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Les pingouins de l'universel. Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme
Segré Ivan
NOUVELLES LIGNE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782355261695
Au sujet du nom "Israël", bien des prises de position sont crispées, parce qu'irrationnelles. Qu'un nom soit noué à des affects, rien de plus normal, rien de plus commun. Mais la manière dont certains affects prennent le pas sur certaines raisons est parfois singulière, notoirement dans le cas des "juifs" et d'"Israël". Dans Les Pingouins de l'universel. Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme, Ivan Segré s'applique à reprendre le fil historique et politique des raisons : dans une première partie, il aborde la question à partir de l'antijudaïsme antique, puis chrétien, jusqu'à l'antisémitisme moderne. Dans une seconde partie, il aborde l'antisionisme. Il s'agit d'y voir clair, tout simplement. Il importait grandement qu'un livre sobre, réfléchi et cependant résolu apporte des éclaircissements à une question qui ne cesse de cliver, et de cliver bien au-delà, et souvent bien autrement que ne clivent d'autres questions, moins "sensibles" apparemment. La question d'Israël : un sujet en effet "sensible". C'est pourquoi il fallait un livre d'inspiration progressiste (l'auteur dit : "ouvrière") à la fois raisonné, instruit et senti.
Au croisement de la philosophie, de la sociologie et de la politique, "La Réaction philosémite" est l'analyse d'une modalité contemporaine du discours réactionnaire français. Après les attentats du 11 septembre 2001, est apparu en France et en Europe un courant idéologique renouant explicitement avec le mot d'ordre d'une "défense de l'Occident" tel que l'extrême droite avait pu en élaborer le contenu et la forme dans l'entre-deux-guerres, affirmant alors sa parenté idéologique avec le fascisme italien et l'antisémitisme allemand. La particularité de cet avatar contemporain, c'est, d'une part, qu'il se présente comme une "défense de la démocratie" contre le "totalitarisme" (communiste ou islamique) et, d'autre part, qu'il s'organise, chez certains idéologues français ici étudiés, autour des deux mots d'ordre que sont "la défense du sionisme" et la "lutte contre l'antisémitisme". Ivan Segré démontre que, par-delà ce rhabillage rhétorique, le contenu idéologique demeure pour l'essentiel inchangé, constituant l'invariant d'un discours qu'il convient précisément de qualifier de réactionnaire, en ce sens qu'il ne repose sur aucun contenu de pensée, sinon la peur, notamment du "musulman", du "progressiste" ou des "jeunes" des quartiers populaires. Mais y rôde également, sous-jacente, et plus fondamentale peut-être, une hostilité au philosophe, au penseur en tant que tel, et au peuple juif, en tant que l'un et l'autre affirment, contre la vacuité narcissique des valets d'Empire, la positivité joyeuse de leur être-là. r.
Résumé : A la manière d'un aimant, la question d'Israël affole les boussoles de la pensée et inverse une fois encore la vieille dialectique que Marx avait pourtant remise sur ses pieds. Quand il s'agit de critiquer l'impérialisme ou les formes larvées d'un colonialisme revisité, Israël est la cible privilégiée de mouvements les plus divers qui semblent s'accommoder toutefois de formes autrement violentes, autrement insupportables, des pires théocraties, travestis en mouvements de libération nationale. Mais Israël est aussi l'écran de fumée derrière lequel nos démocraties occidentales se livrent aux plus insignes exactions, brandissant le "cancer Israël", qui est à peine un rhume de foin au regard de ce qui se trame, ne serait-ce que dans ce qu'on appelle la Françafrique, avec sa ribambelle de massacres, famines, rapines et corruptions. Se pourrait-il alors que le mal dont souffrent nos penseurs bien-pensants soit une simple allergie aux Juifs, "peuple sûr de lui et dominateur", comme on a pu le dire jadis et naguère ? Ivan Segré remet les choses à leur place et revient sur la célèbre phrase de De Gaulle, qu'il lit dans un contexte plus large qui va de la Guerre des Six jours à la ... guerre du Biafra, où d'importants intérêts étaient en jeu pour la France. Il prône ici un anti-impérialisme qui vise la bonne cible : notre vieil Occident, quand il est sûr de lui et dominateur.
D'un côté, la révolution néolithique correspond à l'avènement d'un pouvoir qui s'exerce sur le travail humain, l'imperium, d'où procède l'antagonisme entre maîtres et esclaves, oppresseurs et opprimés. De l'autre, elle constitue l'amorce d'un processus d'émancipation, celui par lequel les êtres humains commencent à s'affranchir de l'empire des forces naturelles avec une détermination absolument nouvelle. Certains en ont déduit que la domination de l'homme sur l'homme était une condition de la transformation du monde. Telle est du moins l'idée que véhiculent les mythes des civilisations impériales de l'Antiquité, selon lesquels les humains auraient été créés pour servir les dieux ; celle dont témoignent aussi bien les thuriféraires du capitalisme. Où donc situer le point de rupture avec cette antique justification de la servitude ? Interrogeant, à la suite de Foucault, "la vérité sur ses effets de pouvoir et le pouvoir sur ses discours de vérité" , Ivan Segré situe celui-ci non pas dans l'émergence de la rationalité occidentale, mais dans le récit biblique de la création du monde et de l'humain. Car prise à la lettre, la Bible hébraïque se présente en effet comme un acte de subversion sans précédent des mythes impériaux. Nourri par une connaissance encyclopédique tant de la tradition philosophique que de l'histoire du judaïsme, cet essai propose une exploration inédite de l'injonction anarchique, ou adamique, à destituer le principe de domination.
Le judaïsme est-il révolutionnaire ou contre-révolutionnaire ? La question n'a sans doute guère de sens, tant qu'on ne précise pas quel judaïsme et quelle révolution. Mais de fait, depuis une trentaine d'années, la référence au judaïsme nourrit un fort courant idéologique visant à disqualifier la pensée révolutionnaire, qu'on l'entende au sens d'une "radicalité de gauche", d'un progressisme ou d'une politique d'émancipation. Il importait donc de poser la question : qu'en est-il des rapports du judaïsme à la révolution comme à la contre-révolution ? Ivan Segré répond que le judaïsme, depuis l'origine, est divisé en deux orientations : l'une est littéraliste et contre-révolutionnaire, l'autre est dialectique et révolutionnaire. Abordant conjointement les textes de la tradition juive et ceux de la modernité philosophique et politique, il fait apparaître des convergences inattendues, des contradictions secrètes, des évidences inouïes. Dans Judaïsme et révolution, Ivan Segré relance le nom "juif" du côté de la singularité universelle et de la pensée émancipatrice.
Le présent volume présente l'inventaire, composé et commenté par Félix Guattari, des soixante-cinq rêves présents dans le Journal et les correspondances de Kafka, ainsi que de plusieurs textes rares ou inédits sur l'oeuvre de celui-ci. Ultérieurs à la publication (avec Gilles Deleuze) de Kafka. Pour une littérature mineure (Éditions de Minuit, 1975), ils témoignent de la passion inchangée de Félix Guattari pour l'une des oeuvres majeures du XXe siècle.
La mode a fait de l'inauthentique l'espace de ses expérimentations. Lorsqu'ils véhiculent les codes de la frivolité, créateurs et top-modèles le font en conscience, et se posent en sujets d'énonciation à part entière. L'examen du "phénomène de mode" fait apparaître la relation étroite qu'il entretient avec les motifs fondamentaux de la représentation occidentale : un platonisme "hétérodoxe" et une "inversion paradoxale de l'incarnation", entendue en son sens religieux.
Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou . . Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logique des mondes (Le Seuil, 2006). Le présent volume est le quatrième de la série Circonstances , dans la collection Lignes.
Alain Gauthier enseigne la sociologie à Paris-Dauphine. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont: L'impact de l'image (L'Harmattan, 1993); Du visible au visuel (PUF, 1996); Désastre politique (Lignes & Manifeste, 2003) et L'art de ne pas se souvenir (Sens & Tonka, 2006).