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Infiniment au bord. (Soixante-dix variations autour du Je)
Sangral Stéphane ; Ferdinande Denis
GALILEE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782718610030
... je me Je... ...en boucle... ...et rien que ça... ...et rien que ça... ...en boucle... ...je me Je... ... ... ... ... ... ... ... ...et je me Je... ...et en boucle... ...et rien que ça... ...et rien que ça... ...et rien que ça... ...mais en vérité même pas... ...et même mon non-être n'est pas le mien..." "Ce livre est la recherche de soixante-dix possibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi (xante-dix impossibilités de conjurer l'impossibilité d'être soi)))))))." Stéphane Sangral
A l'hôpital de la Conception, à Marseille, où Rimbaud est mort, un foetus s'exprime - et s'informe, s'instruit, dispute ! - avant de décider s'il débarquera un ou non dans ce bas monde... Tels sont les effets imprévus, et indésirables, d'une expérience de clonage humain. Quoique censément interdite, donc clandestine, la voici ébruitée et aussitôt "peopolisée" par journaux, radios et télés... Le narrateur arrive bien trop tard pour faire sienne la voix du foetus babillard. S'agirait-il d'un conte satirique ?
Au fil d'une sorte de journal rédigé en 1948-49 par un garçon de 17 ans s'égrènent ici les mauvais souvenirs d'une enfance sous l'Occupation. Dans un "bon vieux lycée" d'autrefois, strictement masculin et discipliné, le jeune garçon vivre une période de sa vie propice à des camaraderies et des inimitiés "viriles" chahutant les codes établis. Ce sera le temps de l'initiation amoureuse dans un monde de ségrégation sexuelle où l'avortement est encore hors-la-loi.
Qu'est-ce que le Je ? Ce qui marche, déséquilibré, sur des dalles fragilement posées sur des dalles solidement posées sur leur déséquilibre. Ce livre s'enfoncera vers la définition du Je, vers le centre irradiant du mystère d'être. Et il n'y trouvera rien. Et, pire, il trouvera le Rien, sous les traits de la mort, et même sous les ratures du Néant. Alors il s'enfoncera plus loin, dans la vacuité divine, et tentera de faire de la vacuité du je rien - encore rien... - de moins qu'un dieu. Qu'est-ce que le Je ? Ce qui peut-être marchera, divinement, sur des dalles posées sur rien. Et qu'est-ce que le "Qu'est-ce que le Je ?" ? Une métaquestion qui dérisoirement tentera de remplacer la métaphysique. Stéphane Sangral
Avoir pénétré en ce texte de présentation, mais y avoir pénétré si loin que s'est révélé son centre : l'impossibilité d'avoir véritablement pénétré en ce texte de présentation. Ce livre, gravitant autour de ce centre (dans une tension entre le fuir et s'y écraser), s'écrira à l'encre du vertige. Circonvolutions. Ce livre, s'enroulant autour de ses propres replis (dans une tension entre l'étrange et l'impensable), deviendra l'organe du vertige. Circonvolutions. Ce livre, tordant ses idées et son écriture autour de l'idée d'écriture (dans une tension entre le soi, l'écriture, le soi de l'écriture, et peut-être l'écriture du soi), ne sera que le vertige de ce livre. Circonvolutions. Cloîtré dans l'étonnement d'être un livre, Circonvolutions n'en sortira que pour se perdre dans l'étonnement (d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement) d'être. Faire des noeuds sur le fil de ce texte de présentation, et tenter de grimper là où le vertige se transforme en la possibilité de véritablement pénétrer en l'écriture... "
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...