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Temps et Roman
Schnyder Peter
ORIZONS
32,00 €
Épuisé
EAN :9782296038141
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le présent ouvrage examine à la lumière de la littérature et de l'histoire européennes deux notions-clés : le seuil et le rite. On a déjà perçu leur efficacité quand on a abordé les phénomènes interculturels, transculturels et lorsqu'on s'est efforcé de dépasser les logiques d'exclusion. Nous proposons donc ici une approche littéraire, linguistique, historique, psychanalytique, sociologique. De Gilgamesh à John Milton et à Sade, des Mystères d' Eleusis à Heiner Müller et à Thomas Bernhard — sans négliger D.H. Lawrence, C. F. Ramuz ou Dino Buzzati, etc. — ces études invitent le lecteur à de nombreuses traversées du seuil et au récit de bien des rites (passés ou présents) : autant de contributions qui aident à comprendre comment fonctionne ce que nous avons de plus précieux : la culture.
Cet ouvrage propose un panorama de la survie des mythes antiques : roman, théâtre, poésie et cinéma, peinture, musique, réflexion théorique sur la constante métamorphose du matériau mythique. Visites du cadastre : manifestations primitives, avatars anciens et récents, nouvelles interprétations. L'articulation de l'ensemble est thématique et chronologique : de Jupiter et Hélios à Mithra le tauroctone, de Psyché à Hermaphrodite, du gracieux Adonis au courageux saint Sébastien. Visites des " laboratoires " du mythe que furent le Moyen Âge, la Renaissance, les siècles suivants, et surtout le XXe siècle. L'étude de noyaux mythiques, redéployés avec un grand art du détail, permet au lecteur de ressentir cette jubilation constante que renferme le travail sur le mythe.
Salué à ses débuts par Mallarmé et dans sa vieillesse par Jean-Paul Sartre, André Gide (1869-1951) a longtemps été un clandestin des lettres françaises. On comprend que le lecteur contemporain ait été un peu perdu devant une oeuvre protéiforme, difficile à saisir, s'écartant des genres traditionnels et qui, au travers d'une exploration formelle, s'attaqua à bien des tabous. Or, Gide n'a pas simplement cherché à écrire des livres. Il a mis sa vie entière au service d'une oeuvre qui se devait de refléter les questions morales d'une société, mais aussi de les critiquer. Auteur engagé avant la lettre, sa morale est contenue dans l'art, dans l'oeuvre d'art. Une phrase incorrecte le faisait sursauter. Vieil homme, il n'avait pas peur de mourir, mais d'écrire des phrases grammaticalement incorrectes. Jeune homme, il avait fait sien le mot des Ecritures : " C'est à ses fruits que l'on reconnaîtra l'arbre. " Dans une approche ternaire (Ecriture - Littérature - Culture), les neuf études ici réunies essaient de déterminer pourquoi ses fruits restent si savoureux, l'arbre si verdoyant.
Gustave Roud (1897-1976) est une des grandes voix de la poésie romande, l'équivalent de ce que Charles-Ferdinand Ramuz a été pour le roman. A ses textes en prose, d'Adieu à Requiem, de L'Essai pour un paradis à Air de la solitude ou Campagne perdue, s'ajoute une oeuvre de traducteur remarquable par sa qualité (Hölderlin, Novalis, Rilke, Trakl). Roud a influencé bien des poètes romands : Anne Perrier, Maurice Chappaz, Jacques Chessex, Philippe Jaccottet et Pierre-Alain Tâche qui donne, dans cet ouvrage, un témoignage inédit : " Visites d'un jeune poète à Gustave Roud ", complété par des extraits du Journal inédit de Roud. Le mérite de Gustave Roud tient à une transposition poétique perpendiculaire au moment vécu. Elle se fait par le recours à une langue mélodieuse, charnelle, tendue vers un équilibre phonétique aux contours arrondis, mais traversée de tensions extrêmes, de brisures, de constantes mises en question. Au travers des approches variées, signées des meilleurs spécialistes de Roud et de plusieurs jeunes chercheurs - français et suisses -, le présent volume montre en quoi ce poète, enraciné dans sa campagne vaudoise (que le promeneur impénitent ne cesse d'évoquer avec finesse et tendresse), dépasse le chant de sa terre et de son pays, pour rejoindre les grandes voix poétiques de tous temps.
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace sous forme de chronique l'histoire de sa famille - de l'arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, vers le milieu du 19e siècle, au départ d'Algérie de sa famille en 1961. On y trouve des morceaux d'histoire captés par l'enfant et la jeune fille. Dans la deuxième partie, la narratrice retrace la relation d'une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C'est aussi une expérience intérieure: les contingences et les interrogations en articulant la trame. Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son époux défunt. Et avec émotion, elle lui fait dire ce qu'il s'est obstiné à taire. Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne d'un itinéraire et de l'acclimatation d'une famille, arrachée à son lieu d'origine par al guerre. C'est aussi un document sur la migration et l'intégration des juifs d'Algérie sur le territoire métropolitain. Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO, dit en quoi Les deux pères transcende le simple récit autobiographique.
Naïf et subjugué, le narrateur de La pierre à boire est un raporta au village ; le premier a s'être agrégé, venu d'ailleurs. Les lieux qu'il traverse lui procurent mille occasions d'attiser ses passions ordinaires pour les paysages décousus, les mégalithes, les fontaines et les créatures qui semblent les hanter. " Pays d'oïl, Pays d'oc ", c'est une curieuse façon de dire, aujourd'hui, mais ce rêveur de langage, saute-frontière, dit curieusement les choses ou les laisse dire par la mention des couleurs, les titres des livres, les découvertes d'anagrammes et de langues perdues. Les lieux-dits acheminent les récits, croit-il...
De 1886 à 1914 paraissent les Archives d'anthropologie criminelle qui veulent révolutionner la notion de criminalité (école française de Lacassagne contre école italienne de Lombroso). Les débats sur l'homosexualité y sont particulièrement importants tout en donnant un aperçu sur la conception typiquement fin-de-siècle de cette sensibilité, ils mettent en avant la personnalité toute littéraire de Marc-André Raffalovich qui tenta de devenir le Magnus Hirschfeld français.