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La ville du vingtième siècle
Secchi Bernardo ; Grillet-Aubert Anne
RECHERCHES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782862220642
La ville du vingtième siècle n'est pas l'ouvrage d'un historien. Si le souci d'un découpage historique pertinent est annoncé dans l'introduction, l'identification de grandes périodes n'est pas la priorité de l'auteur:«Ce livre n'est pas et ne veut pas être le récit des événements du XXe siècle qui concernent la ville [...]; ce n'est pas non plus un ouvrage de vulgarisation, mais l'exposition de plusieurs hypothèses qui ont mûri en observant les archives de faits et de récits dont l'ampleur est celle que permet une expérience personnelle.»Ce sont en effet ces hypothèses, représentations intellectuelles du fait urbain, qui structurent l'ouvrage. Trois récits qui fournissent à l'auteur des clefs de lecture de la ville du XXe siècle, de ses périodisations et des principaux projets qui l'ont concerné.Le premier porte sur l'expansion et la dissolution de la ville, histoire d'une peur et d'une attente de la disparition du fait urbain dans l'urbanisation totale du territoire.Le second concerne la fin de la ville moderne et avec elle l'idée que la construction de la ville puisse faire partie d'un plus vaste projet d'édification d'une nouvelle société, ou même d'un «homme nouveau».Le troisième est celui des aspects matériels du Welfare, c'est-à-dire «d'une recherche patiente des dimensions physiques et concrètes du bien-être individuel et collectif.»L'ouvrage comprend alors trois chapitres thématiques, illustrés par des exemples dont chacun éclaire les intentions de l'auteur - Les Hauts de Rouen, Milton Keynes et NWMA. Ces projets de transformation ou de création de grands territoires tiennent lieu de contrepoint à une réflexion plus vaste sur la ville du XXe siècle.Bernardo Secchi enseigne l'Urbanisme à l'IUAV de Venise. Il a étudié et conçu des plans et des projets pour Sienne, Bergame, Prato, Pesaro, Brescia, Genève, Marseille, Rennes, Rouen et Anvers. En qualité de participant à la consultation internationale pour le Grand Paris, il a été invité à réfléchir sur le futur de l'agglomération parisienne. Il est l'auteur de Squilibri regionali e sviluppo economico (Déséquilibres régionaux et développement économique), Marsilio, 1974; Il Racconto urbanistico (Le récit de l'urbanisme), Einaudi, 1984; Prima lezione di urbanistica, Laterza, 2000 (Première leçon d'urbanisme, Parenthèses, 2005), et de nombreux essais publiés dans les revues d'architecture et d'urbanisme.
Guardi, Canaletto et autres artistes du XVIIIe siècle se sont attachés à peindre toutes les facettes de leur ville. Près de trois siècles plus tard, Alain Vircondelet, un des plus grands historiens de Venise s'adonne à une comparaison passionnante entre les photos de la ville d'aujourd'hui et les tableaux de celle d'hier. Douze circuits sont ainsi proposés au lecteur et commentés par l'auteur. Un guide de Venise passionnant en pleine actualité de l'exposition dédiée à Canaletto au Musée Maillol.
Ville, race et travail? Comment bâtir des villes de travail, des villes au travail ? Qu'est-ce qu'une spatialité eugénique ? Comment forger une race de travailleurs (entendez tout autre chose qu'un prolétariat) ? Ces questions incandescentes posées par le XIXe siècle, cet âge de la mise au travail en masse, puis portées au fronton des "civilisations concentrationnaires ", nous traversent de part en part. Voyez Orwell, voyez Zamiatine. Â l'horizon de l'État, de tout l'État, un Taylorisme agrandi, étendu, ainsi que le décrivait l'auteur de Nous autres, "à toute la vie, à chaque pas, à chaque mouvement ", intégrant les vingt-quatre heures de la journée. Apprendre à travailler, voilà le leitmotiv de ce temps ; les camps de travail forcé n'en sont que la forme condensée. Peut-être alors comprendra-t-on que, de même que la cité minière ne devait son existence qu'à tenter sans trêve, inlassablement, de former une race de mineurs, la " ville industrielle " ne puisse être et durer sans cette recherche d'un homme nouveau, qu'après Musil, nous nommons "le petit travailleur infatigable ". La ville de santé, de travail et de bien-être ne se pense pas dans la catégorie du prolétaire, mais dans celle de l'homme nouveau : plus qu'un modelage somatique, plus qu'un dressage moral (" une moralisation "), une eugénique de la force de travail.
La transformation de la psychanalyse en composante essentielle de l'ordre social ne justifie pas le renoncement à toute analyse de l'inconscient ; non plus que les impasses des mouvements révolutionnaires la désertion généralisée du politique. En finir avec la dictature du cogito, accepter que des agencements matériels, biologiques, sociaux, soient capables de " machiner " leur propre sort et de créer des univers complexes hétérogènes : telles sont les conditions qui devraient permettre de comprendre comment le désir le plus intime peut communiquer avec le champ social.
Les historiens et sociologues nous ont appris à situer la famille par rapport à la ville. C'est un moment de l'histoire famille/ville que Richard Sennett étudie à Chicago ". Dans ce quartier de Union Park touché par le développement urbain, Richard Sennett analyse les interactions de la vie urbaine, de la structure familiale et du vécu professionnel. Cette étude exhaustive des familles d'un quartier, où l'ordinateur sert à la fois le sociologue et l'historien, montre que, contrairement à une opinion largement répandue des deux côtés de l'Atlantique, la famille intense de type nucléaire, forme dominante d'organisation sociale, qui succède à Union Park à une famille étendue et ouverte sur la ville, n'est pas la mieux adaptée aux contraintes de la société.