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Clivages et familles politiques en Europe
Seiler Daniel-Louis
UNIV BRUXELLES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782800415116
Les partis politiques sont nés en Europe et le vieux continent ne cesse de les voir se multiplier et prospérer. Contrairement à ce qu'affirmaient certains politologues, les systèmes de partis n'évoluent pas dans le sens du bipartisme mais vers un multipartisme de plus en plus accentué. Des démocraties apaisées comme la Suisse ou la Suède comptent plus de six partis représentés au sein de leurs parlements respectifs. Même la Grande-Bretagne, modèle de référence du two party system, est passée au multipartisme. Il n'est donc pas surprenant de voir autant de groupes parlementaires siéger au Parlement européen. Semblable diversité s'explique bien sûr par les effets de la crise économique et de la mondialisation mais le multipartisme ne date ni d'hier ni d'avant-hier. Il s'inscrit dans la longue durée de l'Europe, riche en conflits et luttes de factions. Chacun des pays qui la composent possède une culture politique complexe, sorte de mémoire collective qui conserve présente la trace des affrontements du passé. Cependant, ces cultures politiques et les systèmes partisans qu'elles influencent, ne consistent pas une juxtaposition de cas particuliers. En effet, le conflit de classes concerna la quasi-totalité des Nations évoquées tandis que la querelle Eglise/Etat provoquait des effets similaires dans les pays de tradition catholique. De même, l'influence des luttes paysannes se fit sentir de manière analogue en Scandinavie ou dans l'Europe du Centre-Est. Seule la théorie des clivages fondamentaux, proposée en 1967 par Stein Rokkan, permet de démêler l'écheveau embrouillé des systèmes partisans des vieilles démocraties d'Europe. Daniel-Louis Seiler fut l'un des premiers à utiliser les ressources de cette théorie qu'il introduisit dans le monde francophone et que ses travaux contribuèrent à enrichir.
Les partis politiques naquirent et se développèrent au XIXe siècle pour atteindre leur zénith au XXe. Ils eurent partie liée avec les grands totalitarismes qui ensanglantèrent le "Court XXe siècle" et pourtant ils n'en constituent pas moins une condition nécessaire à la démocratie représentative; une démocratie qui, jusqu'à présent, ne peut se passer de leur concours. Ainsi chaque fois que mourut une démocratie, les nouveaux maîtres s'empressèrent de les abolir ou d'en supprimer le pluralisme. En revanche dès qu'apparaissent les prodromes annonciateurs de la naissance ou de la renaissance d'une démocratie, on assiste à une efflorescence de groupes de type partisan: à la Libération jadis, à Madrid naguère, à Prague ou Varsovie plus récemment. Instance fondamentale de la démocratie représentative au XXe siècle, on peut se demander s'ils survivront au XXIe. Ils sont aujourd'hui contestés tant par les nouveaux mouvements sociaux que par les médias et les formes nouvelles de communication électronique; deux phénomènes porteurs de l'éternelle illusion de la démocratie directe. L'ouvrage entend appréhender les partis comme un phénomène social total au sens de Marcel Mauss dans leur histoire comme dans leur dimension sociologique. En premier lieu, il s'agit d'établir, à l'aube du XXIe siècle, une synthèse des connaissances en matière de partis politiques qui soit analogue à celle réalisée par Duverger il y a cinquante ans. En second lieu, l'objectif est de construire une théorie générale des partis politiques dans les régimes représentatifs. Enfin, l'ouvrage présente un tableau comparatif des partis politiques dans les sociétés industrielles occidentales; le terme "occidental" devant s'entendre dans son acception culturelle large, en ce qu'elle inclut les nouvelles démocraties d'Europe centrale.
Résumé : De toutes les familles politiques, les agrariens ou partis paysans sont les plus méconnus. Peu étudiés par les politologues, ils sont quasi absents des médias. L'entre-deux-guerres fut leur âge d'or : ils jouèrent un rôle politique majeur dans certains pays du nord et de l'est de l'Europe et il fut même question à l'époque de créer une internationale verte. L'industrialisation a provoqué leur déclin électoral et organisationnel : leur rôle politique reste non négligeable dans certains pays mais dans d'autres, ils ont disparu du paysage parlementaire. L'ouvrage vise à combler le vide de la littérature sur ces formations partisanes. Il répond à une série de questions : comment expliquer que des partis paysans forts et structurés émergèrent dans certains Etats - jusqu'à participer au gouvernement - mais ne réussirent jamais à percer ailleurs ? Comment évolue le clivage urbain / rural ? Comment ces partis se positionnent-ils sur l'axe gauche / droite ? Quel est leur rapport à la religion ou à l'intégration européenne ? Quel rôle l'industrialisation des sociétés ou les régimes communistes ont-ils joué dans la vie de ces partis ? A partir d'études de cas très contrastés, le livre retrace l'évolution des partis agrariens de l'entre-deux-guerres à nos jours dans les pays scandinaves, les pays germaniques et les pays d'Europe centrale et orientale.
Le slogan féministe des années 1970 "Un enfant quand je veux, si je veux" résonne encore aujourd'hui. Il pose la question de la liberté de choix dans l'espacement des naissances, dans la décision des femmes d'être mère. Il interroge peu le choix de ne pas être mère. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait le choix d'une vie sans enfant. Face à "l'évidence du naturel", devant l'injonction moderne au désir d'enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d'anormales, d'égoïstes. Ne pas avoir d'enfant par choix demeura longtemps un impensé, y compris dans la recherche scientifique. Depuis plusieurs années, des mouvements et des groupes antinatalistes radicaux se font remarquer sur la scène médiatique par des déclarations fracassantes, des happenings ou des événements. Ceux et celles qu'on appelle désormais les "croisés de la dénatalité" se font plus visibles et revendiquent publiquement leur non-désir d'enfant. Ils et elles avancent des arguments démographiques, politiques ou écologiques. En même temps, des essayistes comme Elisabeth Badinter dénoncent une pression croissante pesant sur les femmes pour les inciter à devenir mères et à une renaturalisation de la maternité. Par ailleurs, l'expérience de la maternité elle-même se transforme et se diversifie. Ainsi, des mouvements qui ont longtemps rejeté l'institution de la famille ont récemment demandé d'y avoir accès. On le voit, la maternité et le refus de celle-ci sont au coeur de nombreux débats contemporains. Ce numéro de Sextant interroge ces mouvements et ces débats autour de la non-maternité, en définit les contours et interroge le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Que signifie ne pas être mère aujourd'hui ? Quels jalons et événements ont rendu ce choix possible dans la société d'aujourd'hui ?
Ces dernières années, en Europe, dans le monde musulman, mais aussi en Afrique subsaharienne, les discours visant le pouvoir supposé des francs-maçons et leurs présumées collusions ont à nouveau fleuri. Ces discours s'en prennent au rôle politique ou économique que joueraient la franc-maçonnerie ou les francs-maçons, mais s'inscrivent aussi dans une parole plus large qui vise à dénoncer une conspiration mondiale, voire un principe maléfique transhistorique - mettant à jour des topoi de la rhétorique antimaçonnique classique. Cela s'inscrit dans des sociétés où la dialectique du secret et de la transparence est omniprésente, et où franc-maçonnerie est perçue comme l'expression par excellence d'une supposée culture du secret. S'entremêlent ainsi un antimaçonnisme catholique traditionnel, tantôt politique, tantôt religieux et diabolisateur, qui s'exprime aujourd'hui davantage en Afrique subsaharienne et en Amérique latine qu'en Europe, mais qui sur le vieux continent perpétue le fonds de commerce idéologique de milieux intégristes chrétiens ; un antimaçonnisme politique, porté par des courants populistes ou nationalistes, qui s'évertue à traquer les francs-maçons comme favorisant une domination étrangère (politique, financière) - c'est le cas en Italie et dans plusieurs pays d'Europe centrale, orientale et balkanique ; un antimaçonnisme islamique radical qui puise à l'antisémitisme et à l'antisionisme des différents courants qui le composent ; un antimaçonnisme complotiste enfin, qui s'abreuve au succès des théories conspirationnistes en vogue et se propage viralement sur Internet. Les actualisations de la rhétorique antimaçonnique comme les usages idéologiques qui en sont faits paraissaient dès lors devoir être réinterrogés, vingt-cinq ans après un premier volume consacré aux courants antimaçonniques dans la collection "Problèmes d'histoire des religions" (IV/1993). C'est la triple ambition du présent ouvrage : dresser un état des lieux de l'antimaçonnerie aujourd'hui, et de ses évolutions récentes ; analyser à la fois les accents nouveaux et les reformulations de condamnations anciennes ; examiner des situations peu mises en avant dans la littérature jusqu'ici, telles les formes de l'antimaçonnisme dans les courants émergents du christianisme contemporain ou de l'islam.
Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam. En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible. Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.
Avions de combat, missiles, drones militaires, hélicoptères d'attaque, chars d'assaut, navires de guerre, etc. Pourquoi la France s'arme-t-elle parfois avec l'Europe, par des coopérations, et parfois sans l'Europe, par des programmes "Made in France" ou des importations des Etats-Unis ? Grâce a la conduite de plus de 150 entretiens, ce livre offre une plongée inédite dans la politique française d'acquisition de technologies militaires par laquelle l'Etat peut assurer la défense du territoire national et mener des opérations extérieures. L'auteur suit les ministres de la Défense, les chefs militaires, les ingénieurs de l'armement et les capitaines d'industrie aux manettes de ces décisions qui se comptent en dizaines de milliards d'euros et qui engagent l'Etat pour des décennies. Plus qu'une collusion de la classe dominante, voire un complot du complexe militaro-industriel, ce livre révèle les configurations évolutives des rapports de pouvoir. C'est l'histoire du clash des élites de l'armement.