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MILO
BOSC DAVID
ALLIA
9,20 €
Épuisé
EAN :9782844853189
Un homme d'une quarantaine d'années, Milo, s'installe dans une maison familiale, située dans les Bouches-du-Rhône et abandonnée depuis longtemps. Il y vit en marginal, travaillant au noir à l écart des habitants du village. On le découvre hanté par des cauchemars fratricides et le souvenir d'une ancienne compagne. Parce qu il refuse d avoir un enfant avec celle qu il aime et qui le lui demande, Milo a fait délibérément un pas de côté par rapport au cours logique de l existence. En opposant un refus radical au destin qui lui semblait assigné, Milo s aventure, tel un funambule sur le fil fragile de l existence, en quête d une vie nouvelle. Milo pourrait s apparenter à un roman d apprentissage. Or, de cheminements hasardeux en errances volubiles, c est à un roman de la reconstruction que le lecteur s avère convié. Par un véritable travail de sape, en usinant ou en coupant, en découpant, puis en clouant, le personnage cherche comment il pourra à nouveau prendre part à la vie. Bien plus qu un cheminement individuel, c est la fresque entière d une époque qui prend forme sous nos yeux. On lit certains romans pour savoir; Milo, il s agirait plutôt de l écouter. La voix du personnage et celle du narrateur-auteur s entremêlent au point de faire apparaître, en poussant la dissonance jusqu à son paroxysme, de terribles moments de crise mais aussi de véritables états de grâce. D ailleurs, cette voix ne manque pas de faire écho, parfois, à l écriture de Samuel Beckett. Sous l apanage d une tournure littéraire foncièrement classique auquel l auteur prend un malin plaisir à tordre le cou, entre autodafé et feu de joie, Milo nous donne à voir le parcours d un homme qui a choisi l errance afin de se réconcilier avec le monde.
On voit le jour, on traverse le jardin de l'enfance, puis le moment vient de naître au monde et à soi-même. Une voie parfois étroite, brutale, où la solitude choisie devient ennemie, où les mots fouettent ou étouffent. Pour le narrateur, trois d'entre eux suffiront pourtant à tout libérer : "Je te connais". Récit initiatique, Sang lié décrit la découverte du monde et de soi-même après l'adolescence, les obstacles auxquels on se heurte et ceux qu'on se crée, la révolte et la rencontre de l'amour. Ce n'est pas un roman, ce n'est pas une histoire : c'est l'expérience de la mue, si intime et si universelle. C'est la conquête de la liberté sans solitude, dans une langue poétiquement, intensément vivante. Premier roman de David Bosc, Sang lié a été publié en 2005 aux Editions Allia. Il est accompagné dans cette nouvelle édition d'une postface inédite de Martin Rueff, poète, traducteur et professeur à l'université de Genève. David Bosc, né en 1973, est un écrivain et poète français installé à Lausanne depuis vingt ans.
L'homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n'en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l'amour avant huit jours. En exil en Suisse, Gustave Courbet s'est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie?: il a peint, il a fait la noce, il s'est baigné dans les rivières et dans les lacs. On s'émerveille de la liberté de ce corps dont le sillage dénoue les ruelles du bourg, de ce gros ventre qui ouvre lentement les eaux, les vallons, les bois. Quand il peignait, Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s'égarer, au risque surtout d'être ébloui, soulevé, délivré de lui-même. De quel secret rayonnent les années à La Tour-de-Peilz, sur le bord du Léman, ces quatre années que les spécialistes expédient d'ordinaire en deux phrases sévères?: Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire??Ce secret, éprouvé au feu de la Commune de Paris, c'est la joie contagieuse de l'homme qui se gouverne lui-même.
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.
Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.