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La ville des riches et la ville des pauvres. Urbanisme et inégalités
Secchi Bernardo ; Logoz Marc
METISPRESSES
14,00 €
Épuisé
EAN :9782940406906
Le creusement des inégalités sociales est un des défis majeurs du 21e siècle. En saisir les causes réclame toutefois de dépasser la seule grille d?analyse économique et d?appréhender ce creusement dans le lieu de son inscription la plus concrète, la ville. Considérée depuis tout temps comme l?espace de l?intégration sociale et culturelle, la ville a également été, tout au long de son histoire, le théâtre de stratégies de distinction de plus en plus complexes. Les gates communities cernées de favelas, pour extrême que soit cet exemple, en sont la matérialisation actuelle la plus significative. Influencées par la double rhétorique de la sécurité et de la différence et guidées par le marché et sa rationalité unilatérale, les stratégies de distinction contemporaines impriment leurs marques au coeur de l?espace urbain : de sociales, les inégalités deviennent spatiales, et toutes deux, se renforçant mutuellement, favorisent des régimes de ségrégation territoriale dévastateurs. Les urbanistes portent, selon Bernardo Secchi, de lourdes responsabilités quant à cette dérive. Il livre dans cet ouvrage une réflexion lucide et claire sur l?histoire et les mutations récentes de la ville et avance des solutions pour faire face à ce qu?il nomme la " nouvelle question urbaine ". Il plaide pour une ville poreuse, perméable et accessible. Son projet se veut ambitieux : il doit tenir compte des qualités des villes qui nous ont précédés et donner forme à une nouvelle conception du collectif.
La ville du vingtième siècle n'est pas l'ouvrage d'un historien. Si le souci d'un découpage historique pertinent est annoncé dans l'introduction, l'identification de grandes périodes n'est pas la priorité de l'auteur:«Ce livre n'est pas et ne veut pas être le récit des événements du XXe siècle qui concernent la ville [...]; ce n'est pas non plus un ouvrage de vulgarisation, mais l'exposition de plusieurs hypothèses qui ont mûri en observant les archives de faits et de récits dont l'ampleur est celle que permet une expérience personnelle.»Ce sont en effet ces hypothèses, représentations intellectuelles du fait urbain, qui structurent l'ouvrage. Trois récits qui fournissent à l'auteur des clefs de lecture de la ville du XXe siècle, de ses périodisations et des principaux projets qui l'ont concerné.Le premier porte sur l'expansion et la dissolution de la ville, histoire d'une peur et d'une attente de la disparition du fait urbain dans l'urbanisation totale du territoire.Le second concerne la fin de la ville moderne et avec elle l'idée que la construction de la ville puisse faire partie d'un plus vaste projet d'édification d'une nouvelle société, ou même d'un «homme nouveau».Le troisième est celui des aspects matériels du Welfare, c'est-à-dire «d'une recherche patiente des dimensions physiques et concrètes du bien-être individuel et collectif.»L'ouvrage comprend alors trois chapitres thématiques, illustrés par des exemples dont chacun éclaire les intentions de l'auteur - Les Hauts de Rouen, Milton Keynes et NWMA. Ces projets de transformation ou de création de grands territoires tiennent lieu de contrepoint à une réflexion plus vaste sur la ville du XXe siècle.Bernardo Secchi enseigne l'Urbanisme à l'IUAV de Venise. Il a étudié et conçu des plans et des projets pour Sienne, Bergame, Prato, Pesaro, Brescia, Genève, Marseille, Rennes, Rouen et Anvers. En qualité de participant à la consultation internationale pour le Grand Paris, il a été invité à réfléchir sur le futur de l'agglomération parisienne. Il est l'auteur de Squilibri regionali e sviluppo economico (Déséquilibres régionaux et développement économique), Marsilio, 1974; Il Racconto urbanistico (Le récit de l'urbanisme), Einaudi, 1984; Prima lezione di urbanistica, Laterza, 2000 (Première leçon d'urbanisme, Parenthèses, 2005), et de nombreux essais publiés dans les revues d'architecture et d'urbanisme.
L'Akouter est une fiction. Elle trouve ses racines dans le Hoggar, à l'aube du siècle passé, et déroule ses artifices jusqu'à nos jours. Les Touaregs en sont les principaux acteurs. La légende veut que la fondatrice de leur peuple soit une femme, la reine Tin-Hinan, leur "mère à tous". Ce sont des nomades. Ils vivent à l'abri des montagnes et leurs mœurs sont étranges. Les hommes sont voilés, pas les femmes. On les dit poètes à leurs heures ; ils ont des cours d'amour. On les dit pillards. Ils se battent avec la lance et l'épée. Ils sont invincibles. Un jour, les militaires français mettent un terme à leur suprématie. Bousculée, la légende vacille sur son assise. Le doute germe dans les esprits. Un événement hors du commun vient de porter atteinte à l'ordre des choses... Les protagonistes de cette fiction ne sont, en rien, des héros mythiques incarnant les valeurs propres à un peuple, mais simplement des êtres à la dimension humaine. "... Ainsi, des cœurs sensibles battaient sous la carapace des tuniques aux couleurs de la nuit. Les farouches Touaregs n'étaient, en fait, que des pasteurs à la vie simple, et dont la tenue aussi majestueuse qu'elle ait été, cachait aux regards, des êtres humains, avec leur cortège de courage, de loyauté, de tendresse, mais aussi de faiblesses et de turpitudes... "
Dans les tribus nomades du Sahara, la femme Touarègue joue un rôle primordial dans sa société. De toutes les femmes africaines c'est sans doute elle qui a le plus de liberté. Au fil d'une vie, dans un campement du Sahel nigérien, avec la naissance, l'enfance, le mariage, la maturité, la vieillesse, nous découvrons son incontestable autorité. Cet ouvrage est un hymne d'amour et de poésie pour une ethnie qui ne doit pas disparaître et dont la femme est le symbole d'espérance.
Cet ouvrage n'est pas un traité d'urbanisme: il s'inscrit dans une tradition qui, en langue française, s'est ouverte avec les Introduction à l'urbanisme d'un Marcel Poëte ou d'un Pierre Lavedan. Le renouvellement de la réflexion est évident. Cette initiation à l'urbanisme s'inspire non seulement des disciplines classiques mais de celles qui se sont épanouies dans les dernières décennies: sciences du langage et des signes, archéologie du savoir, anthropologie et même musicologie. Métaphore mais surtout analogie placent ainsi l'urbanisme à un carrefour de savoirs et de savoir-faire. La périodisation historique proposée par l'auteur est originale. L'histoire de l'urbanisme, à la fois reflet et moteur de l'histoire urbaine, s'enracine dans la modernité depuis la Renaissance: long parcours aux avatars multiples, dont le court XXe siècle marque à la fois le chant du cygne et la désagrégation. Ainsi passe-t-on à la ville contemporaine, la sprawl city, mais qui est loin de s'établir en table rase. Quels sont les effets de cette mutation sur les modes d'intervention de l'urbaniste, sur sa culture, sur sa philosophie même? Car il ne s'agit pas seulement de répondre aux caractères de la ville contemporaine mais d'en engager l'avenir. C'est le sens de la notion de projet. Pour Bernardo Secchi, l'urbaniste reste un auteur: au-delà des savoirs et des savoir-faire ne doit-il pas respecter une déontologie?
A presque un siècle de la Déclaration de La Sarraz, acte fondateur des Congrès internationaux d'architecture moderne et, par extension, de l'urbanisme moderne, des questions nouvelles se posent pour le futur d'une planète majoritairement urbaine. Largement connue et en partie justifiée, la critique à l'égard des principes des CIAM, des projets et des résultats concrets en découlant n'a jamais suffisamment tenu compte de leur décalage avec les défis environnementaux et sociaux de la ville contemporaine. Conçu pour atteindre des objectifs d'émancipation sociale, le cadre urbain des derniers cent ans se doit d'être évalué quant à sa résilience face aux crises écologiques qui s'annoncent. En somme, quid de la ville moderne en tant que relais entre la première modernité et le projet de transition écologique ? Cet ouvrage aborde cette problématique aussi bien sous un angle théorique et critique, qu'à travers l'étude de l'évolution de la ville moderne dans son épicentre géographique européen et en dehors de celui-ci. Des thèmes de recherche originaux sont ainsi esquissés entre visions globales et cas d'étude, diagnostics et prospectives, en reconstituant les trajectoires d'éminentes personnalités et de collectifs dynamiques. Il s'en dégage une aporie disciplinaire saisissante, celle de la trajectoire prise par la ville du 20e siècle, sans doute prometteuse pour les individus, mais fort ambiguë pour les communautés et certainement trop exigeante pour la biosphère.