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Le Photographe
Savatier Paul
GALLIMARD
13,95 €
Épuisé
EAN :9782070225194
On se souvient de ce fait divers : un brave type un peu paumé, moitié paysan et moitié chiffonnier, avait "enlevé" une fillette et l'avait "séquestrée" chez lui pendant six mois sans lui faire aucun mal. Paul Savatier nous raconte aujourd'hui l'histoire d'un témoin, le plus proche voisin du "ravisseur", dont cette affaire va bouleverser la vie. Joseph Jacquet est photographe. C'est un Parisien qui est venu s'établir dans la maison où, enfant, il passait les vacances chez ses grands-parents cultivateurs. L'arrestation de Victor, son ancien camarade de jeux, ne peut le laisser indifférent. En sait-il plus que les autres sur ce qui s'est passé dans la maison voisine ? Toujours est-il qu'il refuse de condamner celui que tout le pays accable en l'accusant de tous les vices. Il explique aux journalistes que les gens sont injustes et que Victor n'est pas aussi méprisable qu'on le dit. Cette attitude lui vaut l'hostilité des autres voisins qui n'ont jamais compris sa façon de vivre, ni le plaisir qu'il peut prendre à photographier des champs labourés. On répand des bruits qui attirent bientôt sur lui les soupçons de la justice. Sa vie au village deviendrait intenable, s'il ne trouvait à ce moment l'amour de Diane, une très jeune femme qui va devenir à son tour la cible d'une malveillance imbécile. Photographier, c'est une manière particulière d'arrêter son regard sur les choses ou les gens. L'oeil-objectif que Joseph pose sur eux exaspère ses voisins, déjà irrités par les indiscrétions de la presse et, surtout, par la curiosité d'un cinéaste qui prépare un film sur l'histoire de Victor et de la petite Nathalie. Ce regard de témoin attentif nous permet de deviner l'âpreté des passions qui agitent ce petit monde rural, où les menaces de mort ne doivent pas être prises à la légère.
Parmi les nouvelles du présent recueil, nous trouvons le texte des Jeudis d'Adrienne, dont l'auteur lui-même a tiré le scénario d'un film de télévision réalisé par Guy Jorré. La qualité de ce sujet tient à l'extrême acuité de vision et à la tendresse humaine du romancier. Chaque jeudi la vieille Adrienne retrouve au cimetière une autre veuve avec qui elle se lie d'amitié. Ces deux femmes éprouvent le besoin d'enjoliver leurs souvenirs en traçant chacune un portrait idéal de son défunt, en s'inventant un long amour attendrissant. L'histoire d'un retraité qui va se perdre volontairement dans la neige (Un promeneur solitaire), celle d'une vieille institutrice qui meurt, à la fois redoutée et détestée, dans le village où elle a enseigné toute sa vie (L'Ortie), d'autres encore, témoignent pour les humbles et les solitaires. Tous ces gens que l'on croise sans les voir dans le décor de la vie quotidienne, Paul Savatier nous apprend à les remarquer, à les comprendre et à les aimer.
Fruit de plusieurs années de recherche, ce livre retrace toute l'histoire de L'Origine du monde, des arcanes de sa création en 1866 jusqu'à son entrée au musée d'Orsay en 1995, sans oublier les plus récentes controverses qui continuent à l'entourer. Conçu à l'origine pour Khalil-Bey, collectionneur ottoman résidant à Paris, le tableau de Gustave Courbet a connu un itinéraire des plus extraordinaires que Thierry Savatier éclaire d'un jour nouveau. L'ouvrage s'appuie sur de nombreuses archives publiques et privées françaises, anglaises, hongroises et américaines, et dévoile un pan secret à ce jour : le transfert du tableau en 1945 de Hongrie vers l'Union soviétique, où, après bien des drames, son propriétaire le baron Hatvany parviendra à le récupérer. Au début des années 1950, L'Origine du monde revient en France, acquis par Jacques Lacan, avant d'être livré au public. De nombreuses personnalités des XIXe et XXe siècles ont croisé le chemin du tableau : Théophile Gautier, Sainte-Beuve, Edmond Goncourt, Sylvia Bataille, Alain Cuny, Marguerite Duras, Claude Lévi-Strauss, Dora Maar, René Magritte... Scandale majeur de l'histoire de l'art, objet de fascination et de répulsion, cette oeuvre, offerte à toutes les interprétations, marque une date de rupture dans l'aventure de la peinture occidentale, qui justifie pleinement cette " biographie " à part entière.
Résumé : "Un jour, vint un homme qui affirma : "Je ne veux pas peindre des anges, parce que je n'en ai jamais vu". C'était Courbet. Il préférait représenter deux jeunes filles étendues sur les berges de la Seine. Il emmena ses modèles en plein air et les peignit. [?] Courbet a tourné une page et lancé la peinture vers cette nouvelle direction qu'elle suivit pendant des années". Dans ce témoignage, Pablo Picasso attribue à Gustave Courbet la paternité de l'art moderne et du mouvement qui aurait radicalement bouleversé les codes de la représentation, de l'impressionnisme jusqu'au cubisme et ses suites. Cette place majeure interroge, tant Courbet reste une figure peu étudiée du Panthéon personnel de Picasso. Pourtant, le jeune peintre catalan découvre tôt la peinture du maître d'Ornans, dès son arrivée à Paris en octobre 1900, à l'occasion de l'Exposition centennale de l'art français. Courbet s'immisce par la suite chez Picasso doublement, à la fin des années 40, par la réinterprétation des Demoiselles des bords de la Seine, ainsi que par l'achat pour sa collection personnelle de l'étonnante Tête de chamois, bête à cornes rappelant le bestiaire picassien. Les liens entre ces deux figures révolutionnaires de l'art apparaissent étroits et féconds. Courbet et Picasso se rejoignent, en particulier dans leur rapport au passé comme source de la modernité, dans leur sensibilité à leur temps et leur engagement politique, ou encore dans leur trajectoire. Cette rencontre inédite vise, au-delà de la filiation réelle entre ces deux créateurs, indépendants d'esprit, à mettre en lumière ce compagnonnage.
Professeur d'histoire, Bernard Cordonnier, cinquante ans, profite du mois d'août à Paris pour achever un livre, tandis que sa très chère épouse, Hélène, se repose en Touraine. L'heureuse programmation de son temps est troublée par l'arrivée d'une lettre postée à Roissy et signée par une certaine Anne-Marie. Un détail lui fait comprendre qu'il s'agit d'une jeune femme souvent croisée dans sa rue, mais à qui il n'a jamais osé adresser la parole. Cette inconnue souhaite faire sa connaissance. Pourront-ils boire un verre ensemble lorsqu'elle reviendra de voyage ? Excité par l'idée de cette rencontre, Bernard répond que oui. Anne-Marie est amoureuse, mais avec charme et discrétion. Est-ce le début d'une passion ? Le retour d'Hélène va terriblement compliquer les choses car Bernard, mari timide et fidèle, oublie le fameux N'avouez jamais. Par le biais d'un petit texte de fiction, qu'il a d'abord fait lire à Anne-Marie, il raconte l'aventure à sa femme. C'est la maladresse de l'innocent qui, parce qu'il a imaginé la faute, se conduit comme un coupable. Bouleversée de jalousie, d'autant plus soupçonneuse que Bernard cherche davantage à la rassurer, Hélène décide de le quitter. Décontenancé, le malheureux mari se rongera les poings en espérant le retour de sa femme. Saura-t-elle passer l'éponge sur une trahison purement imaginaire ?
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.