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Créatures
Sénéca Roland
FATA MORGANA
21,00 €
Épuisé
EAN :9782377920365
Mon esprit n'est pas suffisamment philosophique pour analyser l'évolution de la pensée. Et puis, peut-être est-ce moins la dégradation qui m'intéresse que la question même de la pensée (ou du dessin). Me posant la question du sens de la phrase de Heidegger : "nous n'avons pas encore commencé à penser". Très jeune, je jalousais l'époque de la Renaissance et de ses grands bouleversements qui avaient trituré, malaxé et redé? ni l'Homme. Mais ce n'était rien par rapport à ce que nous vivons. Nous sommes dans un bain total de désenchantement. Notre désuétude fait mal et nous invite à disparaître. Pourtant ce qui est traqué ici, c'est le point nodal, imaginaire, à partir duquel se décline toute évolution. "On cherche le corps et l'on trouve la pince. On cherche le vivant, et c'est la pierre ou l'arbre fossilisé des forêts carbonifères ou des souvenirs de cromlech. On ne sait si l'homme que l'on croyait connaître y fut d'abord et, pour tout dire, au commencement, ou s'il existe seulement en puissance, pour un avenir repoussé à l'in ? ni. " (Claude louis-Combet) L'univers de Roland Sénéca n'est ni ? guratif ni abstrait, il n'a pas plus de destination que d'origine : timidement le verbe souf ? e un sens sur des formes qui n'ont de compte à rendre qu'à elles-mêmes. Quarante-cinq dessins de l'auteur en pleines pages.
De l'attachement de Roland Sénéca au "désir de corps", Claude Louis-Combet dit ceci : "Sénéca s'applique à la dé? nition du corps humain... Les signes qui individualisent sont éliminés... Il ne reste de l'homme qu'un archétype debout dans l'irrévocable et dont les caractères se déchiffrent à partir de la géologie plutôt qu de l'histoire". A la manière d'une carte de géographie, aussi représentative qu'abstraite, les dessins de Roland Sénéca nous proposent de rentrer dans le corps, minéral et fantasque, d'en jouir l'instant d'un verbe.
Résumé : L'oeuvre picturale qui se déploie dans ces pages est une succession de figures organiques aux silhouettes multiples, amas de matières fibreuses parsemées d'enflures végétales et bestiales. Dans une étreinte charnelle, elles croisent rêve et réel. Le monde des formes convoque cette imagerie anatomique qui, vivante, respire, se dégrade et invente reliefs et surfaces dans sa métamorphose. Le peintre-poète lance une réflexion sur ces formes inspirées du monde : "D'où viennent-elles ? Et surtout qu'ont elles pour être retenues ? ". Pour la première fois, il se confie sur son rapport au visible et à l'imaginaire, définit l'origine de ses compositions jusqu'à dégager une méthode. Amorce d'une méditation ou d'un manifeste, ce volume honore les formes réelles qui, par le passage de l'esprit au geste, deviennent ce qui n'existait pas avant.
Les édi ? ces organiques et le verbe perçant se font face une nouvelle fois : le regard se perd dans les compositions - bribes de vivants, gorgés de fureur, envieux de sérénité - et l'esprit y ef ? eure, grâce aux quelques mots lachés comme des pistes, la précieuse vérité. Si la présence d'aucun des deux n'élucide le mystère de l'autre, ils offrent ensemble un signe neuf à investir, un pas de plus vers le songe. Des dessins la chair explose, jaillit, en amas de ? bres, de bulbes et de racines osseuses, les mots, eux, tiennent de la légèreté, sont un clin d'oeil à la vie, au corps et ses alentours. Cette oeuvre énigmatique, intensément poétique, aspire le lecteur vers l'imaginaire : à chaque page, un dessin et quelques lignes ? nissent de ranimer l'esprit profond, d'en faire surgir l'essentiel.
Au coeur de cette Agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l'écrasement de la civilisation d'oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de ré? exions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent ? : "La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ? ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs".
Trois voyages : l'Andalousie, la Grèce et, tout récemment, l'Egypte, donnent naissance à trois proses qui sont, comme toujours avec Jaccottet, à la fois de poétiques notations d'instants privilégiés et de graves réflexions sur l'univers méditerranéen. Vignette de Pierre Tal Coat.