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Jean Renoir et la pensée des cinéastes. L'exception d'une sagesse Tome 2, Le malentendu naturaliste
Serceau Daniel
MIMESIS
22,00 €
Épuisé
EAN :9788869764066
La première somme consacrée au cinéma de Jean Renoir. De ses débuts, aujourd'hui lisibles en leurs prémisses, jusqu'au dernier film dont aucune étude n'avait été encore menée dans son intégralité. Dans un souci constant de fidélité aux images et aux sons, l'ouvrage éclaire les choix esthétiques du cinéaste en leur constant renouvellement. Ce deuxième tome traite de problématiques que l'on est tenté de qualifier de "proprement cinématographiques" : pourquoi l'usage d'une profondeur de champ au lieu d'un champ profond, telle disposition des personnages dans le cadre, telle articulation de l'image et du son, tel effet de montage, etc. Autant de leçons que l'on peut dire de mises en scène. Autant d'interrogations, aussi, où les inventivités propres au 7e art demeurent inséparables de la question du sens. Un mot polysémique : ce qui signifie, ce qui oriente. A l'heure où les composantes spécifiquement filmiques des discours proposés par le cinéma jouent de moins en moins un rôle décisif, le cinéma de Renoir en est, par excellence, l'exemple contraire. Selon les propres termes du cinéaste, l'essentiel de ses films reste caché tant que de telles composantes n'ont pas été mises au jour, puis décryptées pour en découvrir la raison signifiante. Son cinéma rejoint le foisonnement et le désordre ordonné de la vie. Où l'imprévu, le non-dit, l'impensé forment souvent l'essentiel de la parole et de l'action humaines. Ainsi en est-il cinématographiquement chez Renoir. Qui, cinématographiquement, en rend le phénomène explicite. En ce "sens" , le tome 2 est une autre façon d'apprendre à percevoir. Daniel Serceau, docteur d'Etat, Professeur émérite à l'université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, a travaillé comme directeur et programmateur de salles " art et essaiA ", assistant-réalisateur, réalisateur et critique. Outre de nombreux articles, il est l'auteur d'ouvrages sur Kenji Mizoguchi, Ousmane Sembène, Nicholas Ray, Jean Renoir, sur la théorie du cinéma, le métier d'exploitant, le jeune cinéma français, l'école, l'érotisme, d'un essai philosophique et de deux romans.
Art au même titre que la littérature et la peinture, le cinéma a ses auteurs. La cause est entendue. Les intellectuels s'y intéressent alors qu'ils le méprisaient il y a quelques décennies. Mais le cinéma " populaire " perdure. Il y a toujours un cinéma " de masse ", " de grande consommation ", où, comme à la belle époque d'Hollywood, l'action et le spectacle restent au premier plan. C'est toujours lui qui a la faveur de ce que l'on appelle le " grand public ". Hiérarchie, clivage même, qui, ravivant des préjugés (" le cinéma est un divertissement d'ilotes ", la grande production est une " usine à rêve ") occulte la fonction culturelle du cinéma. Le cinéma de grande consommation n'a jamais été en effet, contrairement à certaines assertions, un opium du peuple ou un divan du pauvre, mais un miroir de la psyché collective. Les grands cinéastes classiques, dont certains étaient déjà des auteurs, savaient, en utilisant les genres et les codes du spectacle, donner corps à l'imaginaire collectif. Et ce sans le ravaler ni le mépriser : ils revisitaient les grands mythes. La sophistication de la production ne doit donc pas nous abuser. Des genres comme la science-fiction, le fantastique... aidant, les mythes travaillent toujours les récits et les représentations. Quelques ruptures que l'on ait connues, quelque hiérarchie que l'on doive établir entre les oeuvres, il y a ici une continuité, un héritage culturel, méconnu par la critique et l'université, que le présent ouvrage se donne pour tâche d'explorer.
Les études cinématographiques sont depuis longtemps dominées par ce que Jacques Bouveresse appelle "la phobie de l'extratextualité", qui est aussi phobie du sens: le "vrai" sujet du cinéma devrait être... le cinéma. Pourtant, le regard que les spectateurs portent sur les films n'est pas de cet ordre et si tout discours filmique résulte nécessairement du travail de la forme, celui-ci a cependant pour finalité l'intelligibilité de l'oeuvre. Car, par-delà leur fonction de divertissement, première et nécessaire, les films de fiction répondent au besoin proprement humain de trouver des réponses, ne serait-ce qu'hypothétiques, lacunaires ou transitoires, à la question du "comment vivre", dans et pour quel monde, et pour quelle façon d'être soi - questions auxquelles nous sommes tous quotidiennement confrontés. Ainsi le cinéma complète-t-il la philosophie morale et la morale en explorant, quelquefois même mieux qu'elles, nos contradictions.
L'analyse de films évolue entre des pratiques multiformes et une indigence théorique qui ne formulerait que sa propre tautologie : on ne pourrait rien en dire. Une observation attentive des films ne permet pas de soutenir ce point de vue. Loin de nous autoriser à toutes les projections, les oeuvres qui comptent se distinguent par leur extrême rigueur et nous obligent à une grande précision de pensée. Cet ouvrage élabore douze principes, dits "vertueux", qui permettent d'en rendre compte. Ils ne proposent pas une méthode qu'il suffirait d'appliquer mécaniquement, mais un instrument de validation des énoncés à partir d'une observation scrupuleuse des images et des sons. Nous avons beaucoup plus à apprendre des oeuvres d'art si nous les acceptons dans les limites et la précision de leurs discours. Plus l'attention portée à un film sera soutenue, plus celui-ci deviendra nourriture pour l'esprit. Et l'esprit, nourriture pour un savoir-vivre.
La question "qui suis-je ? " occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Cette étude du système de représentations, mais aussi de désirs et d´émotions qui fondent l´imaginaire des Français - en particulier la représentation de la servitude et le moyen de s´en affranchir : la Révolution - a pour but de dévoiler la dynamique des mécanismes inconscients qui déterminent la vie collective en France. Car la France ne se serait pas constituée à partir d´une émancipation et d´un projet instituant. Au contraire, elle s´est cristallisée autour du projet permanent de destitution du pouvoir qui est à la fois générateur de plaisir et fédérateur. Une thèse inédite, et une analyse cohérente de l´agitation sociale qui perturbe le mandat d´Emmanuel Macron depuis maintenant plus d´un an. Etablissant un lien entre idées et émotions, elle s´inspire des grands textes freudiens sur la nature du lien social, dans un langage simple et clair.
L'esthétique du cinéma muet américain des années 1910-1920 révèle non seulement une fonctionnalité mais également une intelligence des formes filmiques. Les assemblages non conventionnels laissent place à une reprise inventive des formes en usage : cut-backs, flashes, enchaînés, surimpressions. Si les films étudiés dans cet ouvrage partagent l'ambition de créer un cinéma d'idées, ils n'abandonnent cependant jamais les modes propres de la cinématographie hollywoodienne de l'époque : l'action et le spectacle. Comment composer alors ces trois éléments, l'idée, l'action et le spectacle, dans une harmonie de formes et contenus ?
Nanni Moretti est l'auteur italien qui, mieux que ses contemporains, a su lire et percevoir les égarements du présent, en représenter les fractures, en restituer les masques aussi bien privés que publics. De Io sono un autoarchico à Mia madre, le cinéma de Moretti a mis en images la radicalité d'une crise existentielle d'un sujet névrotique et fourvoyé, perdu, présent au monde à l'aide de déguisements idiosyncrasiques qui le placent, souvent, sous le signe du grotesque. En restituant son rapport lumineux à l'actualité, cet essai explore avec un regard singulier l'oeuvre du grand cinéaste italien. D'un cinéma, celui de Moretti, qui fusionne le comique et le tragique et nous restitue sans cesse un présent inquiet, non-résolu, douloureux ; un présent qu'il continue de traverser pour nous aider à nous y retrouver.