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Sociologie des dirigeants de presse
Sedel Julie
LA DECOUVERTE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782348067969
Rachat de médias, constitution d'oligopoles, disparition de titres historiques, création de nouveaux supports, pouvoir de concentration des Gafam, transformation des pratiques de consommation des actualités : le paysage médiatique est confronté à de profonds bouleversements. Paradoxalement, alors qu'ils sont au centre de décisions stratégiques, les dirigeants de presse sont peu présents dans la littérature académique. Qui sont les dirigeants de presse nationale en France et d'où viennent-ils ? Quelles tâches accomplissent-ils une fois en poste ? Sont-ils de simples marionnettes au service des actionnaires ? Quelles relations entretiennent-ils avec les rédactions ? L'objectif de ce livre est de donner des clés pour comprendre cette profession au carrefour de l'entreprise, de l'Etat, du journalisme, de l'édition, des champs politique, militant, intellectuel et culturel.
Quel rôle les journalistes jouent-ils dans la mise sur agenda des problèmes publics ? A travers l'exemple du " problème des banlieues ", ce livre se propose d'y répondre. Après avoir présenté, sur la base de recherches dans les archives audiovisuelles et écrites, l'évolution des visions journalistiques et politiques des grands ensembles d'habitat social de la périphérie des villes, des années 1960 à 2000, l'ouvrage laisse place à l'enquête sociologique. Menée dans deux grands ensembles de banlieue parisienne et dans les rédactions, auprès des journalistes préposés aux sujets " banlieues ", elle montre que la construction de ces espaces urbains et de leurs habitants comme " problème social " tient tout à la fois aux caractéristiques de ces univers, aux logiques de fonctionnement journalistique, ainsi qu'à la façon dont les acteurs engagés autour du " problème " (ministères, responsables politiques, élus locaux, travailleurs sociaux, habitants...) tentent de peser sur l'événement. Depuis les années 1980, les quartiers HLM comme le champ journalistique ont connu des transformations majeures : dégradation des conditions de vie, affirmation des logiques de défense du territoire et de l'honneur ; montée des logiques commerciales, promotion d'un journalisme " professionnel " sur un journalisme plus engagé et/ou spécialisé. Parallèlement, la multiplication de reportages jugés stigmatisant, a conduit des mairies, des associations à mettre en place des " spécialistes de la dramatisation " chargés de produire une certaine représentation, publique, de ces quartiers. Pointant les limites (et les impensés) de ces luttes symboliques, le livre souligne la difficulté pour les groupes dominés d'infléchir le cours des représentations.
Corporation peu étudiée par la sociologie, les patrons des médias ne l'ont été que lorsqu'ils étaient d'anciens journalistes à forte notoriété. Julie Sedel, qui dirige ce dossier, propose de considérer le management des médias comme un "espace carrefour" entre des univers pas toujours sécants. Décrivant finement les trajectoires des dirigeants des organes de presse, elle montre que le profil du journaliste sorti du rang est supplanté par celui l'entrepreneur managérial issu de l'entreprise privée ou de la haute fonction publique. L'observation, par Ivan Chupin, des transformations qu'a connues le fameux Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, CFPJ, confirme l'hypothèse de l'avènement d'un modèle entrepreneurial des métiers du journalisme. Enfin, l'entretien avec le sociologue américain des médias Rodney Benson, conduit par Eric Darras, discute et relativise le processus de concentration des médias aux Etats-Unis, tout en évoquant la situation européenne. Hors dossier, l'article de Haude Rivoal interroge les représentations professionnelles associées à la masculinité et à la virilité dans les métiers de la logistique à partir d'une étude de cas, et celui de Véronique Marchand analyse le rôle du rire et de la plaisanterie comme modalités principales de communication par les commerçants des marchés de Roubaix pour montrer que le rire sert de médiation dans les rapports de pouvoirs.
Les médias, lorsqu'ils traitent des quartiers défavorisés de banlieue, accordent une place prépondérante aux faits divers violents. Pourquoi cette focalisation qui donne une image négative de ces lieux? Comment ceux qui sont sur le terrain réagissent-ils? Ce livre se propose d'y répondre en analysant les évolutions de ces grands ensembles d'habitat social, les transformations du fonctionnement journalistique et la façon dont les acteurs locaux tentent de peser sur l'événement. Depuis les années 1980, le champ journalistique comme les quartiers HLM ont connu des transformations majeures: montée des logiques commerciales, promotion d'un journalisme professionnel sur un journalisme plus engagé et/ou spécialisé, pour le premier; dégradation des conditions de vie, et, pour une fraction de la jeunesse, affirmation des logiques de défense du territoire et de l'honneur. Parallèlement, la médiatisation des quartiers sous un angle jugé stigmatisant a conduit des mairies et des associations de banlieues à mettre en place des "spécialistes de la dramatisation" chargés de produire une certaine représentation de ces quartiers à l'attention des journalistes. Mais quelles sont les limites (et les impensés) de ces luttes symboliques? Biographie de l'auteur Julie Sedel est docteure en sociologie de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris). Le jury du Prix de la recherche de l'Inathèque lui a attribué une mention spéciale pour sa thèse dont ce livre est tiré. Elle organise depuis 2008 un atelier sur le journalisme au Centre de sociologie européenne (CNRS-EHESS). Elle a notamment travaillé sur les transformations du quotidien Le Monde.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !