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Moraliser le capitalisme ?
Salmon Anne
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271067401
Licenciements massifs, délocalisations, golden parachutes, stock options: moraliser le capitalisme? Certains le préconisent. Actuellement, les entreprises entendent produire des valeurs. Les chartes éthiques, les codes déontologiques, les codes de conduites, les accords de responsabilité sociale d'entreprises sont au coeur de la communication interne et externe des grandes firmes internationales. Leur but? Restaurer la confiance nécessaire aux affaires, motiver les salariés et s'assurer de leur loyauté. Ces garde-fous sont toutefois sérieusement ébranlés par la crise financière, économique et sociale. Catastrophes et scandales se succèdent. Capitalisme et éthique semblent irréconciliables. Pourtant historiquement, ils ont eu partie liée. L'éthique protestante à la naissance du capitalisme moderne, puis l'éthique progressiste à l'époque du capitalisme industriel ont bel et bien été mobilisées. En comparant les pratiques et les discours d'hier à ceux d'aujourd'hui, Anne Salmon interroge et examine la singularité du phénomène contemporain. Une éthique purement instrumentale n'est-elle pas cause d'une érosion des valeurs? Et si le nouveau capitalisme était en lui-même l'une des sources d'une démoralisation de la société?
Résumé : L'éthique représente un enjeu incontournable pour les firmes internationales, du fait de la pression croissante de l'opinion publique. Mais quelle en est sa perception par les salariés? Ne leur apparaît-elle pas comme une préoccupation secondaire ou une question managériale abstraite? Cet ouvrage - alliant une approche théorique et une enquête d'envergure sur une grande entreprise publique - pose ainsi des questions fondamentales : comment et pourquoi le système capitaliste produit-il des valeurs sociales ? Entre adhésion et résistance, quelle est la réception de ce discours par les salariés ? L'auteur montre ainsi que le "désir" d'éthique est largement dépendant des conditions sociales des salariés et de l'existence de collectifs de travail partageant les mêmes " valeurs ". Ainsi, la formulation par la direction d'une éthique à laquelle les individus devraient s'identifier n'est ni suffisante pour emporter l'accord et l'adhésion des salariés, ni gage en elle-même de cohésion sociale.
Même si des pouvoirs autoritaires nient leur existence, les crises écologiques et sociales continuent à s'aggraver. Pour en sortir, la bonne volonté ne suffira pas. Leur apporter une solution suppose de reconnaître qu'elles s'enracinent dans une autre crise, d'ordre épistémique. Tel est l'argument de ce livre. La conception traditionnelle du savoir, présente depuis l'Antiquité avec Platon, renouvelée par la science classique avec Descartes et se prolongeant jusqu'à Bachelard, est porteuse d'un imaginaire de puissance qui promet au philosophe ou au savant la maîtrise de toute chose. Or une autre science émerge qui n'a pas pour vocation de dompter la nature et de surplomber la société mais d'agir avec elles, de promouvoir des interactions et des perspectives partagées grâce à l'association de savoirs (académiques, expérientiels, professionnels...). Cette approche, où le sujet connaissant n'est plus spectateur mais acteur impliqué, caractérise aujourd'hui une science citoyenne dont Machiavel a été un des précurseurs. Elle se déploie à partir de divers champs : de la physique avec l'Ecole de Copenhague à la philosophie et aux sciences sociales avecFeyerabend et son anarchisme méthodologique, Habermas, Honneth ou Fraser pour l'Ecole de Francfort, les pragmatistes de Dewey à Latour, les féministes comme Haraway et Harding, les auteurs du Sud global de Mariàtegui à Quijano. Toutes ces contributions déconstruisent les dogmatismes et facilitent une reconstruction démocratique. Malgré les tentatives d'invalidation auxquelles elles se heurtent, elles s'avèrent indispensables pour surmonter les défis socio-écologiques.
Résumé : Les premiers contacts entre Européens et Tahitiens sont généralement racontés du point de vue des navigateurs occidentaux, fascinés par la sexualité et le caractère exotique de ceux qui apparaissent alternativement comme des "bons sauvages" et des êtres bestiaux. Dans son ouvrage iconoclaste, Anne Salmond confronte les différentes versions de l'histoire, celle des Tahitiens face à ces visiteurs inconnus et celle des Européens. L'auteur montre à quel point les divers mythes - ceux véhiculés par les Européens et ceux propres aux Tahitiens - se recoupent et s'entremêlent. Elle puise ses sources dans la tradition orale tahitienne, dans les archives écrites et picturales européennes ainsi que dans l'artisanat tahitien. Le texte est illustré par des esquisses, des tableaux et des gravures inspirés par les voyages de découverte. Retraçant les aventures vécues par les navigateurs européens à Tahiti ainsi que la vie des insulaires lors des premières rencontres, L'Ile de Vénus apporte un éclairage radicalement nouveau sur une époque durant laquelle Tahiti prit une importance primordiale dans l'imaginaire européen.
La question sur laquelle se penchent, avec un regard neuf, Jean-Louis Laville et Anne Salmon est de saisir les conditions de légitimité des savoirs expérientiels et de faire reconnaître des apports scientifiques résultant des "savoirs d'action". Voilà ce qui donne tout son sens à cette réflexion épistémologique et constitue l'intérêt de ce livre, véritable leçon d'optimisme, au moment où tout le monde se plaint de la baisse d'attractivité du travail social. Cet ouvrage peut être un levier bienvenu pour la formation des professionnels, à plus forte raison si l'on considère qu'elle n'est pas seulement affaire de transmission de savoirs établis, mais qu'elle aide à forger un esprit critique, favorise l'ouverture intellectuelle et contribue aux débats démocratiques que les étudiants, formateurs, chercheurs et personnes accompagnées sont fondés à approfondir." Marcel Jaeger.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
(Texte provisoire) En bref Tout sur la monarchie à son âge d'or. Le livre Issue d'un ouvrage collectif sur les monarchies à toutes époques, cette contribution d'Yves-Marie Bercé, synthèse sur une forme politique dominante en Occident de la Renaissance à la Révolution française, est une formidable introduction à l'histoire de l'Europe à l'époque moderne. Il ne s'agit pas d'un catalogue des rois et reines du XVIe au XVIIIe siècle, mais bien d'une histoire de la monarchie à travers l'analyse des fonctions royales. Roi-père, roi-justicier, garant de la Paix. Les nombreux attributs du souverain - vrais ou supposés - soulignent le caractère sacré alors attaché à cette fonction. Mais qu'en est-il vraiment du pouvoir du roi ? Que nous disent les chutes de trône du caractère supposément divin de leur élection ? Quels sont les rapports du roi à l'Etat, alors naissant dans le courant du XVIIe siècle ? Comment l'épithète " absolue " que l'on accole alors à " royauté " se traduit-il dans la pratique ? Et surtout, quelles relations le roi entretient-il avec son peuple ? De François 1er à Louis XVI, d'Elisabeth 1re à Jacques II, de Charles Quint à Charles III le Bourbon, c'est l'âge d'or de la monarchie que nous fait revivre Yves-Marie Bercé, en fin connaisseur de la période. L'auteur Yves-Marie Bercé, chartiste, ancien membre de l'Ecole française de Rome, est professeur d'histoire moderne. Arguments - Une synthèse claire et accessible.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.