Expérience des limites, épreuve de la rationalité, surgissement des profondeurs de l'inconscient, le fantôme est tout cela. Mais il est aussi un fabuleux espace de liberté et de création. De la scène grecque aux écrans contemporains, des écrits sacrés aux romans de la modernité, des sciences de l'esprit à la médecine de l'âme, la vision fantomatique exerce une fascination qui ne laisse pas même les sceptiques indifférents. Le fantôme n'est jamais un simple ornement ou une présence de circonstance : il est ce par quoi se révèle l'essentiel ; le moment où, l'air de rien, tout se dit, tout se joue, tout se montre. Tout l'humain est là, dans son rapport à la mort, dans son désir de voir et de comprendre, dans ses attentes et ses craintes. Parce que ce terrain d'enquête défie les frontières disciplinaires, ce volume fait dialoguer études théâtrales, arts visuels, cinéma, littérature, anthropologie, histoire et psychologie, au travers de vingt-six études qui soulignent la grande cohérence des enjeux de la vision fantomatique dans les cultures occidentales.
Résumé : Chaque jour, de plus en plus de gens font davantage attention à ce qu'ils consomment, à l'environnement dans lequel ils évoluent et à la pratique d'activités bonnes pour la santé comme l'exercice physique, mais ils ne consacrent pas encore assez de temps au bien-être de leurs yeux. Voilà le but de ce livre : nous aider à garder notre vue en bonne santé ou à la corriger, pour améliorer notre vie en termes de qualité et de durée. Les bonnes habitudes que vous consoliderez, en suivant les conseils décrits dans cet ouvrage, seront les lignes directrices dont vous avez besoin. Les exercices de ce livre visent à vous aider à créer une routine de base, fondamentalement saine, que vous pouvez introduire immédiatement dans votre vie. Pour ceux qui ont une excellente vue, supérieure même à dix dixièmes, le moment est venu d'adopter des habitudes simples et bonnes, pour vous assurer une vue extraordinaire aussi longtemps que possible.
Louise et Juliette sont inséparables. Mais, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, les deux s?urs vont se retrouver dans des camps opposés. Louise a épousé Charles, un brillant intellectuel juif, directeur d'un journal. Le couple doit changer de nom, abandonner ses biens et se réfugier en zone libre avec ses cinq enfants. Juliette, elle, est la femme d'un préfet qui a choisi la collaboration. Tandis qu'à Megève Louise s'engage dans la Résistance et vit dans la peur des dénonciations, Juliette découvre la vie mondaine, bien loin des horreurs de la guerre. Pour ne pas rompre le fil fragile de leur amour, elles s'écrivent des lettres bouleversantes, tentent de ne pas se juger. Mais qu?arrivera-t-il après la guerre? D?une plume alerte, sur fond d?exode, de traque et d?antisémitisme, elle brosse le portrait de ces deux femmes dont les déchirements n?ont en rien altéré l?amour qu?elles se portaient. Magnifique tout simplement. Michel Primault, Femme actuelle.
Schneider Wolfgang ; Teissier Catherine ; Butel Ya
Dans le contexte d'un débat particulièrement animé actuellement en Allemagne sur les politiques publiques et le soutien aux différents dispositifs et acteurs de la culture : musées, théâtres, événements transversaux tels que les capitales européennes de la culture, W. Schneider se livre à une défense et illustration de ce qu'est et ce que devrait être une politique culturelle au service d'un accès du plus grand nombre à la culture. Dans ce cadre, la réflexion sur le droit à la culture et aux pratiques culturelles est engagée sur plusieurs plans : retour sur la question de fond de la culture pour tous d'une part, appel à un engagement renouvelé mais aussi innovant des acteurs publics d'autre part. L'ouvrage s'adresse à tous les lecteurs curieux des problématiques culturelles, qu'il s'agisse de la médiation culturelle ou des enjeux des politiques publiques pour le développement de l'usage de la culture.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.