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Ombre à n dimensions. (Soixante-dix variations autour du Je)
Sangral Stéphane ; Berthoz Alain
GALILEE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782718609027
Je ne suis que la question "suis-je ?" errant en ses réponses. Ombre à n dimensions est l'empilement, ou la confrontation, chapitre après chapitre, poème après poème, des facettes de cet objet impossible et fascinant (cet objet-idée qui n'est qu'un mot, cet objet-mouvement qui n'est que le vertige d'une boucle, cet objet-dieu qui n'est qu'un crépuscule, cet objet-ombre qui est le fondement des divers reflets de l'être) : le Je. De la matière cérébrale émerge la matière symbolique qui, s'organisant autour du Je, ce trou noir conceptuel, va progressivement y être aspirée, et disparaître, laissant la matière cérébrale à nu. Seul le frisson du Néant habillera l'être. Je ne suis que la question "suis-je ?" errant en ses réponses qui l'ont consumée. " (Stéphane Sangral). " Comment est-il possible, au fond, par la simple complexité de l'agencement neuronal, d'être conscient d'être ? Ce mystère, plus que le Je de l'auteur, est le véritable sujet de cet incroyable livre. " (Alain Berthoz).
Pour envisager les rapports entre le soi et l'autre, l'auteur sollicite l'éthique, la justice, la politique, la mondialisation, la discrimination identitaire, le nationalisme, la religion, l'argent, le sexe ou encore l'amour. Son entreprise intellectuelle consiste à désacraliser le groupe et l'individu et à comprendre comment tout mène à la fois à soi et à l'autre.
C'était pendant la guerre d'Algérie mais délibérément ailleurs, le plus loin possible, "aux isles"... Malvina, coup de foudre sur un paquebot blanc... Ses "vérités" ? Celles de la Martinique elle-même telles que les revit le narrateur à travers les souvenirs de deux passés que sépare une quarantaine d'années (1957-1997). Mais peut-on garder le contrôle de son parcours de vie lorsque le présent, brusquement, devient le temps le plus fuyant, le plus insaisissable ?
Creusant ces matériaux que sont la pensée et le langage avec ces outils que sont le langage et la pensée, Stéphane Sangral creuse également, dans cette boucle infernale et fascinante, une brèche. Peut-être peut-on résumer ce livre, peut-être même toute l'oeuvre sangralienne, à l'exploration minutieuse de cette brèche...
Avoir pénétré en ce texte de présentation, mais y avoir pénétré si loin que s'est révélé son centre : l'impossibilité d'avoir véritablement pénétré en ce texte de présentation. Ce livre, gravitant autour de ce centre (dans une tension entre le fuir et s'y écraser), s'écrira à l'encre du vertige. Circonvolutions. Ce livre, s'enroulant autour de ses propres replis (dans une tension entre l'étrange et l'impensable), deviendra l'organe du vertige. Circonvolutions. Ce livre, tordant ses idées et son écriture autour de l'idée d'écriture (dans une tension entre le soi, l'écriture, le soi de l'écriture, et peut-être l'écriture du soi), ne sera que le vertige de ce livre. Circonvolutions. Cloîtré dans l'étonnement d'être un livre, Circonvolutions n'en sortira que pour se perdre dans l'étonnement (d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement d'être cloîtré dans l'étonnement d'être un livre et de n'en sortir que pour se perdre dans l'étonnement) d'être. Faire des noeuds sur le fil de ce texte de présentation, et tenter de grimper là où le vertige se transforme en la possibilité de véritablement pénétrer en l'écriture... "
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.