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Hiver sur le Tanganyika
Savatier Paul
GALLIMARD
8,15 €
Épuisé
EAN :9782070296866
L'Afrique ne vaut rien à l'Européen, et les Européens ne valent rien pour l'Afrique. Le vieil esprit colonial n'est pas mort, et sa pression est telle que même les plus généreux finissent pas se laisser corrompre". Telle est la triste conclusion à laquelle arrive Michel, le personnage central de ce récit, au retour d'une mission effectuée en 1975 au Burundi. Ce petit pays, le plus christianisé d'Afrique et l'un des plus pauvres du monde, ne se remet pas d'une guerre civile qui, en 1972, a fait 200 000 morts. En même temps qu'il apprend par bribes l'horreur de ces massacres, Michel découvre l'hypocrisie des grandes puissances qui, sous prétexte d'assistance, cherchent surtout à maintenir ce pays dans leur dépendance économique ou, comme la France, à l'attirer dans leur sphère d'influence. Il est indigné par l'attitude de tant de diplomates ou de coopérants qui, sans se soucier réellement de l'extrême dénuement de la population, ne songent qu'à leurs plaisirs, à leur carrière, ou à la résidence secondaire qu'ils achèteront en France avec les économies qu'ils font en Afrique. Rentré en France, après avoir en vain essayé d'exprimer sa révolte dans un grand hebdomadaire, il entreprend la rédaction d'un roman-reportage, celui même que nous lisons ici.
Y a-t-il un être plus méprisable que le ravisseur, cet homme de trente-cinq ans qui a, pendant plusieurs mois, séquestré une fillette de dix ans ? On imagine assez pourquoi ! Et pourtant, si cet homme était innocent ? Victor Lamouret s'est fait prendre et il est en prison. C'est un paysan fruste, solitaire et violent, qui ne peut s'expliquer avec des juges qui ne parlent pas son langage. Alors, pour se justifier, il entreprend d'écrire son histoire sur des cahiers d'écolier. Avec des mots à lui, des mots simples et crus, avec autant de naïveté que de pudeur, il nous raconte comment il a fait monter la petite Nathalie dans la remorque de son vélomoteur, pourquoi il l'a amenée chez lui, et les mille ruses qu'il a dû déployer pour la tenir si longtemps cachée à ses voisins, ainsi qu'à la mère et au beau-père ivrogne qui habitent sous son toit. Il y a dans ce récit, qui oscille entre le rêve d'un bonheur impossible et des tentations de violence et de meurtre, un ton de vérité et une tendresse qui nous bouleversent.
Parmi les nouvelles du présent recueil, nous trouvons le texte des Jeudis d'Adrienne, dont l'auteur lui-même a tiré le scénario d'un film de télévision réalisé par Guy Jorré. La qualité de ce sujet tient à l'extrême acuité de vision et à la tendresse humaine du romancier. Chaque jeudi la vieille Adrienne retrouve au cimetière une autre veuve avec qui elle se lie d'amitié. Ces deux femmes éprouvent le besoin d'enjoliver leurs souvenirs en traçant chacune un portrait idéal de son défunt, en s'inventant un long amour attendrissant. L'histoire d'un retraité qui va se perdre volontairement dans la neige (Un promeneur solitaire), celle d'une vieille institutrice qui meurt, à la fois redoutée et détestée, dans le village où elle a enseigné toute sa vie (L'Ortie), d'autres encore, témoignent pour les humbles et les solitaires. Tous ces gens que l'on croise sans les voir dans le décor de la vie quotidienne, Paul Savatier nous apprend à les remarquer, à les comprendre et à les aimer.
Résumé : "Il y a un endroit précis auquel il faut se placer en fermant l'oeil gauche ; vous voyez alors soixante-dix-sept fois votre oeil droit vous regarder et seul, au milieu, votre oeil fermé". C'est ainsi que Jean de Bodin, son propriétaire, présente le curieux miroir dont la rencontre provoquera chez Jacques, un jeune peintre, la crise de conscience à la suite de laquelle il détruira une partie de son oeuvre, répudiera Martine ; sa maîtresse, et fuira la présence de Bernara, son ami d'enfance. Chez Bernard, le conteur, cette dérobade provoque une crise. Il ne veut pas renoncer à cette amitié de jeunesse car il n'a pas le courage de se dépouiller à jamais de l'enfant qu'il a été. Aussi poursuivra-t-il son ami en cherchant à le retrouver dans ses oeuvres et jusque dans l'amour de Martine. Mais tout cela est vain : de l'image de l'ami, il ne retrouve que des lambeaux méconnaissables. Sur ses traces il découvrira la nécessaire solitude, se détachera de Jacques, de Jean de Bodin, et même de Martine.
Résumé : On se souvient de ce fait divers : un brave type un peu paumé, moitié paysan et moitié chiffonnier, avait "enlevé" une fillette et l'avait "séquestrée" chez lui pendant six mois sans lui faire aucun mal. Paul Savatier nous raconte aujourd'hui l'histoire d'un témoin, le plus proche voisin du "ravisseur", dont cette affaire va bouleverser la vie. Joseph Jacquet est photographe. C'est un Parisien qui est venu s'établir dans la maison où, enfant, il passait les vacances chez ses grands-parents cultivateurs. L'arrestation de Victor, son ancien camarade de jeux, ne peut le laisser indifférent. En sait-il plus que les autres sur ce qui s'est passé dans la maison voisine ? Toujours est-il qu'il refuse de condamner celui que tout le pays accable en l'accusant de tous les vices. Il explique aux journalistes que les gens sont injustes et que Victor n'est pas aussi méprisable qu'on le dit. Cette attitude lui vaut l'hostilité des autres voisins qui n'ont jamais compris sa façon de vivre, ni le plaisir qu'il peut prendre à photographier des champs labourés. On répand des bruits qui attirent bientôt sur lui les soupçons de la justice. Sa vie au village deviendrait intenable, s'il ne trouvait à ce moment l'amour de Diane, une très jeune femme qui va devenir à son tour la cible d'une malveillance imbécile. Photographier, c'est une manière particulière d'arrêter son regard sur les choses ou les gens. L'oeil-objectif que Joseph pose sur eux exaspère ses voisins, déjà irrités par les indiscrétions de la presse et, surtout, par la curiosité d'un cinéaste qui prépare un film sur l'histoire de Victor et de la petite Nathalie. Ce regard de témoin attentif nous permet de deviner l'âpreté des passions qui agitent ce petit monde rural, où les menaces de mort ne doivent pas être prises à la légère.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.