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Novalis
Schefer Olivier
DU FELIN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782866457501
Lumineuse comme le cristal et mobile comme le pollen, l'?uvre protéiforme de Novalis (1772-1801) ne cesse de bousculer les dogmes, de transgresser les cloisonnements, de repousser les limites. Il aura suffi de quelques brèves années à ce jeune poète philosophe pour repenser et rêver l'unité entre les contraires, à travers des manuscrits tels que Le Brouillon général, le poème mystique des Hymnes à la Nuit ou son roman poétique, Henri d'Ofterdingen. Par-delà les clichés sur la sentimentalité romantique et son prétendu catholicisme, cette biographie intellectuelle voudrait rendre justice à l'ambition synthétique et réformatrice de cette oeuvre audacieuse qui se donne pour tâche de romantiser le monde. Cet ouvrage se propose donc d'examiner la part lyrique, théorique, romanesque, religieuse et politique de l'oeuvre de Novalis. Mais avant d'être un rêve philosophique ou littéraire, la romantisation est l'affaire de la biographie. La pensée et l'écriture de Novalis dialoguent avec sa propre vie, qu'elles dépassent ou dont elles réinventent la forme. Le désir d'absolu se brise en mille fragments sur les accidents du monde et se rejoue sur les contingences propres à toute existence. Chez Novalis, celles-ci ont pour nom: amitié, amour, deuil et maladie. Que vaudraient une pensée et un poème qui n'auraient pas traversé l'épaisseur d'un corps?
Il est vertigineux de songer qu'une vie entière se joue quelquefois sur un détail. Une parole, un objet, un regard ; tout ce qui fait basculer notre être et chavirer notre coeur se décline au singulier. On peut disserter pendant des heures sur l'amour et la morale ; le risque, comme le bonheur, vient toujours d'une rencontre singulière. Les Conversations silencieuses furent d'abord celles d'un enfant avec son père, avant de devenir celles de l'amitié, riche de tout ce qui reste toujours à dire, du seul fait d'aimer. Elles passent par le regard et empruntent les méandres que le narrateur entretient avec l'art. C'est ce goût de l'art qu'Olivier Schefer nous fait partager. Les oeuvres, nourries de nos joies et de nos blessures, nous révèlent alors à nous-mêmes.
Les eaux de la vie, de la résurrection et des voyages sont aussi celles de la mort et des noyades, comme nous le rappellent les figures de Charon, d'Ophélie et de Narcisse. Par le biais de scènes de baignades et d'errances sur l'eau en tout genre, le cinéma multiplie les moments de terreur aquatique, tout en revisitant des mythes anciens, voire archaïques, dont l'image constitue le dénominateur commun. Au même titre que l'eau, l'image n'est-elle pas elle-même une réalité liquide, source indéfinie de profondeur et de reflets ? Ce volume propose une lecture transversale de l'imaginaire aquatique du cinéma, sans distinction de genres ni de formes. Nous y croisons des zombies sous l'eau dans Shock Waves de Ken Wiederhorn, un vaisseau inquiétant chez Guy de Maupassant et Michel Foucault, une maison dans laquelle il pleut chez Andreï Tarkovski, un pont menant dans l'au-delà chez Herk Harvey, une barque des enfers chez Jérôme Bosch et Alfred Hitchcock, un cadavre flottant à la surface d'une piscine au début du Sunset Boulevard de Billy Wilder, une Venise morbide dans le film de Nicolas Roeg, Ne vous retournez pas, une adolescente endormie dans son bain chez Wes Craven... Conçu sous forme de courts chapitres qui se répondent, par entrelacs de thèmes et de motifs, ce livre n'est pas une thèse sur le cinéma, mais un essai autobiographique dans lequel son auteur s'efforce de penser avec le cinéma la puissance imaginaire et mémorielle des images.
Il pleuvait des trombes d'eau cette nuit-là et ce fut presque en courant, sans parapluie, que je rejoignis le taxi qui m'attendait sur la chaussée d'une avenue froide dont j'oubliais régulièrement le nom. C'était la seule voiture dont le moteur était en marche. Je fus frappé en sortant par l'éclat des réverbères sur les pavés mouillés. François et Jean se retrouvent, des années plus tard, dans le paysage inquiétant et sublime de leur enfance. Celui des montagnes pyrénéennes où gronde la Garonne. Ils sont liés par un secret : Geneviève. Et par la nuit.
Que fait un poète lorsqu'il dessine ? Vient-il sur le papier disposer d'autres signes, distraire sa parole, éparpiller des traces, griffonner dans les marges, en attendant la suite ? Ou creuser des sillons neufs, mettre en mouvement sa pensée solitaire ? A parcourir les traits de fusain écrasé de Pierre-Yves Soucy, on songe quelquefois aux dessins mescaliniens d'Henri Michaux ou aux traits noirs de certaines toiles abstraites de Hans Hartung. Pour Pierre-Yves Soucy, j'en fais l'hypothèse, les traits, les traces, les grilles et les lacis, les empâtements au noir, les entailles du papier, la division de l'espace ou son resserrement, le grain frotté, rien de cela ne quitte tout à fait le monde, quand bien même il s'agit de l'égarer et de s'égarer en chemin.
Biographie de l'auteur Jean-Marie Vincent (1934-2004). Philosophe et sociologue, il fonde en 1968 et dirige jusqu'en 2002 le département de sciences politiques de l'Université Paris VIII. Il lance les revues Futur antérieur en 1990 puis Multitudes en 2001. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La théorie critique de l'École de Francfort, Paris, Galilée, 1976 ; Critique du travail, Paris, PUF, 1987 ; Vers un nouvel anticapitalisme (avec Michel Vakaloulis et Pierre Zarka), Paris, Le Félin, 2003.
Pendant six siècles la maison d'Osman imposa sa loi à des dizaines de peuples et de nations. À son apogée, au XVIe siècle, l'Empire ottoman s'étendait sur trois continents. Puis il amorce son déclin. Les sultans ne pouvaient moderniser l'empire, en préservant les règles théologiques sur lesquelles il reposait. L'Empire ottoman subit les pressions divergentes des puissances européennes. La Russie convoitait ses territoires. L'Angleterre tenait à la préserver pour assurer sa route des Indes. Au XIXe siècle, miné par l'éveil des nationalismes, l'empire commença à se démembrer et perdit ses possessions européennes et africaines. En rêvant de reconstituer un ensemble turc asiatique, les Jeunes-Turcs précipitèrent son effondrement qui se produisit après la Première Guerre mondiale. La révolution kémaliste préserva l'empire d'une désintégration. Sur ses ruines, Mustafa Kemal édifia une République turque Laïque et moderne. L'Empire ottoman fut un vaste ensemble multiethnique et multiconfessionnel. La Turquie n'est pas la seule héritière de cet empire. Aujourd'hui, plus de vingt États ont, dans leur histoire, un passé ottoman. En restituant à chacun la part de ce passé qui lui revient, ce livre contribue à apaiser des forces irrédentistes et des passions nationalistes toujours vives. Il fournit une grille de lecture nouvelle à l'histoire des Balkans et du Proche-Orient.
La pensée chinoise a trois fondements: le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Selon les époques, l'un de ces courants a prédominé, laissant les deux autres jouer en sourdine. Et aujourd'hui? Ni le taoïsme et son "laisser faire" (Wou wei), ennemi de tous les artifices de la civilisation, sceptique face au progrès, ni le bouddhisme, prêchant l'évasion hors de ce monde, ne paraissent aptes à assurer la stabilité d'un système politique et les règles de la vie sociale. On n'est pas surpris d'observer un regain du confucianisme, illustré par une dizaine de grands penseurs, parfaits connaisseurs de la philosophie occidentale. Bien sûr, on s'interroge sur les soubassements idéologiques d'un tel renouveau. Cinquante années après le marxisme maoïste, dans une Chine préoccupée essentiellement par son développement économique, cette réhabilitation du confucianisme peut être interprétée, tantôt comme une utopie, tantôt comme le témoignage d'un nationalisme rétrograde. Que ce retour aux sources ne soit en rien une stagnation stérile, mais qu'il manifeste la vivacité d'une philosophie riche de possibles, voilà l'enjeu de ce livre. Biographie: Régine Pietra est professeur de philosophie à l'université de Grenoble. Elle est l'auteur d'un essai sur Paul Valéry (Valéry, directions spatiales et parcours verbal, Minard, 1981) et de Sage comme une image, figures de la philosophie dans les arts (Le Félin, 1992).
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera. déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté face à l'adversité.