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L'exposition
Sardes Guillaume de
LOUISON EDITION
19,00 €
Épuisé
EAN :9791095454489
Quand Marceau accepte d'être le commissaire d'une grande exposition en Afrique, il imagine que les choses vont être faciles. Il pense faire un voyage, mais c'est plutôt le voyage qui va le faire et le défaire. "Organiser une exposition n'est qu'une suite de rendez-vous, de gens entrevus dont on ne tente même pas de se rappeler le nom, d'autres sans intérêt qu'on a tout le temps dans les pattes. Il y a les assureurs, les transporteurs, les régisseurs, les scénographes, les accrocheurs, les attachées de presse, les contributeurs du catalogue, l'éditeur et ses employés, les mécènes, les directeurs des musées et surtout, surtout, la cohorte anonyme de leurs subordonnés. Un musée français est une administration à lui tout seul. Une administration lourde, peu efficace mais tatillonne, jalouse de ses prérogatives (qui du reste sont floues), quasi soviétique... Dans tout ça, le travail intellectuel est marginal. Marceau a l'impression d'être ce qu'on nomme dans les entreprises un chef de projet. Le pire est qu'il n'est même pas possible de connaître le héros, positif ou non, de toute cette aventure. Ou du moins ce n'est pas clair. Est-ce l'artiste exposé? Est-ce le commissaire ? Est-ce le musée ? Personne n'en sait rien. Tout cela est si compliqué, embrouillé, que c'est presque inaccessible au profane. Le commissaire d'exposition, résume donc Marceau, c'est celui qui conçoit l'exposition, qui fait en sorte qu'elle ait lieu et qu'à la fin les oeuvres reviennent dans les musées et aux collectionneurs qui les ont prêtées."
Budapest, Bakou, Berlin, Kiev, Moscou, Vilnius... Villes traversées, paysages, fiancées ou beautés d'occasion au visage blanc, tremblé, croisées dans une chambre d'hôtel : c'est la vie qui fournit à Guillaume de Sardes les sujets de ses photographies. Vers l'Est tient à la fois du roman photographique et du journal intime. Ici, la création est liée à l'errance et à la quête de soi.
Résumé : " J'ai décidé de travailler la danse encore plus. J'ai commencé à maigrir. Je me suis mis à danser comme Dieu. Tout le monde s'est mis à en parler. " C'est ainsi, se souvient Nijinsky, que débuta sa légende. Nous sommes en 1904. Quinze ans plus tard, en 1919, le danseur donnait sa dernière représentation, au Suvretta House, avant de perdre la raison. Entretemps, il avait été le plus grand danseur de sa génération, le chorégraphe génial de L'Après-midi d'un faune et du Sacre du printemps ; il avait été l'amant de Diaghilev, l'ami de Léon Bakst ; il avait connu Jean Cocteau et Paul Claudel, Debussy et Stravinsky ; il avait servi de modèle à Rodin, Maillol, Klimt ou Kokoschka. A partir des Mémoires de ceux qui l'ont côtoyé et des archives de la Bibliothèque de l'Opéra, Guillaume de Sardes retrace la vie de Nijinsky et étudie de manière précise ses talents de danseur et de chorégraphe. Grâce à la récente publication des Cahiers de Nijinsky dans leur version non expurgée, il a pu donner, pour la première fois, une interprétation originale de la pensée du danseur.
Début des années 70. Couché sur le dos, Jean Genet est dans son grand lit de l'hôtel Minza, en pyjama. Il est petit, la soixantaine passée, ni laid, ni beau : une calvitie, un nez écrasé de boxeur, de petits yeux un peu trop rapprochés. Il a un bras sous la tête, l'autre le long du corps. Sa main est posée à plat sur le matelas. Tenue entre l'index et le majeur une cigarette fume traçant dans l'air immobile un serpent blanc. A côté de lui, un livre ouvert de Gérard de Nerval et un journal froissé. La lumière filtre à travers les persiennes. Genet regarde le jeu du soleil sur le plafond blanc de la chambre. La voix égale du muezzin récite la prière de la mi-journée (adh-dhouhr). Sa voix flotte comme un fil d'or, Genet l'écoute, immobile. Il est à Tanger. Il n'écrit plus depuis des années. Il ne cherche qu'à meubler le poids de ces heures vides. Mais peut-être l'essence même de la littérature est-elle l'attente ?
Guillaume de Sardes vit à Paris où il s'occupe essentiellement d'art. Spécialiste des ballets russes, critique et collectionneur, il dirige la rédaction du magazine Prussian blue. Il a publié quatre romans: Giovanni Pico (Prix Ulysse), La dernière passion de son Eminence, Le Nil est froid (Prix François Mauriac de l'Académie française) et son Eminence en rose-et-blanc (Grasset, 2011).
Le thème de la décadence est souvent présenté comme central dans l'oeuvre cinématographique de Visconti. Vincent Petitet prend le contre-pied de cette idée - qui est peut-être bien une idée reçue - préférant insister sur l'effervescence des pulsions et la sensualité des épidermes. Il brosse ainsi le portrait de Visconti en infatigable chasseur qui observe, traque, tranche et prélève ce qui satisfait ses visions d'artiste. Ses acteurs n'en ressortent pas indemnes, dressés au génie ou condamnés à la disparition.
1957. Agnes Martin arrive à New York pour rejoindre la galerie de Betty Parsons, la découvreuse des expressionnistes abstraits. Là, elle rencontre Ellsworth Kelly, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Lenore Tawney, d'autres encore, et se lance dans l'abstraction géométrique. Ses peintres et ses dessins rencontre un vif succès auprès des critiques et des collectionneurs. Pourtant, six ans plus tard, en pleine gloire, se considérant incomprise, elle brûle toutes ses oeuvres et part pour un road trip à travers les Etats-Unis et le nord-est canadien, refusant définitivement de se plier aux règles du monde de l'art de son époque. Considérée aujourd'hui comme une peintre américaine majeure, Agnes Martin (1912-2004) est collectionnée et exposée dans les plus grands musées du monde : Centre Pompidou (Paris), Tate Gallery (Londres), Museum of Modern Art (New-York), Guggenheim (New York), Metropolitan Museum of Art (New York), etc. Dans cet essai, le premier a lui être consacré en français, Orianne Castel retrace son parcours atypique, analysant son oeuvre et restituant sa personnalité inquiète et vacillante, à la limite de la folie.
Cette nouvelle étant moins connue que les oeuvres théâtrales de Tchekhov, le texte original sera inclus dans cette édition. LE LIVRE Il s'agit d'une adaptation en roman graphique d'une nouvelle de Tchekhov intitulée Le Moine noir. Dans ce récit, le personnage d'Andreï Kovrine, un intellectuel russe éminemment brillant, surmené et à bout de nerfs, décide de passer l'été à la campagne, chez des amis de longue date : un homme, qui a beaucoup d'affection pour lui et le considère comme son fils, et sa fille. Ils ont une très haute estime de Kovrine et l'admirent énormément. Dans le jardin de la propriété, il commence à voir apparaître régulièrement la figure fantomatique d'un moine noir qui commence à hanter ses jours et ses nuits jusqu'à le faire sombrer dans la folie. Pour Anton Tchekhov, il s'agit là de représenter la " manie des grandeurs ", comme il l'explique lui-même, et d'ouvrir la reflexion sur l'intelligence et le bonheur, sur la condition des personnes considérées comme des génies. Le moine noir symboliserait ainsi la tentation de l'orgeuil, entrainant la perte de Kovrine qui y cède et semant le malheur dans son entourage. Mikkel Ørsted Sauzet a choisi de replacer cette histoire au sein d'une société moderne hyper connectée au sein de laquelle le moine noir se matérialise comme un assistant virtuel, " la première intelligence artificielle qui te connait mieux que toi-même ". Une application de téléphone mobile qui semble avoir le pouvoir de redonner la vue à des personnages privés de visage. Cela confère à cette nouvelle un inquiétant réalisme, elle perd presque son aspect fantastique qui la tenait à distance, ce qui la rend plus angoissante. Dans ce monde, qui n'est pas si éloigné du notre, où la technologie règne en maître et où l'humain semble avoir perdu du terrain, la réflexion initiée par Tchekhov autour de l'intelligence, de la folie et de l'ego semble avoir une place toute trouvée. L'atmosphère étouffante et sombre d'une période de canicule en l'an 2048 est renforcée par les dessins de Mikkel Ørsted Sauzet, qui (comme pour son album Fétiche) travaille exclusivement au stylo bic, une technique originale donnant une force incroyable à son oeuvre. Cette nouvelle étant moins connue que les oeuvres théâtrales de Tchekhov, le texte original sera inclus dans cette édition.
Orsted Sauzet Mikkel ; Tchekhov Anton ; Zagoulaïef
Ennemis est l'adaptation d'une nouvelle de Tchekhov parue en 1887. Dans la nouvelle de l'écrivain russe, le docteur Kirilov vient de perdre son fils de huit ans quand un homme sonne à sa porte et lui demande de le suivre immédiatement, afin de porter secours à sa femme. Il insiste tant et tant que Kirilov finit par accepter, mais c'est pour s'apercevoir, une fois arrivé chez son riche solliciteur, que la " mourante " a disparu. Tout cela n'était qu'une mise en scène pour éloigner son mari et lui permettre de s'enfuir avec son amant... Le vaudeville heurte le tragique. Si Mikkel Orsted Sauzet suit cette trame narrative, il situe l'histoire dans un futur indéterminé où les rapports sociaux se sont encore durcis et les inégalités creusées. Son roman graphique illustre la réplique du docteur Kiritov au mari trompé : " Vous vous êtes habitué à ne considérer les médecins et tous les travailleurs en général, dont les personnes ne dégagent aucun parfum délicat, que comme des êtres inférieurs ". Le parallèle avec l'époque contemporaine, où les " travailleurs essentiels " mobilisés pour faire face à la pandémie sont peu considérés, est évident. Tchekhov a-t-il jamais été aussi actuel ? Mikkel Orsted Sauzet semble penser que non.