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Projectiles au sens propre
Senges, Pierre
VERTICALES
16,50 €
Épuisé
EAN :9782072854866
Avec ces "projectiles", Pierre Senges lance son nouveau défi littéraire : une enquête minutieuse à propos de la "tarte à la crème". Pour aborder cet objet d'étude incongru, il suit de nombreuses pistes, réparties en 58 fragments aux titres peu académiques. D'emblée, son attention se porte sur un usage détourné de la fameuse pâtisserie dans La Bataille du Siècle (1927) ? un court-métrage muet de la série des Laurel et Hardy. On y assiste à un enchaînement d'entartrages entre personnages ciblés par mégarde cherchant à se venger de semblable manière jusqu'à un summum de tirs croisés, vingt minutes durant. Parallèlement, l'auteur s'intéresse à la Los Angeles Cream Pie Company, créée par les soeurs McKenzie, qui dut sa fortune aux quantités phénoménales de tartes commandées par les studios, jamais consommées puisque vouées à devenir les accessoires d'un pugilat grotesque. Cette étude comparée de deux essors industriels ? celui des desserts à la crème et du septième art ? fondés sur un non-sens économique et une mécanique du running gag, résume bien la visée de cet essai fictif : prendre à revers l'esprit de sérieux. L'auteur n'en soulève pas moins des questions d'ordre métaphysiques. Prenant au pied de la lettre une phrase attribuée à Stan Laurel ? "On a voulu faire en sorte que chaque tarte ait un sens"?, Senges imagine, sur les plateaux de tournage, le rôle inédit des "significateurs" de tartes... Au terme de cette facétieuse démonstration, c'est la recherche même d'un quelconque "message" dans l'esthétique du burlesque qui finit par être réfutée, au bénéfice d'un éloge de la fuite en avant accidentelle. Le dixième opus de Pierre Senges peut se lire comme un traité de sémiotique gourmande ou un retour aux sources comiques du cinéma muet, mais il est aussi une machine de guerre contre ces significateurs, anciens ou modernes, qui voudraient enfermer chaque oeuvre d'art dans leur grille d'interprétation. Sous des airs loufoques, il finit par prêter à ce lancé de crème fouettée toute sa gravité, au sens propre et figuré, celle d'un "pitre sérieux" conjurant par le rire le non-sens universel.
La réfutation, majeure en effet, est la suivante : il n'existerait pas de Nouveau Monde, découvert par Christophe Colomb. Celui qui avait exigé de se faire appeler « L'Amiral de la mer océane » a-t-il découvert un nouveau monde ou a-il inventé l'Amérique ?Le corps principal de La Réfutation majeure, suivi d'une postface et d'une coda, se présente sous la forme d'une longue lettre adressée par Antonio de Guevara à Charles Quint, dans laquelle il dénonce la croyance en l'existence d'un nouveau continent avec des arguments qui vont des plus sérieux aux plus extravagants.Ce troisième roman, somptueusement écrit, de l'auteur remarqué et salué de Veuves au maquillage et de Ruines-de-Rome (Prix du deuxième roman 2003), vient nous rappeler, avec une pertinente ironie, la passion des hommes pour l'ignorance et cette complexe et éternelle division entre les dupes, les non-dupes et ceux qui se croient non-dupes. "D'aucuns ont entendu parler d'un livre intitulé Refutatio major, faussement attribué à don Antonio de Guevara, dans lequel ledit Antonio prétend qu'il ne peut exister de Nouveau Monde, seulement des chimères & de malveillantes rumeurs & des inventions colportées par quelques intrigants. Ces mêmes personnes affirment que les raisons avancées par ledit Antonio sont fort déconcertantes."Bonaventura d'ArezzoPropos sur les ombres (1531)
Résumé : Le calife Hamidal raffole des brochettes de poulpe grillé. Pour satisfaire sa gourmandise, il lui arrive de se déguiser en cordonnier, de quitter son palais incognito, de courir la ville et d'en engloutir une bonne dizaine. L'escapade n'est pas sans danger. Une nuit, Hamidal se fait dépouiller par trois brigands puis jeter dans les eaux noires du port. Le calife ne sait pas nager. Une jeune femme plonge pour le sauver. Qui est-elle ? Et que fait-elle au milieu de la nuit dans cet endroit mal famé ? C'est une longue histoire...
Pierre Senges est l'auteur, aux Editions Verticales, de trois romans, Veuves au maquillage (2000), Ruines-de-Rome (2002), La réfutation majeure (2004) et de trois récits, notamment Essais fragiles d'aplomb (coll. "Minimales", 2002) et Sort l'assassin, entre le spectre (2006).
Résumé : Franz Kafka a laissé dans ses carnets plusieurs dizaines d'ébauches d'une ou deux Lignes, des incipit suspendus en plein vol qui ne demandaient qu'à être développés plus avant. C'est ce qu'entreprend Pierre Senges dans ce recueil de croquis en s'appropriant ces bouts de textes abandonnés dans le droit fil de leur mystère onirique. Il leur invente une seconde nature, entre digression fantaisiste, déconstruction méthodique et art du récit bref. Comme souvent chez Senges, l'esprit de sérieux et l'humour iconoclaste s'entremêlent, déjouant Les tentations faciles du pastiche. Ses variations personnelles et hypothèses un peu folles rendent un bel hommage à Kafka dont la silhouette, noire sur gris, ne cesse de hanter ces Etudes.
Résumé : Le roman nous plonge dans la Bulgarie communiste de la fin des années 80. A travers le regard d'une fillette de 7 ans, nous découvrons le quotidien "gris clair ou gris foncé" de la dictature. Pour tromper son ennui, la narratrice s'approprie la légende du cosmonaute dont son école honore le nom : Iouri Gagarine. Fascinée par la conquête spatiale soviétique, vantée par son grand-père, communiste émérite, elle se découvre une vocation, ou plutôt une mission secrète : devenir à son tour une héroïne de l'Espace. La chute du mur de Berlin va sonner le glas de ces enfantillages. La gamine qui se préparait à l'envol en Spoutnik déchante à mesure qu'elle découvre l'envers du décor : si ses parents se cachaient des heures entières dans la salle de bain, c'était pour écouter Radio Free Europe en espérant la fin de ce régime honni. Parmi d'autres mensonges déconcertants, elle apprend que le père Gel, alias le Père Noël, n'existe pas ou que Iouri Gagarine ne fut pas le premier homme à s'approcher de la lune? Quelques années plus tard, l'heure de la "Transition démocratique" a sonné. Alors que fleurissent les sex-shops dans son quartier, nous retrouvons notre narratrice en pleine métamorphose adolescente. Depuis qu'elle a entendu, sur des chaînes occidentales, les tubes du groupe Nirvana, sa vision du monde a changé. Résolue à devenir l'égérie d'un groupe de punk-rock, la voilà contrainte de se rabattre sur Grigor, jeune guitariste flegmatique avec lequel elle multiplie les provocations, sans succès. Dégoûtée par le carriérisme fulgurant de son cousin Andreï, devenu un politicien maffieux, elle assiste, impuissante, à l'hospitalisation de son grand-père dont les idéaux trahis virent à la confusion mentale? Ce premier roman sait trouver le ton, décalé, elliptique et nerveux, pour conjuguer l'univers intérieur de l'enfance et les bouleversements de la grande Histoire. L'héroïne, qui doit autant à l'effrontée Zazie qu'à l'intrépide Fifi Brindacier, subvertit avec une naïveté fantasque la langue de bois du totalitarisme et les faux-semblants de la démocratie.
Marianne Rubinstein enseigne l'économie à l'université Denis Diderot Paris-7.4e de couverture : «Parce que le monde me semblait de plus en plus incompréhensible, j'ai décidé de partir pour Detroit (Michigan), symbole de l'ancien capitalisme industriel, mais aussi du nouveau dans ses folies et ses dérèglements (crise des subprimes, désertification urbaine, problèmes écologiques, discriminations, ultra-violence, etc.). Là-bas, j'ai vu les maisons éventrées, les usines et les écoles murées, j'ai écouté des récits de vie, noué des amitiés profondes. C'était aussi pour moi une façon de clore une période de deux ans et demi d'intimité avec le cancer, les opérations, la chimiothérapie. De fait, au fur et à mesure que l'écriture avançait, tout s'est mis à faire écho : mon corps, la ville, le monde. Nous nous trouvions dans un passage étroit et périlleux, un détroit en somme. Nous étions dans une économie de la survie.» Marianne Rubinstein.
«De la masse qu'on formait autour de lui, "avec lui" pour ainsi dire, une main aurait pu s'extraire sans que personne, ensuite, ne soit en mesure de dire qui était au bout, quel bras et quel visage, et elle l'aurait frappé, lui, et ç'aurait été le déclencheur d'autres coups de poing, la curée, le truc pour se vider sur une victime, le bouc émissaire - que nos blessures et nos misères elles changent de camp.» Des châteaux qui brûlent raconte la séquestration d'un secrétaire d'État par les salariés d'un abattoir placé en liquidation judiciaire. Arno Bertina y fait résonner la parole singulière de toutes les forces en présence - comment elles s'affrontent et libèrent des puissances insoupçonnées. Dans le huis clos de l'usine occupée, chacun se découvre du souffle. Ce roman dit les heurts et bonheurs d'une insurrection aujourd'hui.
Résumé : Revenue à Beyrouth en 1994, Maya découvre, au cours du tournage d'un documentaire sur la reconstruction du centre-ville, une sacoche abandonnée dans un immeuble en ruine. A L'intérieur, parmi des photos et documents d'avant la guerre civile, Le journal posthume d'une certaine Noura, journaliste syrienne en exil, et Les lettres d'Istanbul de son amant Kamal. Dès lors, elle se sent investie d'un devoir impérieux : reconstituer l'histoire tragique de ce couple. Son enquête va exhumer de lourds secrets, grâce à Sabah, l'amie de la disparue, mais surtout faire basculer le fragile équilibre de la vie de Maya. Avec cette fresque vibrante, Imane Humaydane révèle l'intrication des oppressions patriarcales, confessionnelles et politiques dans ce Moyen-Orient de la fin du XXe siècle. Un puissant désir d'émancipation féminine s'y déploie envers et contre toutes les formes de barbarie.