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La péninsule Ibérique et le monde (1470-1640)
Saupin Guy
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753528291
En entrant dans les temps modernes, pendant presque deux siècles, les Ibériques tiennent le premier rôle dans le désenclavement du monde à échelle planétaire. C'est un tournant majeur de l'histoire mondiale car cela conduit à une redéfinition profonde de tous les enjeux stratégiques. Les dynamiques ibériques, appuyées sur d'autres apports européens au sein de modalités impérialistes divergentes, avant d'opérer un rapprochement partiel, entrent en interaction avec des aires politiques et culturelles très diversifiées. Un élan nourri de soif d'enrichissement, de providentialisme religieux, de curiosité intellectuelle et d'esprit d'aventure établit de nombreux réseaux relationnels entre les quatre parties du monde de manière inédite ou très renouvelée. L'apport majeur en est la création d'un Nouveau Monde en Amérique, fruit d'un impérialisme de l'exploitation de la main d'oeuvre amérindienne et africaine au sein d'un encadrement politique, religieux et culturel prégnant, aboutissant à la création d'une société entièrement nouvelle dans sa hiérarchie, ses blocages et ses mobilités. Cette connexion entre les Anciens Mondes et ce Nouveau Monde engendre une première forme historique de mondialisation concrétisée par des circulations planétaires concernant aussi bien les hommes et les produits que les idées et les goûts artistiques, portées par des réseaux de nature variée. Il en résulte des phénomènes de brassage et de métissage d'intensité variable selon les lieux, toujours inscrits dans un rapport de force plus ou moins favorables aux Ibériques. La mise en relation varie donc de la domination brutale et de la subjugation à l'opportunisme et au rejet. Les décalages et les limites observables dans ces procès de raccordement orientent plus vers une histoire connectée que vers le concept de globalisation. L'initiative ibérique s'inscrivant comme avant-garde d'une occidentalisation, reste à comprendre pourquoi ce sont les Européens qui se projettent hors de leur aire culturelle dans cette proto-mondialisation et non pas leurs possibles compétiteurs.
Proposer une étude d'histoire sociale du politique appliquée aux villes de l'Ouest atlantique français à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle) présente le double avantage d'une mise au point historiographique après deux décennies très riches en apports dans l'histoire du pouvoir municipal et d'une diversité de situations liée à la taille des villes, à leur profil fonctionnel, à leur appartenance à diverses provinces, dans un espace fortement influencé par son intégration dans le monde atlantique. En prenant les municipalités comme objet historique d'observation, il s'agit de comprendre comment les identités et les relations sociales influent sur les choix institutionnels et leurs modalités de fonctionnement. L'institution construit sa légitimité dans sa capacité à répondre de manière jugée satisfaisante à la variété de problèmes rencontrés par l'ensemble diversifié des habitants concentrés dans un espace matériel avantageux et contraignant. Dans sa production de normes et dans les services rendus, elle conforte un certain ordre social dont elle est le représentant. Comme centre de pouvoir intervenant dans un espace administratif concurrentiel, elle développe sa logique interne d'action pour faire prévaloir ses priorités. Par ailleurs, une municipalité est formée d'individus concrets, avec des intérêts particuliers niais aussi une conscience civique du bien commun, ou plus exactement de réseaux de parenté ou de sociabilité étant donné la brièveté des mandats. Faut-il insister sur la prégnance des identités collectives fortement associées à la conception corporative du lien social ou valoriser les capacités d'initiative des individus ambitieux dans la mobilisation des segments opératoires de leurs réseaux sociaux constitués en lobbies? Les jugements de valeur accompagnant les modèles explicite ou implicite d'organisation sociale affectent le fonctionnement interne des municipalités, et par conséquent les arbitrages rendus pour apaiser les tensions urbaines. La relative diversité des choix institutionnels renvoie-t-elle d'abord à un profil social particulier d'une ville ou à d'autres facteurs plus culturels?
Depuis quelques années, l'histoire urbaine connaît un bel élan, et notre vision de la cité d'Ancien Régime s'est profondément renouvelée. Ce livre fait donc le point des recherches les plus récentes, en insistant particulièrement sur les rapports qu'entretiennent, dans la France moderne, les mutations sociales et les transformations du paysage urbain. De par ses activités économiques et son rôle dans l'administration du royaume, la ville génère une société spécifique, dont les liens avec les campagnes restent puissants, mais dont l'identité ne cesse de s'affirmer de la Renaissance à la Révolution. Par bien des aspects, elle apparaît comme une mosaïque menacée d'éclatement, un système soumis à de vives tensions, notamment religieuses et culturelles. Mais elle est aussi marquée par de vigoureuses solidarités, qui lui permettent de préserver sa cohésion par-delà les crises démographiques, économiques ou politiques qui l'affectent. Elle conserve ainsi son attractivité, et demeure protégée par un ancien corporatisme civique régulé par le pouvoir municipal, en harmonie avec l'Etat monarchique.
Cet ouvrage est une réflexion sur le modèle de la ville portuaire européenne atlantique à partir d'une comparaison entre l'Espagne et la France, pendant une période marquée par des mutations majeures (1650-1850). Dans cette économie-monde atlantique qui construit sa prééminence dans une première mondialisation, les deux siècles font passer de l'apogée du commerce colonial dans sa première formule aux guerres maritimes de la Révolution française et aux décolonisations américaines. La révolution industrielle naissante impose la route de l'Atlantique nord comme axe majeur des échanges internationaux. L'ouvrage analyse l'impact de ce contexte agité sur des villes pour lesquelles l'organisation des échanges maritimes et commerciaux formait la principale dynamique de développement. L'étude des réactions des divers acteurs au sein d'une trajectoire enchaînant croissance, crise et reconversion s'enrichit d'une comparaison entre des centres nodaux de la circulation. Sont interrogées les transformations du moteur atlantique de développement, mais aussi des sociétés et morphologies urbaines.
Comprendre la France d'Ancien Régime implique de se distancier de réflexes mentaux trop contemporains. L'Etat moderne se construit dans une économie préindustrielle, entraînée par le commerce des produits agricoles dans une société où les libertés sont longtemps confondues avec les privilèges des ordres sociaux et dans une culture largement vivifiée par la religion. La formation de l'Etat-nation est l'oeuvre d'une monarchie sacralisée à perspective absolutiste, où le souverain ne parvient pas à s'adapter à la redéfinition de la nation au siècle des Lumières. Après un lent dégagement des conceptions féodales, la monarchie n'a pas été capable de maîtriser la question du pluralisme religieux, ni d'imposer une réforme progressive de la société pour en tirer une fiscalité à la hauteur de ses ambitions. Le refus politique d'association de la nation à la gestion de l'Etat, longtemps maîtrisé grâce à l'attachement des élites au partage financier des ressources de l'Etat fort, finit par asphyxier la monarchie lorsque l'enlisement des réformes se paie par la faillite. Pour cerner la vraie nature de l'absolutisme français, de sa naissance à sa crise ultime, huit chapitres thématiques replacent l'Etat royal dans son environnement géographique, économique, social, religieux et culturel. Trois chapitres dégagent ensuite les caractéristiques essentielles de chaque siècle ; enfin, des synthèses approfondissent quelques questions fondamentales pour l'histoire de la France moderne.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.