
Les apparitions
Seyvos Florence
OLIVIER
19,00 €
Épuisé
EAN :
9782879290737
207pages. in8. Broché.
| Nombre de pages | 208 |
|---|---|
| Date de parution | 09/02/1995 |
| Poids | 260g |
| Largeur | 140mm |
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Plus d'informations
| EAN | 9782879290737 |
|---|---|
| Titre | Les apparitions |
| ISBN | 2879290732 |
| Auteur | Seyvos Florence |
| Editeur | OLIVIER |
| Largeur | 140 |
| Poids | 260 |
| Date de parution | 19950209 |
| Nombre de pages | 208,00 € |
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Il ma demandé poliment de poser mon violoncelle, de mallonger par terre et de respirer avec le ventre. Jai obéi sans réfléchir, parce que lobéissance immédiate a toujours été dans ma nature. Je me suis allongée, la gorge serrée. Il a posé une main sur mon ventre. Respire ici. Je navais pas le choix. Soit les larmes jaillissaient, soit je me calmais. Jai préféré me calmer. Et jai rassemblé toute ma volonté pour me concentrer sur sa main. Tout à coup elle ma paru apaisante. Je me suis appliquée à la faire monter et descendre doucement. Je regardais les moutons de poussière sous le piano. Jai pensé quil allait membrasser et que quelquun ouvrirait la porte juste à ce moment. À la fin du cours, jétais un peu narquoise mais séduite. Ensuite, assez vite, je suis devenue inconditionnelle. Je parlais de lui dès que je me trouvais avec des gens qui ne le connaissaient pas. Je disais, sur un ton très sérieux, que javais vraiment beaucoup de chance, mon nouveau prof était absolument génial, cétait une personne comme on en rencontre rarement. Jai été inconditionnelle jusquau début de notre liaison, un an et demi plus tard. Je nai pas supporté quil devienne accessible. Je voulais quil reste sur son piédestal. Je voulais quil maime, mais pas quil soit amoureux de moi. Dune certaine manière, jai instantanément cessé de laimer, et nai eu de cesse de vouloir rétablir par des artifices léquilibre rompu. Plus tard, jai souffert comme tout le monde, jai été désespérée, humiliée. Mais la douleur la plus profonde, celle qui me laissa inconsolable, la douleur première qui causa toutes les autres fut la tristesse de le voir tomber dans mes bras. Je ne vis que pour les jours où jai cours au conservatoire. Et je cherche toute sorte de prétextes pour my rendre. Pourtant cest chaque fois une torture. Mon ventre devient si douloureux que je suis obligée de déboutonner mon pantalon sous ma chemise. Richard se comporte très naturellement avec moi. La discrétion à laquelle nous sommes contraints ne semble pas lui coûter le moindre effort. Et cela mhumilie. Jattends parfois de longues minutes, assise dans un couloir, faisant semblant de lire une partition. Il est à quelques mètres de moi, en train de discuter avec dautres profs et jattends. Je ne demande pas un sourire, je veux juste que son regard se pose sur moi, un tout petit instant. Quil ne puisse pas sen empêcher. Je fixe la trotteuse de ma montre. Sil ne ma pas regardée dans la minute, je le quitte. La trotteuse avance. Je te laisse une demi-minute de plus Regarde-moi, salaud, je ne te demande pas limpossible. À lheure du cours, je fais la gueule. Je lui dis quil ne faut pas compter sur moi pour travailler jamais le concerto de Romberg ou les Variations rococo. Je déteste les Variations, cest de la musique de merde. Je naime que Dutilleux. Richard sourit, me dit que je suis trop jeune, que chaque uvre a son intérêt et quon le découvre forcément en la travaillant. Cela mexaspère. Je prends mes petits airs vaches, je me ridiculise par des phrases que je trouve, sur le moment, bien senties. Mais dès quil passe sa main sur ma joue, je me dégonfle comme un ballon crevé. Je lui dis que je laime, je veux poser mon violoncelle et le serrer dans mes bras. Il men empêche et ma gorge se noue. Pourtant, il arrive toujours à me faire travailler. À la fin de lheure, je suis presque calme, préoccupée uniquement par mon legato. Contente ou pas contente de moi. Mais sûre davoir mes chances au premier tour, au Conservatoire de Paris, et cest la seule chose qui mintéresse. Parfois, il me vient à lidée que je nai pas de cur. Ensuite, la torture recommence. Je veux quil me dise au revoir, quil me redise au revoir, mieux. Je me demande comment il se comporte avec lélève suivante. Je réclame une différence flagrante. Je ne le dis pas, bien sûr. Jhésite entre le sourire entendu et un regard implorant. « Tu as Françoise, maintenant ? » Quand la porte sest refermée sur eux, je moblige à partir. Jai peur de le lasser. Jespère quil sera déçu de ne pas me voir en sortant, je parviens à me le faire croire. Je descends lescalier et je claque la grande porte, décidée à le quitter. À le lui faire savoir dès le lendemain. Je veux le voir décontenancé, piteux. Quil souffre, quil en chie. Et dès que je suis arrivée chez moi, je me prépare pour le cours suivant. À cette époque, je partage un deux-pièces avec Lydia, qui est un peu plus âgée que moi. Elle est en deuxième année de médecine. Lydia fait la cuisine en se roulant des joints. Je ne fume jamais, ça me donne mal au cur. De temps en temps, je me saoule au whisky-Coca. Quand le sol tourne trop vite, je vais vomir et je mendors comme une masse. Lydia est au courant de mon histoire avec Richard, mais pas dans le détail. Elle est assez naïve. Est-ce quil me dit quil maime ? Est-ce quil me le dit souvent ? Dans quelles circonstances ? Voilà ce qui la préoccupe. Il te la dit pendant que vous couchiez ensemble ? Il ne parle pas. Dailleurs, je préfère. Je mens. Je rêve de lentendre me dire quil est fou de moi. Et je passe mon temps à retenir les mots qui se pressent dans ma gorge. Lydia a beaucoup de soupirants mais pas de petit ami. Il y a Joachim, dont elle est très amoureuse, qui lappelle tous les jours pour lui dire quil ne sentend pas si bien que ça avec sa petite amie, Claire. Et Fred, qui la harcèle et quelle naime pas. Il ne faut plus que je voie Fred. Ce mec est sourd. Je lui dis non et re-non. Cest comme sil nentendait pas. Je me suis déjà fait avoir deux fois, ça suffit. Elle passe minutieusement sa boulette de shit sous la flamme de son briquet. Je me vautre sur la table pour la regarder faire.ÉPUISÉVOIR PRODUIT11,20 € -

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