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MISERE DE L'ANTISIONISME - REPONSE AUX PIEUX DISCIPLES DU GE
SEGRE IVAN
ECLAT
8,00 €
Épuisé
EAN :9782841624645
A la manière d'un aimant, la question d'Israël affole les boussoles de la pensée et inverse une fois encore la vieille dialectique que Marx avait pourtant remise sur ses pieds. Quand il s'agit de critiquer l'impérialisme ou les formes larvées d'un colonialisme revisité, Israël est la cible privilégiée de mouvements les plus divers qui semblent s'accommoder toutefois de formes autrement violentes, autrement insupportables, des pires théocraties, travestis en mouvements de libération nationale. Mais Israël est aussi l'écran de fumée derrière lequel nos démocraties occidentales se livrent aux plus insignes exactions, brandissant le "cancer Israël", qui est à peine un rhume de foin au regard de ce qui se trame, ne serait-ce que dans ce qu'on appelle la Françafrique, avec sa ribambelle de massacres, famines, rapines et corruptions. Se pourrait-il alors que le mal dont souffrent nos penseurs bien-pensants soit une simple allergie aux Juifs, "peuple sûr de lui et dominateur", comme on a pu le dire jadis et naguère ? Ivan Segré remet les choses à leur place et revient sur la célèbre phrase de De Gaulle, qu'il lit dans un contexte plus large qui va de la Guerre des Six jours à la ... guerre du Biafra, où d'importants intérêts étaient en jeu pour la France. Il prône ici un anti-impérialisme qui vise la bonne cible : notre vieil Occident, quand il est sûr de lui et dominateur.
Au croisement de la philosophie, de la sociologie et de la politique, "La Réaction philosémite" est l'analyse d'une modalité contemporaine du discours réactionnaire français. Après les attentats du 11 septembre 2001, est apparu en France et en Europe un courant idéologique renouant explicitement avec le mot d'ordre d'une "défense de l'Occident" tel que l'extrême droite avait pu en élaborer le contenu et la forme dans l'entre-deux-guerres, affirmant alors sa parenté idéologique avec le fascisme italien et l'antisémitisme allemand. La particularité de cet avatar contemporain, c'est, d'une part, qu'il se présente comme une "défense de la démocratie" contre le "totalitarisme" (communiste ou islamique) et, d'autre part, qu'il s'organise, chez certains idéologues français ici étudiés, autour des deux mots d'ordre que sont "la défense du sionisme" et la "lutte contre l'antisémitisme". Ivan Segré démontre que, par-delà ce rhabillage rhétorique, le contenu idéologique demeure pour l'essentiel inchangé, constituant l'invariant d'un discours qu'il convient précisément de qualifier de réactionnaire, en ce sens qu'il ne repose sur aucun contenu de pensée, sinon la peur, notamment du "musulman", du "progressiste" ou des "jeunes" des quartiers populaires. Mais y rôde également, sous-jacente, et plus fondamentale peut-être, une hostilité au philosophe, au penseur en tant que tel, et au peuple juif, en tant que l'un et l'autre affirment, contre la vacuité narcissique des valets d'Empire, la positivité joyeuse de leur être-là. r.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
D'un côté, la révolution néolithique correspond à l'avènement d'un pouvoir qui s'exerce sur le travail humain, l'imperium, d'où procède l'antagonisme entre maîtres et esclaves, oppresseurs et opprimés. De l'autre, elle constitue l'amorce d'un processus d'émancipation, celui par lequel les êtres humains commencent à s'affranchir de l'empire des forces naturelles avec une détermination absolument nouvelle. Certains en ont déduit que la domination de l'homme sur l'homme était une condition de la transformation du monde. Telle est du moins l'idée que véhiculent les mythes des civilisations impériales de l'Antiquité, selon lesquels les humains auraient été créés pour servir les dieux ; celle dont témoignent aussi bien les thuriféraires du capitalisme. Où donc situer le point de rupture avec cette antique justification de la servitude ? Interrogeant, à la suite de Foucault, "la vérité sur ses effets de pouvoir et le pouvoir sur ses discours de vérité" , Ivan Segré situe celui-ci non pas dans l'émergence de la rationalité occidentale, mais dans le récit biblique de la création du monde et de l'humain. Car prise à la lettre, la Bible hébraïque se présente en effet comme un acte de subversion sans précédent des mythes impériaux. Nourri par une connaissance encyclopédique tant de la tradition philosophique que de l'histoire du judaïsme, cet essai propose une exploration inédite de l'injonction anarchique, ou adamique, à destituer le principe de domination.
La singularité du crime nazi dans l'Histoire est aujourd'hui connue sous le nom d' " Auschwitz ". Mais qu'en est-il exactement de cette singularité, qu'en est-il de la pensée de cette singularité ? Le propos de cet ouvrage est d'interroger des textes théoriques contemporains - philosophiques (Philippe Lacoue-Labarthe et Alain Badiou, mais aussi Martin Heidegger et Hannah Arendt), mathématiques (Jean-Yves Girard), psychanalytiques (Daniel Sibony), idéologiques ou antiphilosophiques (Eric Marty, Alain Finkielkraut, Jean-Claude Milner) - dans lesquels est abordée la question de la singularité d' " Auschwitz ".
Depuis la parution de Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt en 1962, le concept central du livre, la « banalité du mal », a fait l?objet de très nombreuses polémiques et discussions, dont les pièces sont données en appendice de ce volume. Mais aujourd?hui, à l?occasion du 50ème anniversaire du procès Eichmann, des historiens, des psychiatres, des écrivains et des philosophes engagent un débat posthume avec l?auteur du « reportage», autour des destins de ce concept, qui a permis de méditer les écrits et dires des exécuteurs et des rescapés, mais n?a pas résolu l?énigme de cette banalisation des bourreaux, qui a transformé ces criminels exterminateurs en « hommes ordinaires ». Comment la banalisation de la « banalité du mal » a-t-elle joué contre le sens de la formule est au coeur de la discussion contemporaine.
Dans les traditions philosophiques occidentales, c'est à la critique développée par la pensée marxiste que l'on doit de pouvoir aborder l'oeuvre de Moses Hess (1812-1875). Pourtant, le "rabbin des communistes", comme on l'a appelé, fut l'un des penseurs du XIXe siècle qui questionna au plus près les conditions de la liberté et de l'égalité sociales, en même temps qu'il ouvrit la voie à l'idée d'un foyer juif en Palestine, où cette liberté et cette égalité se seraient pleinement épanouies. Dans les études juives, la philosophie de Moses Hess est rarement évoquée, si l'on excepte quelques commentaires qui font de lui ce "communiste et sioniste, qui joua un rôle décisif dans le premier mouvement et inventa virtuellement le second". Le livre de Jean-Louis Bertocchi veut porter un éclairage nouveau sur cette oeuvre pionnière et singulière à bien des égards, dont le coeur est bel et bien la discussion serrée, "en accord divergeant", de la pensée de Spinoza, lu attentivement par Marx lui-même, et qui, dans le ciel d'un humanisme juif émancipé et émancipateur, dessine une constellation en perpétuel mouvement, où scintillent tour à tour philosophie, communisme et sionisme.
Yona Friedman est né à Budapest en 1923. Il vit et travaille à Paris depuis 1948. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels: L'Architecture mobile (Casterman, 1970), Pour une architecture scientifique (Belfond, 1971), L'Univers erratique (PUF, 1994). Ses Utopies réalisables, publiées pour la première fois en 1975, ont été rééditées aux édifions de l'éclat en 2000.
Les textes traduits ici constituent un ensemble dont l'essentiel est consacré à définir les règles de l'initiation et de l'éducation spirituelle soufie. Leur portée est avant tout pratique. On peut ainsi mesurer à quel point Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221) fut plus un guide spirituel soucieux de conduire ses disciples jusqu'à leur but, qu'un doctrinaire. Cependant, la pratique du soufisme ne saurait se séparer d'une doctrine d'ensemble qui la fonde et qui l'organise dans la cohérence du discours. On trouvera donc dans ces traités maints éléments qui complètent ce que Najm al-dîn Kubrâ a davantage développé dans Les Eclosions de la beauté et les parfums de la majesté, paru à L'éclat en 2002. Sont traduits ici : Traité pour le fou d'amour ; Traité des dix principes ; Les bons usages des soufis ; Livre des bons usages de l'itinéraire vers la présence ; Traité du voyageur stupéfait ; Traité de la retraite spirituelle ; Conseils pour l'élite ; Réponses aux neuf questions ; Traité de soufisme ; Traité des bons usages des itinérants ; Les voies de la connaissance du manteau mystique ; Traité du navire ; Réponses à quelques questions I et II.