de leur identité. Sans doute aussi parce que certains historiens du génocide ont une lecture rétrospective de l'histoire. L'affaire Dreyfus ne constitue pas pour nous un point de départ mais un point d'arrivée : le moment où les savants juifs français, intellectuels avant la lettre, se fondent dans la communauté intellectuelle nationale et abandonnent toute définition spécifiquement confessionnelle pour adopter les critères du politique. Venus d'Allemagne dans la première moitié du siècle, Salomon Munk, Joseph Derenbourg, Henri Weil, Joseph Halévy et leurs disciples en France, Michel Bréal, Arsène et James Darmesteter, Théodore et Salomon Reinach, ne vont pas se contenter de redéfinir l'identité d'une communauté désormais émancipée. Promoteurs brillants des méthodes scientifiques allemandes - qu'il s'agisse de la philosophie, de la sémantique ou des études orientales -, ils jouent un rôle central dans la fondation des sciences sociales en France. Et le moment venu, ils s'engageront aux côtés de la République. L'enjeu du débat est double. Le mouvement de fondation d'un judaïsme critique correspond à l'un des rares possibles du judaïsme culturel émancipé. Il véhicule une interrogation essentielle sur la manière de rester juif dans une société moderne.
Résumé : Tenu de 1828 à sa mort en 1874, le Journal de Michelet tisse ensemble un projet intellectuel et pédagogique, une ambition personnelle, une oeuvre-monde, une intimité. Il rend à jamais indissociables l'historien de la France et de la Révolution, dont le savoir et le souffle font aujourd'hui encore notre admiration, et l'homme amoureux, obsédé par la mort et célébrant la vie, consignant son intimité et celle de sa femme, disséquant sentiments et plaisirs charnels, se passionnant pour la biologie et l'histoire naturelle. Étonnante modernité d'un texte audacieux, souvent cru, qui n'a rien à envier à l'autofiction contemporaine. Tantôt intimiste, tantôt prophétique, Michelet s'adresse tour à tour au peuple, aux femmes, aux générations futures, et à l'humanité entière. Sous nos yeux se joue la célébration du moi tout-puissant, en union avec la nature et l'univers, et son identification progressive au monde. Dans un mouvement résolument moderne, la subjectivité devient le médium absolu de l'histoire. Voilà pourquoi nous entrons aussi facilement dans ce Journal, qui se lit comme le roman de notre modernité.
La philanthropie n'est pas plus une histoire de gens riches que le temps ne s'est arrêté au XIXe siècle ! A l'heure de la conquête de Mars et de l'intelligence artificielle, nous sommes tous, à un moment donné de notre vie, des philanthropes : ce moment où nous choisissons de donner de notre temps, de notre attention ou de nous investir dans une cause à laquelle nous croyons et qui nous tient à coeur. Pour ne plus enfermer la philanthropie dans des préjugés désormais éculés, c'est près d'une centaine de définitions couvrant l'ensemble des secteurs qu'elle concerne mais aussi la diversité des formes qui sont les siennes que ce livre propose dans une réflexion polyphonique conduite par des professionnels du secteur mais aussi des écrivains, des philosophes, des rêveurs. 100 mots qui disent le don de soi, l'attention aux autres ou le souci du collectif dans des registres aussi divers que l'économie, le politique, le droit ou la philosophie. L'ère de l'individualisme est finie. Celle de la philanthropie a sonné.
Michel Espagne est directeur de recherche au CNRS. Parmi ses publications: Les juifs allemands de Paris à l'époque de Heine: La translation ashkénaze, Paris, PCF, 1996; Les transferts culturels franco-allemands, Paris, PUE, 1999; En deçà du Rhin: L'Allemagne des philosophes français au XIXe siècle, Paris, Cerf, 2004; L'histoire de l'art comme transfert culturel, Paris, Belin, 2009; Dictionnaire des historiens d'art allemands (édition avec B Savoy), Paris, CNRS-éditions, 2010. Perrinc Simon-Nahum est historienne, directrice des recherches au CNRS (Centre Raymond Aron EHESS). Spécialiste d'histoire des idées, ses recherches portent notamment sur le judaïsme et l'histoire des Juifs en France. Elle a publié récemment André Malraux, l'engagement au XXe siècle. En 1989, elle fait paraître un recueil de textes de Raymond Aron intitulé Essais sur la condition, juive contemporaine (réédité en 2007). Parallèlement à ses recherches, elle est directrice de collection aux Editions Odile Jacob.
Comment rendre les démocraties, aujourd'hui accusées de tous les maux, à nouveau désirables ? En cas de crise sanitaire ou de guerre, un tiers des Occidentaux feraient davantage confiance à un régime autoritaire qu'aux institutions démocratiques. Pourquoi un tel désamour ? Parce que nous avons habillé la démocratie de vêtements trop grands pour elle depuis trop longtemps. Ne voulant renoncer à rien, nous l'avons rendue responsable de tout. "Compromis" , "débat" , "temps long" ... pour les Etats autoritaires et les régimes populistes, voilà bien les faiblesses des démocraties, jugées liberticides et condamnées pour leurs renoncements. Pour la philosophe Perrine Simon-Nahum, voilà au contraire leur force ! Refuser la violence et rendre leur place aux idées est aujourd'hui, selon elle, la seule manière de combattre nos adversaires sur leur propre terrain et de redonner confiance à nos concitoyens. Il nous faut revoir le rapport que nous entretenons avec l'idée démocratique pour affronter les véritables problèmes - la question des élites comme la place du religieux dans nos sociétés. Et si pour une fois nous devancions l'histoire ?
Simon Schama poursuit, avec ce deuxième volume, sa magistrale histoire des Juifs, à partir de leur expulsion d'Espagne en 1492. Il donne vie à l'épopée d'un peuple jeté sur les routes, en quête d'un lieu où vivre en harmonie avec les autres, sans renier sa culture. C'est l'histoire non seulement de rabbins et de philosophes, mais aussi d'une poétesse du ghetto de Venise, d'un général dans la Chine des Ming, d'un boxeur de l'Angleterre géorgienne ou encore d'un compositeur d'opéra dans l'Allemagne du xixe siècle. Du Kerala à Mantoue, des rives de la Colombie aux tavernes d'Ukraine, jusque dans les camps miniers de Californie, le lecteur parcourt le monde. Il navigue sur des caravelles, voyage en diligence, sillonne les rues de Londres à l'aube, un paquet de vêtements usés sous le bras, tombe avec ce qu'il reste de l'armée napoléonienne en ruine. L'histoire que nous raconte Simon Schama est celle de l'endurance face à la destruction, de la créativité face à l'oppression, de la joie dans la peine. C'est ce qui en fait l'histoire de tous et de chacun. Et en ces temps où les souffrances de la migration sont quotidiennement rappelées, elle trouve d'autant plus de résonance.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons. L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne. Elle évoque donc son métier de femme rabbin. Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques. Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter. Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour. À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.Notes Biographiques : Delphine Horvilleur, femme rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF), est une ancienne journaliste. Elle s'est formée auprès du rabbin Haïm Korsia. Elle est aujourd'hui directrice de la rédaction de la Revue de pensée(s) juive(s) Tenou'a.
Un récent ? et remarquable ? ouvrage de Sylvie Germain nous a permis de renouer avec la figure tragique d'Etty Hillesum, cette intellectuelle juive hollandaise morte dans les camps après s'être dévouée, dans le camp de transit de Westerbork, à ses frères raflés et promis à la mort. À côté de cet acte de foi d'une femme à un autre femme, d'une romancière à une martyre, l'ouvrage du jésuite Paul Lebeau apporte une autre vision, plus biographique et érudite mais non moins fervente. Ponctué d'émouvantes photos (d'Etty, de ses proches), basé sur une lecture patiente des 800 pages laissées par Etty Hillesum (dont certaines traduites pour la première fois), ce livre reconstitue la trame de ses angoisses et de son cheminement intellectuel ; un parcours intérieur nourri de philosophie et de contemplation esthétique auquel une "révélation" mystique donnera son sens, et la mort à Auschwitz en 1943 son couronnement tragique et sacrificiel. Un ouvrage précieux pour découvrir et approfondir la connaissance de cette s?ur d'Anne Frank et d'Edith Stein. --François Angelier