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Avant-nefs & espaces d'accueil dans l'église, entre le IVe et le XIIe siècle
SAPIN CHRISTIAN
CTHS EDITION
53,00 €
Épuisé
EAN :9782735504756
Les récentes campagnes archéologiques sur le site de l'ancienne avant-nef de l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre ont permis de retrouver plusieurs états de l'occupation occidentale de ce site depuis le Ve siècle. La mise au jour d'une avant-nef du IXe siècle, reconstruite sur un plan différent au début du XIe siècle, conduit à renouveler la réflexion sur la structure et les fonctions de ces constructions occidentales. Les travaux de Jean-Charles Picard sur le quadriportique ou atrium des églises paléochrétiennes avaient déjà attiré l'attention sur les multiples fonctions de cet espace, entre accueil et recueillement, entre vie liturgique et lien funéraire. On est en droit de se demander s'il existe une filiation entre cette structure relativement bien datée et celle associée aussi bien aux grandes églises carolingiennes, comme sous le terme de " Westwerk ", qu'à certaines églises romanes, comme les abbatiales bourguignonnes de Tournus ou de Vézelay. Les travaux archéologiques de ces quinze pays européens, pour certains encore inédits, les réflexions menées par divers chercheurs en séminaire ainsi que des thèses récemment soutenues nous invitent à faire le point sur cette question. Pour percevoir l'ampleur de ce paysage en diverses régions de France et d'Europe, nous avons retenu une démarche inscrite autant dans la longue durée que des approches croisées entre archéologie, textes et décors.
Résumé : Au coeur du Poitou, le site de Vouneuil-sous-Biard (Vienne) s'inscrit dans un contexte riche en vestiges archéologiques depuis la haute Antiquité. Situé dans un méandre de la rivière Boivre, aux abords sud-ouest de la cité épiscopale de Poitiers, il fait partie d'un dense réseau de sanctuaires chrétiens établi entre le IV et le vile siècles. Avec près de 2 500 fragments de stucs mis au jour entre 1984 et 1986, l'ensemble de Vouneuil-sous-Biard se place - par la quantité recueillie - bien au-delà des lots découverts jusqu'à présent à Bordeaux ou Saint-Denis, qui ne dépassaient pas deux ou trois cents unités. Les comparaisons opérées avec les rares stucs déjà découverts en France et à l'étranger, conduisent vers les sources italiennes de l'Antiquité tardive et notamment Ravenne. Afin de cerner la spécificité du corpus de Vouneuil, chaque élément de stuc a été étudié comme un objet archéologique susceptible de livrer des informations sur sa réalisation et sa place dans un décor complet. Grâce aux relevés dessinés, ont été pris en compte les différents états de réalisation non seulement du matériau stuc lui-même mais aussi des couches picturales et des badigeons. De même que l'étude des traces d'accrochage au dos des stucs, des éléments de fixation, des bordures des pièces, ont été autant d'indices pour comprendre les techniques et les modes de mise en oeuvre dans l'espace. C'est à partir de ces indications et du travail en relation avec l'iconographie qu'ont pu être compris progressivement la position des pièces essentielles afin de restituer ce puzzle monumental dispersé. Il est apparu ainsi des jeux d'arcatures monumentales avec personnages et plusieurs registres de décor. Situé entre Loire et Gironde, Vouneuil-sous-Biard n'a pas dû échapper, au Ve siècle, à un contexte politique marqué, entre autres, par l'opposition de familles sénatoriales et d'évêques face à l'arianisme wisigoth. Après la victoire des Francs à Vouillé en 507, il apparaissait peut-être utile de réaffirmer l'orthodoxie de la foi, à travers des représentations monumentales (prophètes ou apôtres accompagnés des signes de l'agneau et de la croix). Avec une transformation de son sens au VIIIe siècle, peu de temps avant sa disparition, par l'adjonction d'inscriptions mentionnant divers martyrs anciens, le décor de stucs de Vouneuil demeure par son nombre, sa qualité, sa datation et l'iconographie représentée un ensemble unique et majeur pour saisir le passage de l'Antiquité au haut Moyen Age en Europe. Il démontre la permanence des traditions et devient un relais nouveau pour l'histoire des formes et celle des sociétés pré-médiévales.
Extrait de l'avant-propos:La Bourgogne est une des régions de France dont l'image s'identifie le mieux à une période de son art médiéval, l'art roman. Il en est de même pour le Poitou ou la Provence tandis que l'Ile-de-France sera assimilée plus facilement à l'art gothique. Ces perceptions schématiques nées à travers le XIXe et le XXe siècle s'expliquent par la présence de monuments phares de cette période, comme Vézelay ou Cluny dont le rayonnement dépasse les frontières, mais également par cette multitude d'édifices plus modestes, forêt que cachent les grands sites. Alors que la traversée de la Bourgogne peut se faire en 45 minutes en TGV, la vision de l'ensemble de ce paysage monumental ne peut se réaliser qu'en plusieurs jours, plusieurs mois, à travers des chemins de traverses. C'est ce que nous proposons ici dans un cheminement par thème et par micro-région. Ces zones géographiques ont leur cohérence et leur attrait, mais correspondent aussi à des chronologies croisées d'évolution de formes et de procédés de construction. La lecture en continu de l'histoire sera sans doute perturbée par des retours en arrière mais elle devrait faciliter l'approche des monuments sur le terrain. Ainsi, il fallait faire un choix toujours difficile qui appartient ici à plusieurs logiques: celle de l'Histoire d'une société médiévale, celle des inventions techniques, celle des parcours géographiques, avec en perspective du champ une autre image de l'art roman. Ainsi, c'est un regard sur l'art et l'architecture romane, très différent du volume et des choix opérés il y a cinquante ans par d'autres auteurs pour la Bourgogne; c'est une approche sans doute plus sobre qui se veut avant tout un lien entre l'article ou l'ouvrage spécialisé -que le lecteur retrouvera en Bibliographie- et la visite-découverte sur le terrain. C'est également une nouvelle façon de voir et comprendre à travers les dernières recherches des historiens ou les découvertes quelquefois encore inédites des archéologues. Depuis un demi-siècle, les techniques de la recherche ont considérablement évolué et, introduites dans l'architecture (dendrochronologie, thermoluminescence, C14...), elles permettent de proposer aujourd'hui une autre connaissance du bâti et des datations plus précises à côté des approches bien connues de la chronologie des formes. Il n'en reste pas moins des partis pris. Tous les sites n'ont pas été exploités au même degré et il restera encore beaucoup à dire et à faire dire à ces pierres et à leur décor. Cependant, déjà avec cette approche nouvelle, nous sortons du cliché traditionnel de «l'école bourguignonne» qui n'a plus lieu d'être. C'est enfin un nouveau choix de monuments. le terrain, où elles dominent en nombre, comme en volume et en dimension, à la différence des châteaux et maisons de la même période, mais nous voulons aussi nous attacher à ce qui a constitué d'emblée l'essentiel du renouveau du paysage monumental.
Gillon Pierre ; Sapin Christian ; Cantino Wataghin
Les cryptes médiévales constituent un patrimoine chargé de mystère dont la variété et les questions qu'elles suscitent restent méconnues. Trente chercheurs apportent leur contribution à la connaissance des cryptes de deux régions. L'Ile-de-France et la Picardie présentent un corpus multiforme de cryptes, de l'époque carolingienne au XVe siècle, et des plus connues comme Saint-Denis, Jouarre ou Saint-Médard de Soissons, aux plus secrètes. Une approche pluridisciplinaire en aborde tous les aspects, tant sur le plan architectural que sur celui de l'utilisation liturgique, ou sur leur rôle dans la dévotion aux corps saints, dont un chapitre fait l'inventaire. Une analyse historique et archéologique renouvelée lève bien des interrogations. Une partie est consacrée à des structures situées sous des églises, mais qui ne sont pas des cryptes : des critères précis permettent de mettre fin aux confusions. Un inventaire des cryptes existantes, disparues ou rejetées clôt l'ouvrage.
Présentation de l'éditeur La crypte fait partie de l'imaginaire du monde médiéval et renvoie, de manière L souvent abusive, à une réalité que l'on croit uniquement souterraine, cachée ou mystérieuse. L'auteur tente ici de sortir des idées reçues en reconstituant le processus historique des cryptes dans une démarche à la fois archéologique et anthropologique. Ornée ou d'une grande simplicité, conçue pour recevoir reliques ou pèlerinages à travers les âges, chaque crypte a son histoire, une histoire qui s'est constituée souvent bien après sa construction et même son usage. C'est pourquoi dans ce parcours archéologique des cryptes en France, l'auteur accorde une place particulière aux textes et à l'examen des espaces pour reconstituer usages et parcours. Les réponses qu'il apporte s'inscrivent dans un panorama plus général de l'évolution de l'espace sacré de l'Antiquité tardive à l'époque médiévale. En restituant la crypte dans sa dimension architecturale, artistique et historique, l'enquête bouscule l'histoire locale pour mieux saisir l'épreuve du temps, la trace d'une croyance et l'expression d'une société. Cet ouvrage est le fruit d'un travail de longue durée de Christian Sapin, archéologue et historien, qui a recensé près de 400 cryptes en France datées entre le IVe et le XIIe siècle, tout en établissant des comparaisons à travers l'Europe occidentale. Les nombreuses reconstitutions qu'il propose ainsi que la vaste campagne du photographe jean-François Amelot en font un ouvrage de référence.
Résumé : Le Garde-Meuble de la Couronne était l'administration chargée de la gestion du mobilier et des objets d'art destinés à l'ornement des appartements royaux. Tout d'abord simple attribution du valet de chambre du roi depuis le Moyen Âge, la création d'une administration spécifique, dirigée par un intendant, s'avéra nécessaire pendant le règne de Henri IV devant le développement des maisons royales. La charge d'intendant général des meubles de la Couronne devint de plus en plus prestigieuse à partir du règne de Louis XIV grâce à l'attention croissante portée au mobilier royal par les souverains. Les intendants furent des personnalités intéressantes et l'étude de leur origine sociale et de leurs parcours permet de mieux comprendre leur action à la tête du Garde-Meuble. Tour à tour excellents administrateurs, amateur éclairé ou favori du roi, ils contribuèrent au rayonnement du mobilier royal et de leur administration. Pour la première fois, le statut juridique du mobilier royal est abordé avec particulièrement la question de son inaliénabilité et les limites de celle-ci, ainsi que. parallèlement, celui des garde-meubles personnels des souverains qui géraient leurs biens mobiliers privés. Cette étude de l'histoire administrative, juridique et sociale du Garde-Meuble apporte un regard nouveau et complémentaire sur cette importante institution de l'Ancien Régime et son fonctionnement, incontournable pour l'étude du mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur la personnalité de ses directeurs.