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Roman 20-50 N° 50, Décembre 2010 : Les Fruits du Congo et La Dame du Job d'Alexandre Vialatte
Schaffner Alain
PU SEPTENTRION
18,00 €
Épuisé
EAN :9782908481693
La Dame du Job et Les Fruits du Congo peuvent être rassemblés non seulement sous le signe du récit d'enfance ou d'adolescence mais surtout sous celui de ce qu'on pourrait appeler "l'invention des mythologies" . Ces deux romans ont en effet la particularité d'accorder une place prépondérante à ces figures tutélaires - personnages issus de l'imagination des enfants ou adolescents et d'une image (affiche publicitaire, illustration) - que sont la Dame du Job et la grande négresse, ou pour leur forme masculine, plus ténébreuse et moins érotique, l'étrange M. Panado. Ces figures allégoriques très originales font des romans de Vialatte des sortes de fictions au carré où les personnages chimériques deviennent eux-mêmes producteurs des fictions dans lesquelles ils finissent par se perdre. Comme dans le Noé de Giono (1947), le monde inventé se superpose au monde réel pour lui donner une richesse et une profondeur exceptionnelles. On est bien loin ici du "roman traditionnel" balzacien contre lequel le Nouveau Roman va bientôt prendre fait et cause. La brièveté du découpage en séquences, le traitement surprenant de l'événement, l'importance accordée au quotidien, le mélange des genres, la mise en abyme de la représentation, tout concourt à faire de ces deux récits des réussites hors du commun qui méritent d'être découvertes ou redécouvertes.
Les études qui composent ce recueil s'inscrivent dans les perspectives de recherche ouvertes par Marc Dambre, lecteur entre autres de Michel Foucault et de Michel de Certeau. Elles se situent à la fois dans l'approche diachronique et dans les perspectives génériques qui lui sont chères. Nous avons choisi de les rassembler sous le cadre global d'une réflexion sur "la portée de l'Histoire", particulièrement cruciale au XXe siècle. Quelle est la "portée", c'est-à-dire l'influence, de l'Histoire sur la fiction narrative ? Peut-elle la stimuler, la renouveler ou, au contraire, la mettre en crise voire la faire disparaître ? Réciproquement, quelle portée l'histoire racontée peut-elle avoir dans le vaste cours des événements historiques, qu'il s'agisse ou non de littérature "engagée" ? L'Histoire engendre-t-elle une "portée" de romans, de romanciers chargés d'en rendre compte, ou de lecteurs qui prolongent dans la réalité l'expérience qu'ils ont vécue à la lecture ? Le romancier, tel un musicien, serait-il condamné à écrire sur les lignes qui composent "la portée de l'Histoire" ?
Depuis 1870, on n'a jamais cessé d'écrire des récits d'enfance, qu'ils soient ou non autobiographiques. Les trente dernières années du XIXe siècle, depuis la publication du Testament d'un blagueur de Vallès (1869), voient en effet le récit d'enfance accéder à l'autonomie par rapport au récit de vie. Cette émancipation résulte d'une révolution copernicienne du roman de formation dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui : plaçant l'enfant au c?ur de sa création, l'écrivain mine la bonne conscience de la société des adultes et part à la recherche de ses origines. Ce changement radical de perspective est à mettre en relation avec le développement de la psychologie, de la psychiatrie, puis de la psychanalyse qui donnent à l'investigation sur l'enfance une caution et une légitimité scientifiques. Bien qu'on ait souvent considéré que le récit d'enfance relevait d'un modèle stéréotypé et dépassé, force est de constater que les écrivains français du vingtième siècle, tous courants littéraires confondus (de Colette à Sartre, de Gide à Perec, de Proust à Sarraute, de Leiris à Bergounioux), en ont constamment renouvelé les plaisirs et les richesses. On pourrait ainsi parler, pour la période qui va de 1870 à nos jours, d'une véritable " Ère du récit d'enfance ". Bien loin de se réduire à la pratique régressive et conservatrice que l'on a trop souvent voulu y voir, le récit d'enfance est au contraire un vaste champ d'expérimentations littéraires, justiciable d'une poétique propre et qui mérite d'être exploré en tant que tel.
Résumé : Que restera-t-il du roman de la seconde moitié du XXe siècle ? Pour ne pas l'enfermer dans les références scolaires en perte d'autorité - existentialisme plus ou moins engagé, Nouveau Roman et autres subversions narratives, littérature autobiographiques ou autofictionnelles -, ces Chemins buissonniers du roman parcourent l'histoire romanesque des années 1950 à nos jours selon un itinéraire de curiosité : de quelques auteurs méconnus, voire oubliés, aux sous-genres (policier, érotique, fantastique, science-fiction) méprisés par l'Institution en passant par les non conformistes milieu et fin de siècle. C'est, en quelque sorte, une proposition pour une bibliothèque à l'usage de l'honnête homme / de l'honnête femme de notre temps. Ces chemins sont balisés par des entretiens avec trois écrivains de trois générations différentes : Michel Déon, le dernier des Hussards, représente la génération d'après-guerre ; Denis Tillinac est devenu majeur en mai 1968, mais il n'a pas aimé cette fête ; Benoît Duteurtre est l'enfant d'après l'histoire" - comme disait son ami Muray -, l'historien de nos dérives contemporaines.
Résumé : Entre l'oeuvre d'autrui et celui qui lui donne durablement hospitalité dans son espace intérieur, l'émotion esthétique révèle souvent une correspondance profonde. Quand le lecteur est lui-même auteur, comme Julien Green, la découverte de ses livres de prédilection est pour la critique une voie d'approche privilégiée. L'originalité d'un écrivain n'est pas donnée d'avance, elle se construit toujours " en lisant, en écrivant ". Amplifier quelques-uns des accords, parfois ténus, qui vibrent au coeur de son écriture permet à la fois de mieux connaître son oeuvre et d'en faire apparaître la singularité. Nous avons donc choisi dans ce recueil de partir des influences littéraires les plus ouvertement revendiquées par l'écrivain pour élargir ensuite notre investigation aux parentés - inavouées ou moins visibles - avant de nous intéresser aux rencontres - plus lointaines, plus épisodiques et parfois tout à fait inattendues.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.