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Gracchus Babeuf pour le bonheur commun
Schiappa Jean-Marc
SPARTACUS
15,00 €
Épuisé
EAN :9791094106136
Pourquoi une nouvelle biographie de Babeuf ? Depuis la fin du XIXe siècle, bien des documents ont été mis au jour et bien des travaux ont paru pour éclairer la Conjuration des Egaux, également dite Conjuration de Babeuf, vue par beaucoup comme le dernier soubresaut de la période populaire de la Révolution. Depuis plus de trente ans, certains historiens, dont Jean-Marc Schiappa, ont éclairci de nombreux aspects restés dans l’ombre de la vie de François-Noël Babeuf en élargissant et en approfondissant le champ des investigations. Paradoxalement, ces travaux, de nature essentiellement universitaire, n’ont pas suffi à dissiper les éléments de légende que son martyr même a créé autour de Babeuf et perdurent dans des livres récents, ni les extrapolations de sa doctrine lui donnant une portée qu’elle ne pouvait avoir. Sous une forme ramassée, mais qui lui permet cependant de retracer précisément toute son existence en la mettant dans son contexte, Jean-Marc Schiappa donne aussi la parole à Babeuf dont le style conserve une force étonnante. Sans ignorer les zones d’ombre dans le parcours de ce révolutionnaire, il restitue sa voix et sa conviction : que la Révolution ne pouvait trouver son aboutissement que dans une société où règnerait l’égalité des biens et des travaux.
Cette nouvelle biographie, plus scientifique, selon l'auteur, que les précédentes qui "hésitaient entre le pamphlet, l'histoire et le pamphlet politique" , s'appuie sur de récentes avancées historiographiques sur la vie de Babeuf et sur son rôle lors de la Conjuration des Egaux, écrasée par le Directoire en 1797. En replaçant le parcours de Babeuf et de ses compagnons dans le contexte social, économique et politique (l'Ancien Régime d'abord, la Révolution ensuite) dans lequel ils vécurent, cet ouvrage permet de saisir les enjeux d'un épisode fondamental de l'histoire contemporaine. Enseignant en histoire, docteur diplômé de l'IHESS et de la Sorbonne, Jean-Marc Schiappa est un spécialiste de la Révolution française. Il a fait paraître plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Buonarroti, l'Inoxydable en 2008 aux Editions libertaires. Il participe à la réédition du livre de Ph. Buonarroti, La Conspiration pour l'Egalité, dite de Babeuf, Ed. La Ville Brûle (avec J. N. Ducange, A. Maillard, St. Roza), à paraître en mars 2014.
Grèves de 1936, Mai 68, Gilets jaunes, mobilisation contre la réforme des retraites... La France est régulièrement traversée par de grands mouvements sociaux. Ces grèves ont joué un rôle important dans notre histoire, mais les événements et les luttes se mêlent parfois dans l'imaginaire national. De quand date la première grève ? Laquelle a duré le plus longtemps ? Est-il vrai que protester dans la rue est une "spécialité française" ? Dans cet ouvrage, Jean-Marc Schiappa nous invite à mieux connaître ce mode d'action collective en retraçant son évolution, en expliquant son organisation ainsi que la formation des principaux syndicats français, et en dressant un tour d'horizon de la grève dans le monde, d'hier à aujourd'hui.
Philippe Buonarroti, né à Florence le 11 novembre 1761, est mort à Paris le 16 septembre 1837. A l'instar de son ami de jeunesse devenu son ennemi absolu, Napoléon Bonaparte, il aurait pu s'exclamer "quel roman que ma vie ! " . Révolutionnaire avant 89, il fuit vers la Corse en 1789 où il fréquente Paoli et Bonaparte. Arrêté après la chute de Robespierre, son ami, il est inculpé par la police du Directoire comme chef de la conjuration babouviste ; échappant à la guillotine, il est condamné à la déportation ; il vit ensuite en exil à Genève, d'où il est expulsé, par les soins réunis de Metternich et de Chateaubriand. Ses dernières années se déroulent à Paris, sous la Monarchie de Juillet, quasi-clandestinement. Toutes ces années, il avait animé des sociétés secrètes républicaine, notamment grâce à son ouvrage Conspiration pour l'Egalité, dite de Babeuf, salué par Bakounine et que Marx étudia. Une vie de révolutionnaire impénitent, à la fois actif et secret, pendant un demi-siècle. Une biographie ici reconstituée. Il ne perdit jamais de vue l'objectif de sa vie militante : l'Egalité, ce que l'on a appelé plus tard le communisme. Actuellement, les forces réactionnaires paraissent l'emporter si solidement que l'étude de Buonarroti pourrait sembler désuète et incongrue. Mais les forces réactionnaires étaient, en apparences, au moins aussi solides dans l'Europe de la Sainte-Alliance de 1815. Certes il s'agit d'un tout autre contexte, mais elles se sont effondrées. Buonarroti n'y fut pas pour rien. Dans chaque moment, il chercha à agir et, souvent, son action pesa dans la situation. 220 pages + 16 d'iconographies
En mars 1797, un homme curieusement qualifié d' "instituteur" est condamné à mort et guillotiné à Bourg, département de l'Ain, pour quelques discours contre la propriété et les propriétaires. La Révolution a laissé place à l'ordre des bourgeois ; spéculateurs et généraux sont sur le devant de la scène. Et cette exécution, restée dans l'ombre jusqu'à maintenant, est le symbole de la victoire des nouveaux possédants. Or, une enquête serrée montre que cet agitateur inconnu mais intrépide, appelé Robin, était aussi surnommé "l'orateur des campagnes", qu'il fut un ami et un co-emprisonné de Gracchus Babeuf, actif avec lui dans la Conjuration des Egaux. II nous a semblé non seulement utile mais également possible de rédiger la biographie - certes, incomplète - d'un inconnu, d'un homme du peuple, d'un révolutionnaire mort pour ses idées. L'Histoire n'est pas, ne peut pas être l'histoire des prétendus Grands de ce monde. L'Histoire est, d'abord, celle des travailleurs et de ceux qui les ont défendus.
L'anarchisme n'est pas seulement la négation et le refus du monde dans lequel nous vivons ; il est aussi un acte de foi dans l'homme qui peut et qui doit se libérer de la servitude économique, et aussi de toutes ces autorités hiérarchiques qui étouffent en lui la personnalité et le rendent esclave des machines dont il devrait être le maître. Jean Barrué Ni le besoin de domination, ni l'ambition personnelle, ni l'arrivisme ne trouvent leur compte dans le mouvement anarchiste. Tous ceux qui seraient tentés de grimper sur les épaules du prolétariat pour accéder à la couche supérieure préfèrent s'en tenir éloignés. Erich Mühsam Sans figures de proue, sans propagande électorale, sans bastions syndicaux, l'anarchisme attire continuellement à lui ceux qui se battent pour le plus élevé des projets politiques, une société où la liberté de chacun est la condition de la liberté de tous.
Dans les mois qui suivirent la révolution d'Octobre, Lénine et les plus lucides des bolcheviks l'affirmèrent avec force: si la Russie restait isolée, si les pays les plus industrialisés, et en premier lieu l'Allemagne, n'étaient pas gagnés par la révolution socialiste, alors celle-ci périrait. C'est dans cette perspective qu'ils créèrent l'Internationale communiste au début de 1919. Même si celle-ci et sa subordination au parti bolchevik furent contestées dès sa fondation, même si, très vite, des révolutionnaires dénoncèrent la dictature du parti russe sur le prolétariat, elle représenta pendant des années encore pour de nombreux militants la lumière qui s'était allumée à l'Est, la perspective toute proche d'un monde libéré du capitalisme et des immenses massacres impérialistes. Pour Hippolyte Etchebehere, dit Rustico, l'Allemagne en crise du début des années 1930 restait le champ de bataille où se jouait l'avenir de la révolution, aussi bien par la puissance de son industrie que par celle de ses organisations ouvrières. A Berlin, aux côtés de ces communistes qui sont pour lui des révolutionnaires, il va vivre ces semaines de l'hiver 1932-1933 dont on s'apercevra que s'y décida le sort d'au moins une génération. Mobilisation des militants, immobilisme des partis et des syndicats, alliance des nazis et de l'appareil d'Etat: Rustico les vit jour après jour et témoigne que le nazisme fut d'abord une contre-révolution, avec, parmi ses premières victimes, une social-démocratie pourtant devenue un rouage de l'Etat allemand et un parti communiste instrument dévoué de l'Etat soviétique.
Fille de commerçants juifs, Rosa Luxemburg naît en 1871 à Zamosc en Pologne. Théoricienne marxiste, son activité militante au sein du parti socialiste révolutionnaire « Prolétariat », menée en parallèle de ses études au lycée de Varsovie, l oblige à s exiler en Suisse très jeune. Elle poursuit à Zurich des études d économie politique, lance le journal La Cause ouvrière et cofonde le Parti social-démocrate du royaume de Pologne. Naturalisée allemande, elle s installe en Allemagne en 1898 et s engage au Parti socialdémocrate. Elle rejoint également la Deuxième Internationale, où elle anime l aile gauche marxiste, s opposant aux tendances réformistes de Bernstein ou Millerand. Lorsque la Révolution éclate en Russie, Luxemburg regagne la Pologne pour participer à l élan insurrectionnel. Arrêtée, elle manque d être exécutée. De retour en Allemagne en 1906, ses prises de position antimilitaristes lui valent deux nouvelles arrestations et plusieurs séjours en prison. C est la révolution allemande qui la délivre en 1918. Exclue du SPD, elle s investit alors clandestinement dans l organisation du mouvement révolutionnaire spartakiste qui se déclenche le 5 janvier 1919. Cependant l insurrection échoue et subit une sanglante répression de la part des sociaux-démocrates nouvellement à la tête du pouvoir. Rosa Luxemburg est alors arrêtée, avant d être exécutée le 15 janvier.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.