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Vigny
Sainte-Beuve Charles-Augustin ; Brix Michel
KIME
20,00 €
Épuisé
EAN :9782841746132
Sainte-Beuve a consacré à Alfred de Vigny plusieurs articles qu'on trouvera ici réunis et qui sont particulièrement riches d'enseignements pour l'histoire littéraire. Dans ces textes, le critique des Lundis fait à la fois le bilan de la production personnelle de Vigny - dans les domaines du théâtre, de la prose et surtout de la poésie - et le bilan du romantisme, dont l'auteur de Stello a été un représentant éminent. Est rappelée, par exemple, la fascination qu'exercèrent les poèmes de Vigny, à l'époque héroïque du Cénacle (1827-1830), sur la jeune génération des écrivains. Mais ces articles sont également l'occasion pour Sainte-Beuve d'analyser, à travers le cas emblématique de Vigny, les contradictions qui minèrent le romantisme, en France, et interdirent à ce mouvement de connaître tout le déploiement et le rayonnement auxquels il semblait promis.
Résumé : L'opposition à Sainte-Beuve ne date pas de Proust. Celui que Musset appelait " Sainte-Bévue " et Victor Hugo " Sainte-Bave " ne s'est-il pas trompé sur tous les grands écrivains de son temps ? N'a-t-il pas préféré la Fanny de Feydeau à Madame Bovary et les poésies de Banville à celles de Baudelaire ? Hier comme aujourd'hui, la critique ne se trompe jamais qu'à ses dépens. Quel immense talent, en revanche, quand il s'agit de présenter les écrivains du passé, ceux que l'histoire a confirmés et qu'il ne s'agit plus de défendre mais de comprendre. Pour eux, Sainte-Beuve a inventé un genre, le portrait littéraire : " Je pense sur la critique deux choses qui semblent contradictoires et qui ne le sont pas : 1° Le critique n'est qu'un homme qui sait lire, et qui apprend à lire aux autres. 2° La critique, telle que je l'entends et telle que je voudrais la pratiquer, est une invention, une création perpétuelle. " Créations hautes en couleur que l'évocation des grandes figures du classicisme (Corneille, Racine, Molière), des Lumières (Diderot, Prévost, A. Chénier), du romantisme (Vigny, Chateaubriand, J. de Maistre). Aux noms connus se mêlent ceux qui le sont moins : Ampère, Nodier, Vinet. Sainte-Beuve les fait revivre : " La critique est pour moi une métamorphose : je tâche de disparaître dans le personnage que je reproduis. " Le peintre s'identifie à son modèle ; il devient écrivain à son tour : " La critique littéraire ne saurait devenir une science toute positive ; elle restera un art. " Critique créatrice, moderne et vivante, ennemie de toute pédanterie : " Il faut écrire le plus possible comme on parle et ne pas trop parler comme on écrit. " Avis aux Aristarque de nos jours.
Résumé : Manquant de ce rayon qui s'appelle la Grâce, on ne dira pas que Sainte-Beuve était janséniste ; mais il avait, comme les disciples de Jansenius, un caractère pessimiste et par suite l'aptitude morale à comprendre leur amère et désolante doctrine. On cherche bien loin les origines de son monumental ouvrage, Port Royal, mais ne seraient-elles pas au plus profond de lui-même, dans sa misanthropie native ? C'est ce que démontre Maxime Leroy dans la remarquable préface qu'il consacre à l'historien de Pascal et de Saint-Cyran. Pourquoi Sainte-Beuve a-t-il choisi un sujet tel que Port-Royal ? Il a répondu lui-même à cette question : "J'y avais, dit-il, été conduit par mon goût pour les existences cachées et par le courant d'inspiration religieuse que j'avais suivi dans les Consolations". Un texte de 1842 est suggestif : "Mon but est surtout historique, on le sait ; mais il est philosophique aussi, qu'on me permette de le d'ire, plus philosophique peut-être qu'il ne paraît. Je tiens à faire ressortir et à montrer tantôt le côté abrupt, tantôt le côté plausible du point de vue janséniste, à indiquer l'état et le remède chrétien, s'il se peut, mais au moins, au pis, à noter le mal humain, à démasquer la fourbe humaine et l'inconséquence presque universelle".
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.