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Circonvolutions. (Soixante-dix variations autour d'elles-mêmes)
Sangral Stéphane ; Roger Thierry
GALILEE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782718609331
Avoir pénétré en ce texte de présentation, mais y avoir pénétré si loin que s'est révélé son centre : l'impossibilité d'avoir véritablement pénétré en ce texte de présentation. Ce livre, gravitant autour de ce centre (dans une tension entre le fuir et s'y écraser), s'écrira à l'encre du vertige. Circonvolutions. Ce livre, s'enroulant autour de ses propres replis (dans une tension entre l'étrange et l'impensable), deviendra l'organe du vertige. Circonvolutions. Ce livre, tordant ses idées et son écriture autour de l'idée d'écriture (dans une tension entre le soi, l'écriture, le soi de l'écriture, et peut-être l'écriture du soi), ne sera que le vertige de ce livre. Circonvolutions. Cloîtré dans l'étonnement d'être un livre, Circonvolutions n'en sortira que pour se perdre dans l'étonnement (d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement) d'être. Faire des noeuds sur le fil de ce texte de présentation, et tenter de grimper là où le vertige se transforme en la possibilité de véritablement pénétrer en l'écriture... "
C'était pendant la guerre d'Algérie mais délibérément ailleurs, le plus loin possible, "aux isles"... Malvina, coup de foudre sur un paquebot blanc... Ses "vérités" ? Celles de la Martinique elle-même telles que les revit le narrateur à travers les souvenirs de deux passés que sépare une quarantaine d'années (1957-1997). Mais peut-on garder le contrôle de son parcours de vie lorsque le présent, brusquement, devient le temps le plus fuyant, le plus insaisissable ?
Au fil d'une sorte de journal rédigé en 1948-49 par un garçon de 17 ans s'égrènent ici les mauvais souvenirs d'une enfance sous l'Occupation. Dans un "bon vieux lycée" d'autrefois, strictement masculin et discipliné, le jeune garçon vivre une période de sa vie propice à des camaraderies et des inimitiés "viriles" chahutant les codes établis. Ce sera le temps de l'initiation amoureuse dans un monde de ségrégation sexuelle où l'avortement est encore hors-la-loi.
Pour envisager les rapports entre le soi et l'autre, l'auteur sollicite l'éthique, la justice, la politique, la mondialisation, la discrimination identitaire, le nationalisme, la religion, l'argent, le sexe ou encore l'amour. Son entreprise intellectuelle consiste à désacraliser le groupe et l'individu et à comprendre comment tout mène à la fois à soi et à l'autre.
Je ne suis que la question "suis-je ?" errant en ses réponses. Ombre à n dimensions est l'empilement, ou la confrontation, chapitre après chapitre, poème après poème, des facettes de cet objet impossible et fascinant (cet objet-idée qui n'est qu'un mot, cet objet-mouvement qui n'est que le vertige d'une boucle, cet objet-dieu qui n'est qu'un crépuscule, cet objet-ombre qui est le fondement des divers reflets de l'être) : le Je. De la matière cérébrale émerge la matière symbolique qui, s'organisant autour du Je, ce trou noir conceptuel, va progressivement y être aspirée, et disparaître, laissant la matière cérébrale à nu. Seul le frisson du Néant habillera l'être. Je ne suis que la question "suis-je ?" errant en ses réponses qui l'ont consumée. " (Stéphane Sangral). " Comment est-il possible, au fond, par la simple complexité de l'agencement neuronal, d'être conscient d'être ? Ce mystère, plus que le Je de l'auteur, est le véritable sujet de cet incroyable livre. " (Alain Berthoz).
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.