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Julien Green et alii. Rencontres, parentés, influences
Schaffner Alain ; Auroy Carole
EUD
24,99 €
Épuisé
EAN :9782915611762
Entre l'oeuvre d'autrui et celui qui lui donne durablement hospitalité dans son espace intérieur, l'émotion esthétique révèle souvent une correspondance profonde. Quand le lecteur est lui-même auteur, comme Julien Green, la découverte de ses livres de prédilection est pour la critique une voie d'approche privilégiée. L'originalité d'un écrivain n'est pas donnée d'avance, elle se construit toujours " en lisant, en écrivant ". Amplifier quelques-uns des accords, parfois ténus, qui vibrent au coeur de son écriture permet à la fois de mieux connaître son oeuvre et d'en faire apparaître la singularité. Nous avons donc choisi dans ce recueil de partir des influences littéraires les plus ouvertement revendiquées par l'écrivain pour élargir ensuite notre investigation aux parentés - inavouées ou moins visibles - avant de nous intéresser aux rencontres - plus lointaines, plus épisodiques et parfois tout à fait inattendues.
Les études qui composent ce recueil s'inscrivent dans les perspectives de recherche ouvertes par Marc Dambre, lecteur entre autres de Michel Foucault et de Michel de Certeau. Elles se situent à la fois dans l'approche diachronique et dans les perspectives génériques qui lui sont chères. Nous avons choisi de les rassembler sous le cadre global d'une réflexion sur "la portée de l'Histoire", particulièrement cruciale au XXe siècle. Quelle est la "portée", c'est-à-dire l'influence, de l'Histoire sur la fiction narrative ? Peut-elle la stimuler, la renouveler ou, au contraire, la mettre en crise voire la faire disparaître ? Réciproquement, quelle portée l'histoire racontée peut-elle avoir dans le vaste cours des événements historiques, qu'il s'agisse ou non de littérature "engagée" ? L'Histoire engendre-t-elle une "portée" de romans, de romanciers chargés d'en rendre compte, ou de lecteurs qui prolongent dans la réalité l'expérience qu'ils ont vécue à la lecture ? Le romancier, tel un musicien, serait-il condamné à écrire sur les lignes qui composent "la portée de l'Histoire" ?
Contre l'idée selon laquelle le deuil de l'utopie révolutionnaire aurait rendu anachronique la question même de l'engagement, ce volume aide à repenser l'articulation de la littérature et du politique. Que vise la langue quand elle renonce à être le véhicule transparent de significations ? Quelles ont été, aux XXe et XXe siècles, les conditions de possibilité (historiques, politiques, idéologiques, éditoriales, esthétiques) d'une écriture préoccupée ? Prenant acte de la mise en crise occidentale de l'artiste prophète et maître à penser, les deux volets de l'ouvrage ? "Engagements littéraires" et "Poétiques de l'implication" ? s'attachent à quelques figures qui, non sans contradictions ni déchirements, s'efforcent depuis l'affaire Dreyfus de pop{noir encore sans ignorer qu'en s'engageant, en s'impliquant, ils mettent en jeu, outre leur personne, la création même : avec Mauriac, Camus ou Sartre, relus à nouveaux frais, Platon, Suarès, Claudel, les féeries du premier XXe siècle, Audiberti, Breton, Paulhan, les Hussards, Genet. Barthes, Tel Quel, Laurent Mauvignier, Marie Cosnay ou le théâtre amateur. On comprend alors comment a pu s'opérer un nouveau partage des valeurs et des positions et se substituer, à un imaginaire du surplomb, une pensée des connexions.
Depuis 1870, on n'a jamais cessé d'écrire des récits d'enfance, qu'ils soient ou non autobiographiques. Les trente dernières années du XIXe siècle, depuis la publication du Testament d'un blagueur de Vallès (1869), voient en effet le récit d'enfance accéder à l'autonomie par rapport au récit de vie. Cette émancipation résulte d'une révolution copernicienne du roman de formation dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui : plaçant l'enfant au c?ur de sa création, l'écrivain mine la bonne conscience de la société des adultes et part à la recherche de ses origines. Ce changement radical de perspective est à mettre en relation avec le développement de la psychologie, de la psychiatrie, puis de la psychanalyse qui donnent à l'investigation sur l'enfance une caution et une légitimité scientifiques. Bien qu'on ait souvent considéré que le récit d'enfance relevait d'un modèle stéréotypé et dépassé, force est de constater que les écrivains français du vingtième siècle, tous courants littéraires confondus (de Colette à Sartre, de Gide à Perec, de Proust à Sarraute, de Leiris à Bergounioux), en ont constamment renouvelé les plaisirs et les richesses. On pourrait ainsi parler, pour la période qui va de 1870 à nos jours, d'une véritable " Ère du récit d'enfance ". Bien loin de se réduire à la pratique régressive et conservatrice que l'on a trop souvent voulu y voir, le récit d'enfance est au contraire un vaste champ d'expérimentations littéraires, justiciable d'une poétique propre et qui mérite d'être exploré en tant que tel.
La psychomécanique du langage, fondée par G Guillaume (1883-1960), a longtemps suscité des études consacrées à l'histoire des langues (en particulier du français), et a parfois été tenue pour une linguistique fondamentalement diachronique. Cependant, aucune synthèse n'avait encore été consacrée à l'exposition des conceptions guillaumiennes de la diachronie et du changement linguistique. La linguistique diachronique suscitant un regain d'intérêt sans cesse croissant, c'est cette lacune que le présent ouvrage vise à combler, en réunissant l'ensemble des propositions théoriques de Guillaume relatives à la diachronie. S'il présente la diachronie telle qu'elle est développée dans le cadre conceptuel de la psychomécanique du langage, l'ouvrage vise également à confronter cette théorie aux propositions du paradigme du changement linguistique, et à mesurer ainsi les points d'accord et les singularités de chacune de ces deux approches de l'histoire de la langue.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.