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Sagesse du politique. Le devenir des démocraties
Simon-Nahum Perrine
L'OBSERVATOIRE
21,00 €
Épuisé
EAN :9791032924365
Comment rendre les démocraties, aujourd'hui accusées de tous les maux, à nouveau désirables ? En cas de crise sanitaire ou de guerre, un tiers des Occidentaux feraient davantage confiance à un régime autoritaire qu'aux institutions démocratiques. Pourquoi un tel désamour ? Parce que nous avons habillé la démocratie de vêtements trop grands pour elle depuis trop longtemps. Ne voulant renoncer à rien, nous l'avons rendue responsable de tout. "Compromis" , "débat" , "temps long" ... pour les Etats autoritaires et les régimes populistes, voilà bien les faiblesses des démocraties, jugées liberticides et condamnées pour leurs renoncements. Pour la philosophe Perrine Simon-Nahum, voilà au contraire leur force ! Refuser la violence et rendre leur place aux idées est aujourd'hui, selon elle, la seule manière de combattre nos adversaires sur leur propre terrain et de redonner confiance à nos concitoyens. Il nous faut revoir le rapport que nous entretenons avec l'idée démocratique pour affronter les véritables problèmes - la question des élites comme la place du religieux dans nos sociétés. Et si pour une fois nous devancions l'histoire ?
Un courant intellectuel s'affirme dans le judaïsme français du XIXe siècle, qui, relevant le défi de l'idéalisme allemand, trouve dans l'étude scientifique du judaïsme la légitimation de son existence au sein d'une société moderne. Pourquoi ce courant est-il absent des études historiques contemporaines ? Sans doute parce que les juifs français privilégient l'expression nationale de leur identité. Sans doute aussi parce que certains historiens du génocide ont une lecture rétrospective de l'histoire. L'affaire Dreyfus ne constitue pas pour nous un point de départ mais un point d'arrivée : le moment où les savants juifs français, intellectuels avant la lettre, se fondent dans la communauté intellectuelle nationale et abandonnent toute définition spécifiquement confessionnelle pour adopter les critères du politique. Venus d'Allemagne dans la première moitié du siècle, Salomon Munk, Joseph Derenbourg, Henri Weil, Joseph Halévy et leurs disciples en France, Michel Bréal, Arsène et James Darmesteter, Théodore et Salomon Reinach, ne vont pas se contenter de redéfinir l'identité d'une communauté désormais émancipée. Promoteurs brillants des méthodes scientifiques allemandes - qu'il s'agisse de la philosophie, de la sémantique ou des études orientales -, ils jouent un rôle central dans la fondation des sciences sociales en France. Et le moment venu, ils s'engageront aux côtés de la République. L'enjeu du débat est double. Le mouvement de fondation d'un judaïsme critique correspond à l'un des rares possibles du judaïsme culturel émancipé. Il véhicule une interrogation essentielle sur la manière de rester juif dans une société moderne.
Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société pendant des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans leurs confidences distraites, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières, du monde du travail et des prisons, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.
Cet ouvrage expose l'histoire d'un événement fondateur de la modernité contemporaine à l'échelle française comme internationale, l'affaire Dreyfus. Pour justifier de cette dimension fondatrice, les auteurs des différents chapitres, spécialistes du sujet et de ces problématiques, ont étudié l'Affaire sous tous ses plans, du point de vue de son histoire entre 1894 et 1906 comme de sa postérité sur le long XXe siècle et ses trois anniversaires de 1994, 1998 et 2006; du point de vue de ses conséquences politiques majeures comme de ses implications intellectuelles, culturelles et sociales décisives pour la France et le monde. Le récit des historiens repose ici sur une volonté permanente et dynamique de penser en même temps la factualité de l'événement et son ombre portée sur le monde contemporain. Au-delà de l'affaire Dreyfus, c'est bien la catégorie même de "l'événement fondateur" qui est approchée ici dans un ouvrage qui se veut inaugural d'une série dédiée à cet objet historique au sein de la collection "U".
La philosophie a-t-elle encore quelque chose à nous apprendre pour nous préparer à affronter le monde qui vient ? Oui, affirme Perrine Simon-Nahum, si l'on rompt avec les pensées apocalyptiques et la guerre des identités qui nous ont exclus de l'histoire. Les premières en faisant de nous les spectateurs passifs d'un futur qui nous accable, les secondes en nous décrivant comme les victimes impuissantes d'un passé qui nous hante. Contre ces déterminismes, l'auteure nous appelle à la "dé-sidération", à reprendre pied dans le monde actuel, à "refaire histoire". Comment ? En renouant avec un sujet acteur de sa propre vie. C'est à partir de la relation que la philosophie doit trouver à se redéfinir. Les liens qui nous unissent les uns aux autres, l'amour, l'amitié, mais aussi le deuil ou la perte : ces expériences intimes ne se comprennent que si elles sont vécues dans l'épaisseur d'un présent qu'elles permettent d'infléchir. Elles ne donnent sens à nos vies que si elles trouvent à se prolonger dans des institutions qui traduisent au niveau collectif l'importance que nous donnons à nos engagements individuels. Nous ne sommes pas condamnés à subir le sort que nous réservent les déraisons modernes. Les relations que nous tissons au monde, parce qu'elles sont nécessairement plurielles, parce qu'elles engagent, même au niveau le plus modeste, notre liberté, nous montrent le chemin à suivre.
Pourquoi le management vire-t-il souvent à la tragi-comédie ? Pourquoi les entreprises s'évertuent-elles à bâtir des organisations qui font fuir les meilleurs alors que leur principal objectif devrait être d'attirer les talents ? Comment remédier concrètement à ces dysfonctionnements insensés, sources de burn-out, bore-out et autres brown-out ? Pour la philosophe et l'économiste, défenseurs acharnés de la libre-entreprise, il est urgent de laisser les salariés exprimer librement leur intelligence critique et redonner du sens à leur travail. Ce n'est pas avec des babyfoots, des formations ludiques, des documents PowerPoint à n'en plus finir ou des Chief Happiness Officers que l'entreprise de demain sera le lieu de l'innovation, de la performance et du progrès !
Blasphème, homosexualité, masturbation, athéisme... la puissance du tabou qui enveloppe ces thèmes rend presque impossible tout débat en islam. Figé politiquement par un despotisme empêchant l'émergence d'une réflexion apaisée et rationnelle, englué dans un conservatisme religieux anachronique, et travaillé en profondeur par des courants réactionnaires, le monde islamique, hétérogène, complexe, est à la peine lorsqu'il s'agit de considérer sereinement ces sujets, pourtant fondamentaux. Marqueurs d'une modernité enfantée par un Occident jadis chrétien, hier colonisateur, aujourd'hui sécularisé, ces questions génèrent des crispations parfois paroxystiques comme en attestent les attentats commis sur notre sol depuis quelques années. Aujourd'hui, l'islam est à la croisée des chemins. Soit ce culte entame un profond examen de conscience, soit il est condamné à périr. L'agonie, du reste, a déjà débuté, comme en témoigne la montée de l'athéisme en terre musulmane. L'heure est donc au sursaut religieux I Secondée par la science, la raison, chère à Averroès, peut apporter son écot à ce processus salutaire de revivification. Et le temps presse !
Résumé : "Et toutes ces belles idées sur la liberté, elles sont appliquées quelque part ? - Ensemble, non. Mais par petits bouts, oui. Enfin, je crois. - Hé bien, tu n'as qu'à aller voir." C'est ainsi que je fus arraché à la torpeur de ma bibliothèque. Depuis lors, je voyage à travers le monde avec une ambition simple : étudier les thèmes de philosophie politique qui me sont chers là où ils sont mis en oeuvre. Faire apparaître derrière les concepts des histoires, des visages. Pour comprendre la tolérance religieuse, j'ai parcouru le Kerala, en Inde, où les grands monothéismes coexistent depuis la nuit des temps. Pour me faire une opinion sur le libre-échange, j'ai suivi dans son quotidien le directeur de l'Organisation mondiale du commerce. Pour tester la libéralisation des drogues, j'ai côtoyé les entrepreneurs de la marijuana au Colorado. Pour mieux saisir les enjeux du revenu universel, j'ai enquêté dans les villages brésiliens où il est expérimenté. Pour apprécier la réalité du micro-crédit, j'ai sillonné les bidonvilles de Lima. Et pour m'assurer des vertus de la liberté, j'ai rencontré ceux qui en sont privés, dans les "prisons ouvertes" finlandaises. Chemin faisant, j'ai perdu certains préjugés, découvert de nouvelles idées, croisé des auteurs insoupçonnés. Et j'ai acquis une conviction : les problèmes posés par la liberté se résolvent par... davantage de liberté. G.K.
Les "événements de Mai" à Paris, l'Armée rouge à Prague, la Convention démocrate de Chicago... l'année 1968 s'est achevée sur une série de fiascos monumentaux. 1969, année gueule de bois, est le point d'orgue d'une décennie de ruptures radicales et d'expériences sans filet. Nixon arrive à la Maison Blanche avec un "plan pour le Vietnam" et de Gaulle rentre à Colombey. Jan Palach se suicide par le feu place Venceslas et une purge antisémite décime le PC polonais. Grâce à leurs ordinateurs, les Américains posent des hommes sur la Lune. Les Beatles se séparent et la nation hippie vit son dernier grand rassemblement, à Woodstock. Charles Manson, qui se prend pour l'Antéchrist, assassine Sharon Tate, enceinte. A Milan, l'attentat de la Piazza Fontana lance les "années de plomb" italiennes. Musique et drogues psychédéliques, anti-westerns mélancoliques, érotisme échevelé, groupuscules, communautés... Les sixties projettent leur ultime feu d'artifice, qui retombe en cendres : rage et désillusion mêlées. Passant en revue les principaux événements politiques et culturels de cette année décisive, Brice Couturier interroge le "mauvais chemin" que nous continuons de fouler. Des groupuscules extrémistes qui préfigurent le terrorisme moderne aux "catastrophes intellectuelles " que sont le radicalisme des élites, le relativisme culturel des intellectuels et la politique des identités qui fait perdre la gauche... tout remonte à 1969.