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De l'âme du monde
Schelling Friedrich von ; Schmitt Stéphane
ULM
23,00 €
Épuisé
EAN :9782728803682
De l'âme du monde est un ouvrage majeur dans l'histoire de la philosophie comme dans celle des sciences. Publié en 1798, il marque une étape décisive dans la construction schellingienne d'une philosophie de la nature. En supposant une identité entre la production des différents objets du monde et l'activité de l'esprit humain, Schelling édifie une pensée idéaliste destinée à rendre compte aussi bien du monde qui nous entoure que de la connaissance que nous pouvons en avoir. De là un système fondé sur l'idée d'une polarité, d'un antagonisme de forces primitives dont l'action réciproque est à l'origine de toutes les productions naturelles. Pour autant, ce système n'est pas purement spéculatif, et Schelling ne conçoit pas sa théorie indépendamment de l'expérience: aussi s'appuie-t-il sur les observations les plus récentes réalisées par les physiciens et les naturalistes de son temps. C'est là sans doute ce qui explique l'influence exercée par ce livre sur de nombreux savants dans les premières décennies du XIXe siècle et les conséquences, ambiguës mais déterminantes, de la pensée schellingienne sur le développement du transformisme allemand.
L'entrée sur la scène philosophique du jeune Schelling qui s'engage dans la problématique kantienne fut "fracassante". Mais la "refondation", si elle passe d'abord par l'affirmation du primat de la liberté, débouche aussi sur l'énigme de la liberté humaine finie, que Schelling ne cessera de méditer. En soulignant l'ambiguïté de l'intuition intellectuelle, les Lettres témoignent de la percée au-delà de Kant, ouvrent le débat avec Fichte et marquent les premiers jalons de la métaphysique achevée.
On a dit à juste titre du Discours sur les arts plastiques de Schelling qu'il était la chose la plus parfaite qui soit venue sous sa plume. II est vrai que le brillant exposé que le philosophe présente le 12 octobre 1807 devant l'Académie des Sciences de Munich est le seul de ses textes dont on puisse affirmer qu'il accomplit l'idéal d'un jugement sur l'art qui soit en même temps une oeuvre d'art. En montrant comment l'ouvre surgit des profondeurs de la vie pour devenir une authentique manifestation de l'absolu, il offre un prolongement original à la méditation sur la nature que Schelling développe depuis ses débuts philosophiques. Depuis que lui est apparue la lumière de 1801, ce dernier entend en effet faire de la philosophie de la nature le fondement d'une métaphysique concrète sur laquelle appuyer toute une vision de l'histoire. Son effort pour transformer la métaphysique en une véritable science et pour l'ouvrir sur la vie et sur le mouvement de la société dans son ensemble, le conduit à en faire une notion immédiatement politique : sans elle, rien de grand ne serait apparu dans le monde. Le Discours sur les arts plastiques se rattache ainsi, par les réponses qu'il apporte au problème de la culture, aux deux autres brefs essais, Sur l'essence de la science allemande et la recension d'un ouvrage de Niethammer, dont nous joignons une traduction. Le dialogue avec les fondateurs du néo-humanisme que Schelling met en œuvre dans les trois textes que nous regroupons conduit dès lors à se demander si l'on peut s'aider d'un concept élargi de la science pour répondre à cette crise de la culture que les derniers penseurs de la philosophie classique allemande ont cru pouvoir diagnostiquer. Au moment où l'on forge le mot même d'humanisme, peut-on encore accorder un quelconque crédit, peut-on prêter la moindre valeur aux notions de création, de science et d'éducation nationales ?
Aucun concept n'est tenu depuis fort longtemps en aussi, piètre estime que celui de temps." Ecrire sous la dictée du temps l'histoire de l'Absolu tel qu'il commence à s'éveiller de sa torpeur dans la nuit des temps, voilà l'ambition de cette reconstitution de la vie divine originelle au cours de laquelle nous assistons au "commencement du temps" sur fond d'une éternité qui est "fille du temps". Où la recherche philosophique se fait récit, narration de l'Absolu qui se présente comme un "système des temps" ou une "généalogie du temps" dont le système des temps humaine ne constitue qu'une réplique pour laquelle seule vaut le mot de l'Ecclésiaste : rien de nouveau sous le soleil. Ambition peut-être démesurée, comme semble en témoigner l'inachèvement du grand oeuvre projeté des Ages du monde, dont les différentes versions ne nous donnent que le Livre du passé, mais qui va de pair avec l'effort héroïque de retrouver le sens d'une authentique temporalité, dans une audacieuse méditation sur le temps où se fait jour la thèse centrale, dans ces versions de 1811 et de 1813, du caractère organique du temps. Où il s'avère que passé, présent et avenir, loin d'être donnés à l'homme, ne peuvent être que conquis par une victoire sur soi. Ainsi s'annonce le singulier renversement que Heidegger formulera dès 1924 : nous ne sommes pas dans le temps, nous sommes temps. Par là se dessinent aussi les contours de cette "histoire supérieure" à laquelle s'attachera la dernière philosophie. Voici donc la première traduction française intégrale du dernier tome des Oeuvres de Schelling, publié en 1946 par Manfred Schroner.
La Philosophie de la Mythologie de Schelling est encadrée de trois côtés, par l'Introduction historico-critique qui établit la relevance philosophique de la mythologie ; par le Monothéisme qui définit la problématique générale ; par la Philosophie de la Révélation qui relie le procès mythologique au développement in extenso. Mise en chantier depuis les années vingt, professée à partir de 1828, elle précède en fait ces développements annexes. C'est une ?uvre relativement stable, témoin, repère, voire facteur de la grande mutation de la pensée schellingienne après les Ages du Monde. Le tournant concerne surtout l'essence religieuse de la mythologie. Stimulés par l'ambiance savante de l'époque, par les découvertes foisonnantes des mythologues, archéologues, orientalistes et autres, les exposés de Schelling témoignent d'une somme considérable de lectures. La mythologie est intégrée à la religion et à la philosophie, à une philosophie élargie à la dimension de son objet. Rivalisant, en philosophe, d'érudition avec les savants, il entend donner la parole aux seuls documents. L'auteur privilégie, contre toute interprétation allégorisante, l'interprétation interne, tautégorique, de la mythologie. C'est une sorte d'histoire immémoriale, régie par la loi universelle de la catabole ; l'histoire documentée d'une humanité tragique en proie au dieu. Une histoire surnaturelle qui se déploie entre le moment fatal, inscrutable, de la Chute, et l'avènement d'un Rédempteur, inscrite en filigrane dans tout le cours du procès subjectif nécessaire. Schelling se singularise par la structure rigoureuse de la construction, par la cohérence des moments qu'il articule sans rigidité. Il sait également assumer les anomalies éventuelles, extra mythologiques, qui confirment au fond la loi suprême du monde, la loi de justice édictant que rien ne soit célé, mais porté au grand jour, manifesté, révélé.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.