
Désir de peindre
Avant d'être une oeuvre, la peinture est un désir de peindre. Il importe de distinguer les deux. L'oeuvre picturale relève du goût, de la sensibilité, de l'esthétique... Peindre est bien en amont de tout cela, c'est une pulsion qui se manifeste par un besoin de faire, d'user de ce qui nous tombe sous la main ? : charbon de bois, couleurs, pinceaux... pour en couvrir une surface et en ressentir un soulagement. Que la peinture soit remarquable ou insignifiante, belle ou laide, est une autre histoire, plus précisément, une histoire de l'art. Sont peintres celles et ceux qui manifestent le symptôme récurrent, ce "? vice impuni ? ", qui les pousse à peindre. Ce désir est universel. A toutes les époques les humains peignent partout sur terre. En faire une profession est une anomalie occidentale car nous avons tous été peintres, enfants avant que l'école n'enfouisse nos envies sous le déluge des règles, exercices et notes. Nous le redevenons parfois, quand, le grand âge est venu, à la faveur d'un atelier d'art thérapie. En attendant, peindre est un loisir ou un désir refoulé. "? Retour amont ? " donc, de la peinture à ce désir de peindre qui constitue un commun de l'expérience humaine.
| Nombre de pages | 240 |
|---|---|
| Date de parution | 21/11/2025 |
| Poids | 340g |
| Largeur | 160mm |
| SKU: | 9782850352089 |
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| EAN | 9782850352089 |
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| Auteur | Saint-Jacques Camille |
| Editeur | ATELIER CONT |
| Largeur | 160 |
| Date de parution | 20251121 |
| Nombre de pages | 240,00 € |
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des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; BettencoProlongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.ÉPUISÉVOIR PRODUIT30,00 € -
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