Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les Socialistes sous l'Occupation. Résistance et collaboration
Sadoun Marc
SCIENCES PO
16,50 €
Épuisé
EAN :9782724604603
La Collaboration n'a pas épargné le socialisme, le socialisme n'a pas ignoré la Résistance. Mais de ces deux mouvements, la mémoire collective de la SFIO a peu retenu. Période de la clandestinité, de la lutte armée, mais aussi de la collaboration avec l'ennemi, l'occupation s'inscrit mal dans la grille de lecture d'un parti formé aux luttes parlementaires, nourri dans le respect des traditions démocratiques. L'analyse sociologique et historique permet de rompre avec cette image, de restituer la complexité et la cohérence des itinéraires, de saisir aussi l'inégale richesse des contributions. La Collaboration sollicite le cadre, la Résistance rallie le militant de base ; le milieu parisien emprunte au socialisme certaines de ses valeurs, les mouvements clandestins lui doivent à la fois leur idéologie et une large part de leurs forces militantes. Observatoire idéal des contradictions socialistes, la période de l'Occupation trace de la SFIO un profil que n'épuisent pas les références au réformisme, à la social-démocratie ou au radicalisme. C'est en termes de richesse, de complexité et d'originalité qu'il faut penser le socialisme français.
Résumé : Dans ce récit lumineux et poignant, l'auteur évoque son enfance de jeune Français d'Algérie à travers son ambivalence originelle d'homme entre deux rives et deux religions : situation qui lui valait d'être qualifié d'imposte. De son enfance en Algérie, le narrateur se rappelle la lumière, la chaleur. Mais aussi le décalage qui distingue la vie stricte et pieuse d'une famille juive, et la liberté, la légèreté de la vie en métropole d'où vient sa mère. Le contraste entre un monde traditionnel et réglementé, et un monde ouvert aux infinies possibilités, aux espaces étendus, est saisissant. Différences de milieux sociaux, de langues, de filiations, tiraillement entre l'attrait pour la France, vécu comme une forme de dépossession, de renoncement au judaïsme, et le devoir de maintenir l'ancrage initial, tout dans ce roman de formation évoque l'ambivalence et le sentiment d'illégitimité. Lorsque la guerre éclate, le héros choisit l'Algérie française à laquelle son père ne croit pas. L'élève moyen qui ne parvient pas à avoir son bac se retrouve dans un camp de rétention, mêlé à des gens qui ne sont pas les siens, arrêté pour une cause à laquelle il ne croit plus. Conflit insoluble : le narrateur voudrait être Juif mais il bute sur cette association des contraires. Il n'est pas si difficile de devenir professeur, il suffit d'y mettre le temps. On peut, lorsqu'on vient d'un milieu pauvre, apprendre les bonnes manières, il suffit d'observer les autres. Mais être Juif ?
Le socialisme s'est bâti dans l'entre-deux de la démocratie française : au jacobinisme, il emprunta une conception incarnative du politique, où l'avenir de chacun passait par l'émancipation sociale de tous les exploités ; au libéralisme, il puisa une vision représentative de la politique, où l'émancipation de tous passait par la libre expression des intérêts de chacun. Blum et Mendès France donnèrent assise à cette synthèse en distinguant la démocratie pluraliste à vivre dans le présent et la démocratie sociale à construire collectivement dans l'avenir. Pour y avoir renoncé, le socialisme français connaît la plus grave crise d'identité de son histoire, reflet de celle que traverse à sa manière la démocratie en France.
La crise de l'école suscite un débat récurrent depuis une cinquantaine d'années. Le constat semble unanime: l'école ne fonctionne plus, elle n'arrive plus à accomplir ses missions. Mais ce constat repose sur deux postulats discutables: la nouveauté et la technicité de ces difficultés. Or non seulement la crise scolaire est récurrente au cours de l'époque moderne, mais en outre elle engage, au-delà de la dimension technique de l'efficacité, un enjeu politique fondamental: la place de l'institution dans une démocratie. L'école n'est pas un instrument neutre au service des choix politiques, économiques ou familiaux, elle est une institution au sens plein du terme: une instance chargée d'organiser en procédures spécifiques le processus global de constitution conjointe de la société et des individus. L'école, sur le terrain spécifique de l'éducation, au même titre que la politique proprement dite, participe donc du politique, c'est-à-dire de l'activité dédiée à la fonction de définition, de régulation et de réalisation du devenir social-historique. Cette dimension politique de l'institution éducative, souvent sous-estimée voire évacuée, reste pourtant omniprésente dans les querelles et les réformes pédagogiques contemporaines. S'ensuit un double conflit: sur la politique à mener à l'école, mais aussi, plus fondamentalement, sur le statut du politique et des institutions politiques. La question des moyens est indissociable de celles de la finalité et de la subjectivité à l'origine de l'action sur la société et ses membres. A travers la querelle pédagogique s'opposent ainsi différentes conceptions de la liberté humaine, de l'objet de l'institution éducative et, plus généralement, de la place de toute institution et du politique lui-même dans la société. L'enjeu des débats éducatifs est donc de redéfinir les rapports entre l'être et le devenir humains, de décider si l'école doit fonctionner comme un relais des décisions de la société civile ou comme une institution de l'espace public, si la liberté suppose l'épanouissement d'une authenticité préexistante ou le développement d'une autonomie à venir.
Résumé : Les nostalgiques de l'Ancien Régime, les irréductibles de l'aristocratie, de la dictature ou du despotisme ont disparu. Face à la démocratie libérale ne se dressent plus, de manière claire, que les radicaux du pouvoir du peuple. A droite comme à gauche continuent pourtant de s'exprimer les critiques de la démocratie et ceux qui disent sans fard leur mépris pour un régime défini comme le régime du sans. Au libéralisme, la démocratie emprunte sa mollesse, son inaccomplissement, son imperfection. Incapable de se déterminer avec caractère sur ce qui fait débat, elle est inconsistante et en constante indécision. Pour cette raison, elle est condamnée par l'ordre immuable des choses (c'était la position du réactionnaire) comme par le cours inexorable de l'histoire (c'est la position du progressiste). Il y a ceux qui s'expriment sur le registre de la haine et voient dans la démocratie libérale une forme plus souriante des totalitarismes. Et ceux qui, ad intra, veulent plus d'unité et plus d'engagement. Mais d'où qu'elle vienne, la critique dit toujours son incompréhension d'un régime qui borne ses ambitions et cultive l'imperfection.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.