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Le cheval blanc d'Uffington
Serre Anne
MERCURE DE FRAN
17,00 €
Épuisé
EAN :9782715223530
Je ne voulais plus penser à cette histoire d'amour qui n'avait pas eu lieu, parce que son évocation glissait entre moi et moi une lame si tranchante que je pouvais encore en être meurtrie. Je ne savais que faire de cet objet. L'ignorer ? C'était désormais possible dans la vie, mais si je me mettais à raconter une histoire, ça l'était moins. A presque chaque tournant je butais contre lui, si bien que sur mon parcours, le rencontrant sans cesse et sans cesse l'évitant, je finissais par dessiner comme une forme en creux. Au fond, je tournais autour de son corps. Et le corps de mon amour était si gigantesque qu'il me faisait rire. Il était comme celui de Gulliver autour duquel se déploie, armé, tout un petit peuple effrayé et fasciné, ou comme le cheval blanc d'Uffington dessiné par les Celtes à même la montagne, et couvrant une telle distance que ce n'est pas de la terre qu'on peut le voir, mais en avion seulement. Aller d'une église à l'autre - choisir ces flèches comme repères -, c'était aller de la pointe de son épaule à son coude puis de son coude à sa main et ainsi de suite, si bien que d'une certaine manière le corps de mon amour recouvrait la terre. Son visage souriant regardait en l'air.
Résumé : Rosa alba s'est endormie. Soudain un immense rideau rouge s'écarte violemment sur une scène nouvelle : un jardin fleuri où une petite fille munie d'un arrosoir arrose soigneusement des fleurs. Un homme jeune passe dans l'allée qui traverse le jardin, un haut lévrier en laisse de chaque côté. Au moment où il disparaît, on découvre derrière une haie de bis un couple assis sur un banc échangeant un baiser passionné, puis l'on suit à même le sol le trajet méticuleux, obstiné, de fourmis chargées de poids : brindilles, miettes...
Presque tous les romans racontent une histoire avec un personnage central et quelquefois un narrateur qui ne se confond pas avec lui. Le roman que vous allez lire ne fait pas exception. Mais il s'appelle Le narrateur, et le narrateur du Narrateur n'est pas celui auquel on s'attendrait. C'est quelqu'un d'autre, et qui ne dit jamais "je", mais qui suit à la trace un monsieur très normal (à ceci près qu'il est lui aussi narrateur, c'est-à-dire sans doute romancier) dans une limpide histoire d'amour où tous les autres personnages se conduisent d'une façon embarrassée ou équivoque, justement parce qu'ils devinent ou n'ignorent pas son activité de narrateur, de voleur plus ou moins innocent (mettons: de kleptomane), partout où se présentent un être, une situation, un décor on un paysage qu'il pourrait s'approprier pour un de ses romans. Il se sent lui-même si troublé qu'il a préféré n'être pour une fois qu'un personnage, laisser faire l'auteur qui, sur ce thème, et à son habitude, danse littéralement une histoire toute de fantaisie délicate, d'intelligence et de vérité. Biographie de l'auteur Anne Serre, née à Bordeaux, est l'auteur de plusieurs livres dont Le Cheval blanc d'Uffington au Mercure de France, prix de la Fondation Charles Oulmont.
Pendant vingt ans, quinze ans, et de plus en plus intensément avec le temps, le Narrateur eut l'oeil fixé sur Fanny, son amie. Il la considéra mille fois de dos, de profil, de face avec douceur car Fanny redoutait un peu les regards dans les yeux. Il était sensible à son corps dur, ferme, et parfois à demi mort comme celui de L'Homme pétrifié. Dans ce corps, quelque chose était figé et ne circulait pas: le sang? la lymphe? C'était avec des mots, ses mots - pauvres choses - que le Narrateur tentait de redonner vie à ce corps, d'y faire circuler la vie bouillonnante, intrépide, qui se tenait ramassée en Fanny au creux de son ventre comme un poing serré, une pierre, un enfant mort, une pauvre bête empaillée. Fanny est un être insondable. Par intermittences, elle laisse entrevoir des facettes singulières de sa personnalité. La jeune femme au regard perdu peut être enjouée, rieuse, mutine. Derrière le masque lisse qu'elle offre à son entourage existent d'autres Fanny: une Fanny bis, une Fanny ter, comme celle qui un jour a chapardé un chapeau léopard... Mais ces Fanny-là restent cloîtrées dans une enveloppe charnelle rigide. Fanny porte en elle une douleur, elle est "différente'. C'est cette différence que le Narrateur interroge inlassablement Biographie: Anne Serre a déjà écrit Le Cheval blanc d'Uffington et Le narrateur (Mercure de France)"
«Que c'est étrange de quitter quelqu'un que l'on aime pour quelqu'un que l'on aime. On passe par une passerelle qui n'a pas de nom, qui n'est nommée dans aucun poème. Non, nulle part on ne donne un nom à ce pont et c'est pourquoi Anna eut tant de mal à le franchir. Elle commence seulement à ne plus confondre Guillaume et Thomas. Par bonheur, ils ne font pas du tout les mêmes gestes ; au lit ils sont tout à fait différents. C'est au lit qu'ils sont le plus différents. C'est donc très reposant, le lit, puisqu'alors, Thomas n'est pas Guillaume. Et peu à peu le corps d'Anna quitte Guillaume pour rejoindre Thomas. Mais n'était-il pas question de cela depuis le début ?» En archéologue du désir, Anne serre nous offre le fascinant récit d'un embrasement et renouvelle avec brio la grammaire du discours amoureux.
Résumé : Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible. Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l'imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s'inquiète, s'agace, glisse de l'incertitude à l'obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d'une histoire d'amour ou bien une illusion qui se brise ? Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d'aimer et signe aussi un roman d'amour intemporel sur l'éveil du désir, l'attente, le doute, le ravissement.
Mae découvrit à son réveil que Peter avait disparu. Elle s'assit, tendit l'oreille et se heurta au silence qui enveloppe un espace lorsque la personne que l'on attend n'est pas rentrée. Parfois les gens sortent et ne reviennent pas. Parfois les malheurs surviennent. Mae le sait depuis qu'elle a six ans. Peter. Son compagnon... L'homme qu'elle était sur le point d'épouser. Mae va vite découvrir que son "fiancé" est en réalité un redoutable escroc qui a la police à ses trousses. Eplorée, elle retourne chez ses grands-parents, qui l'ont élevée et tiennent une auberge sur les bords du Saint-Laurent. Au sein d'une nature magnifique, mais qui peut se révéler dangereuse quand le fleuve se déchaîne, elle va retrouver et affronter ses souvenirs : la mort inexpliquée de ses parents dans la fonte des glaces, la disparition brutale de son inséparable ami d'enfance, Gabe, les silences de sa grand-mère... Et tenter de trouver des réponses.
Textes choisis et présentés par Jean-Claude Perrier4e de couverture : De toute éternité l'homme a cru en quelque chose. Avec le temps, sa foi s'est sophistiquée, dotée d'instruments concrets : sanctuaires, ministres dévoués, cérémonies cultuelles, sacrifices, offrandes, chants, totems et tabous... Chacune des principales religions ou sagesses (hindouisme, polythéismes, bouddhisme, confucianisme, judaïsme, christianisme, islam¿) possède ses propres textes sacrés qui permettent d'approcher l'idée de dieu. Un dieu, des dieux que l'on retrouve dans les textes d'écrivains - croyants pour la plupart -, lesquels témoignent que la foi est aussi l'une des plus riches et belles sources d'inspiration - de conflits aussi. Sans oublier le contrepoint des sceptiques, voire des athées, qui revendiquent leur non-croyance. Dans les pas de Dieu, balade au pays du sacré comme du doute, en compagnie de Victor Hugo, Voltaire, Chateaubriand, Nietzsche, Claudel, Péguy, Bernanos, Mauriac, Jean-Marie Kerwich, Salman Rushdie, Christian Bobin et bien d'autres¿
Johnston Reginald F. ; Thimonier Christian ; Peyre
C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier auprès de l'Empereur : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston décrit également le mariage de l'Empereur, et d'autres scènes privées auxquelles il lui fut donné d'assister ou de participer. Il nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient jounaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.