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Sang lié
Bosc David ; Rueff Martin
FLORIDES HELVET
7,00 €
Épuisé
EAN :9782940775453
On voit le jour, on traverse le jardin de l'enfance, puis le moment vient de naître au monde et à soi-même. Une voie parfois étroite, brutale, où la solitude choisie devient ennemie, où les mots fouettent ou étouffent. Pour le narrateur, trois d'entre eux suffiront pourtant à tout libérer : "Je te connais". Récit initiatique, Sang lié décrit la découverte du monde et de soi-même après l'adolescence, les obstacles auxquels on se heurte et ceux qu'on se crée, la révolte et la rencontre de l'amour. Ce n'est pas un roman, ce n'est pas une histoire : c'est l'expérience de la mue, si intime et si universelle. C'est la conquête de la liberté sans solitude, dans une langue poétiquement, intensément vivante. Premier roman de David Bosc, Sang lié a été publié en 2005 aux Editions Allia. Il est accompagné dans cette nouvelle édition d'une postface inédite de Martin Rueff, poète, traducteur et professeur à l'université de Genève. David Bosc, né en 1973, est un écrivain et poète français installé à Lausanne depuis vingt ans.
Résumé : Si on veut, c'est Marseille et on l'appelle Mahashima. Leg?do, ce sont les Goudes. Et Manosque se dit anosaka. Les collines, en tout cas, n'ont pas beaucoup changé. A Mahashima, longtemps capitale d'un royaume sans importance, Ryosh? mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse. Un matin, il se met tout de même en marche pour aller revoir, non loin, les paysages de son enfance. En suivant le rivage, en gravissant les collines, il se remémore la période de troubles qui a marqué sa jeunesse, puis ce caprice du pouvoir à l'origine de la plus belle saison qu'on ait connue : le déplacement de la capitale, quand Mahashima fut subitement abandonnée par les puissants. L'histoire a peut-être lieu dans le futur, mais on y voit des pans entiers de notre époque, des clans guerriers, comme dans le Japon médiéval, et une lumière qu'on avait oubliée. C'est un monde renversé sans violence, ou presque, et qui retrouve son équilibre en ayant renoncé à durer toujours.
Enfants de rois, de paysans ou de bourgeois, les personnages de ces quatre récits ont ouvert sur le monde des yeux de premier homme : l'ordre des choses, ils entendent l'éprouver, en restant sourds aux "vérités éternelles". Ce sont alors des assauts et des ruses, des solidarités intempestives et de soudains dégagements. Liberté, égalité, fraternité : les vieilles lunes sont décrochées avec tout le décor, et les voici qui se rallument, fragiles, toutes neuves, à hauteur de regard, sur le visage de n'importe qui.
Un homme d'une quarantaine d'années, Milo, s'installe dans une maison familiale, située dans les Bouches-du-Rhône et abandonnée depuis longtemps. Il y vit en marginal, travaillant au noir à l écart des habitants du village. On le découvre hanté par des cauchemars fratricides et le souvenir d'une ancienne compagne. Parce qu il refuse d avoir un enfant avec celle qu il aime et qui le lui demande, Milo a fait délibérément un pas de côté par rapport au cours logique de l existence. En opposant un refus radical au destin qui lui semblait assigné, Milo s aventure, tel un funambule sur le fil fragile de l existence, en quête d une vie nouvelle. Milo pourrait s apparenter à un roman d apprentissage. Or, de cheminements hasardeux en errances volubiles, c est à un roman de la reconstruction que le lecteur s avère convié. Par un véritable travail de sape, en usinant ou en coupant, en découpant, puis en clouant, le personnage cherche comment il pourra à nouveau prendre part à la vie. Bien plus qu un cheminement individuel, c est la fresque entière d une époque qui prend forme sous nos yeux. On lit certains romans pour savoir; Milo, il s agirait plutôt de l écouter. La voix du personnage et celle du narrateur-auteur s entremêlent au point de faire apparaître, en poussant la dissonance jusqu à son paroxysme, de terribles moments de crise mais aussi de véritables états de grâce. D ailleurs, cette voix ne manque pas de faire écho, parfois, à l écriture de Samuel Beckett. Sous l apanage d une tournure littéraire foncièrement classique auquel l auteur prend un malin plaisir à tordre le cou, entre autodafé et feu de joie, Milo nous donne à voir le parcours d un homme qui a choisi l errance afin de se réconcilier avec le monde.
Résumé : À l'aube de la quarantaine, Anne Cuneo, alors maman d'une petite fille de neuf ans, apprend qu'elle est atteinte d'une maladie qui pourrait lui être fatale. Elle-même a perdu son père alors qu'elle n'était qu'une enfant, et a toujours regretté de ne pas l'avoir mieux connu ; elle décide donc de raconter sa jeunesse et de retracer son cheminement intérieur afin que sa fille, si un jour elle en éprouve le besoin, puisse comprendre cette mère qui risque de s'en aller trop tôt. Remontant aux sources de son éveil à la conscience, l'auteure évoque sa vie en Lombardie dans une famille de la bourgeoisie italienne, puis sa condition d'immigrée en Suisse, revenant sur un parcours marqué par les brimades de la discrimination mais aussi par la conquête de l'émancipation. Anne Cuneo (1936-2015), née à Paris de parents italiens, a passé son enfance en Lombardie d'où elle a émigré en Suisse avec sa mère et son frère. Après des études de lettres à Lausanne, Londres et Florence, elle travaille comme journaliste et traductrice. Elle a écrit plusieurs récits autobiographiques, des romans historiques et policiers, des études sur le cinéma et le théâtre, ainsi qu'une quinzaine de pièces. Lauréate du Prix Schiller en 1979 pour l'ensemble de son oeuvre, Anne Cuneo compte parmi les écrivains les plus populaires de Suisse romande.
Résumé : Roman policier insolite, roman de la beauté, contemplatif et musical, Le chien Tristan est d'abord le roman du romantisme, de sa grandeur et de ses aspects dérisoires. Volontairement cloîtrés au coeur de Rome, ses protagonistes "jouent" à s'identifier aux grands créateurs du xixe siècle, Wagner, Liszt ou Nietzsche. Fous du génie qu'ils n'ont pas, ils sentent que le romantisme, bien plus qu'une exaltation de la passion, est une recherche passionnée d'une vérité à laquelle ils sacrifient leur bonheur et leur équilibre. Hors de leur siècle, de leur pays, hors de toute certitude religieuse, placés devant l'évidence et l'effroi de l'existence, ces "inadaptés" sont pourtant l'image de l'homme contemporain, déraciné du sacré, et n'osant plus s'avouer à lui-même sa quête désespérée du Vrai. Confrontés à une femme qui refuse le rôle de sublime prétexte, ces personnages deviendront les rivaux tragiques et pitoyables d'un être dont le regard détient la vérité sans la conscience : un chien, que sa maîtresse a nommé Tristan. Écrivain, philosophe, journaliste et traducteur, Étienne Barilier est né en 1947 à Payerne dans le canton de Vaud. Son premier récit, Orphée, paraît en 1971 ; il sera suivi d'une quarantaine de romans et d'essais. Lauréat de nombreuses distinctions littéraires, dont le Prix d'honneur de la Ville de Paris en 1978 pour Le chien Tristan, Étienne Barilier a également enseigné la littérature française à l'université de Lausanne entre 2001 et 2013.
Résumé : L'oeuvre littéraire de Jeremias Gotthelf, dans laquelle il exprime ses préoccupations civiques et sociales, est souvent lue dans une perspective qui accentue son caractère contextuel, voire régional. Mais L'araignée noire et Le déluge en Emmental échappent à cette vision réductrice. Dans L'araignée noire, l'écrivain aborde un sujet de portée universelle en explorant les réactions de tout un village face à une invasion d'araignées noires qui déciment peu à peu les habitants. Le caractère fantastique de la nouvelle n'empêche pas Gotthelf d'étudier les réactions de ses pairs pour en tirer la leçon, comme il le fait, en partant de l'évocation d'une catastrophe bien réelle, dans Le déluge en Emmental. Romancier suisse de langue allemande, Jeremias Gotthelf (1797-1854), de son vrai nom Albert Bitzius, a été de 1832 à sa mort pasteur de Lützelflüh dans la campagne de l'Emmental. Il a été un acteur engagé du mouvement de "régénération" politique qui agitait alors la Suisse ; dans son oeuvre, enracinée dans le terroir bernois, Gotthelf s'attache à décrire le bouleversement, par la modernisation, d'une société jusqu'alors essentiellement paysanne.
Dans Boulevard des Philosophes, Georges Haldas brosse de son père, trente ans après sa mort, un portrait fondé sur ses propres sensations et souvenirs d'enfance. Par son implication personnelle, le narrateur fait ainsi, indirectement, son propre portrait. La figure paternelle, par ailleurs, est forcément en lien avec notre propre découverte du monde : mieux vaut alors, selon l'auteur, comprendre le père plutôt que le tuer, si on veut savoir qui on est et pouvoir se situer parmi les hommes. La remémoration minutieuse de "l'homme mon père" tourne progressivement à la transfiguration : au terme de Boulevard des Philosophes, le père est devenu en quelque sorte le frère du narrateur - mais aussi celui du lecteur. Georges Haldas (1917-2010) est né à Genève d'un père grec et d'une mère suisse. Poète, essayiste, scénariste, critique littéraire, il est surtout l'auteur d'une suite de chroniques qui donnent accès à son regard particulier sur le monde et développent ses interrogations sur les aspects les plus variés de l'existence humaine. Il est considéré comme l'un des maîtres de la littérature personnelle du XXe siècle.