Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le retour
Rylski Eustachy
NOIR BLANC
20,41 €
Épuisé
EAN :9782882500618
Il y a la main tendue d'un père à son fils et, quelques années plus tôt, celle d'un autre père à un autre fils. Dans les deux cas, un mur d'incommunication, un gouffre d'indifférence ou d'incompréhension. Il y a aussi, d'un côté, cinq années de violence en Russie, de 1915 à 1920, avec leurs atrocités infligées, subies ou observées, et, de l'autre, une simple journée, celle du difficile retour au pays et à la vie civile. Entre ces deux plateaux d'une balance déséquilibrée, il y a l'évocation des quatre générations de Rogoyski, qui, partis de rien, avec une insolente bonne santé, ont acquis un immense domaine terrien au grand dam de la noblesse polonaise locale. Pour relier le tout, il y a la futilité de la guerre et de la mort, le dérisoire de la vie et de la paix, l'inanité de toute entreprise, l'atavisme d'une schizophrénie rampante. Avec, pourtant, la volonté explosive de chaque Rogoyski de se réaliser pleinement. Les retours ne sont pas seulement géographiques ou spatiaux : ils finissent toujours par déboucher sur l'intemporalité du retour à soi-même. " D'une manière ou d'une autre, nous revenons tous ", dit un personnage. Ce à quoi répond un autre, comme en contrepoint : " il n'y a pas de retour si on ne vient de nulle part ". C'est bien entre ces deux constats apparemment inconciliables qu'oscille le mystère du présent ouvrage, tour à tour cruel, feutré, serein, impitoyable comme une démonstration mais émouvant comme une saga.
Dans un récit sec et fort comme un clou de girofle, ou un coup de fouet, Eustachy Rylski dépeint l'affrontement mortel de deux hommes qui s'opposent en tous points. Andrzej Rangult, membre de la noblesse polonaise, est déjà un héros, une figure de la légende napoléonienne. Sans culture et sans idéal, il est une tête brûlée que ses hommes suivent dans le feu. Semen Hoszowski, son adversaire, effectue sans enthousiasme son service d'officier de liaison. Obscur fils de pope, il se laisse tourmenter par de vagues aspirations à une vie bourgeoise. Leur histoire se noue durant le siège de Moscou, en 1812, par un duel dénué de sens, un duel raté, recommencé, empêché, au pistolet, aux cartes, aux dés. Forcés de déserter sur un malentendu, au commencement même de la retraite de Russie, ils sont jetés ensemble dans une abominable errance à travers les enfers de neige et, plus chaotiques encore, leurs paysages intérieurs.
Résumé : Aleksander Ra?ski confie à sa mère : " Je me sens un peu maladroit dans la vie. Cela ne date pas d'hier. " Il est notaire à Varsovie. Nous sommes au début des années 1990 et le capitalisme déferle sur le pays avec la violence d'une rupture de digue. Polonais par son père, Ra?ski est également russe par sa mère, laquelle était la fille d'un général de l'Armée blanche. C'est cette part de lui-même ? qu'il ne cesse d'interroger ? qui provoquera le déraillement de son existence. Ra?ski s'ennuie et, surtout, il souffre d'une écrasante mélancolie, persuadé " qu'il est déjà trop tard pour tout ". Un beau jour, un businessman russe se présente à sa porte : il a besoin d'un notaire connaissant sa langue et son pays. Sebek est un homme violent, séduisant ; ses affaires sont on ne peut plus louches. Le mafieux russe, car c'en est un, entraîne Ra?ski dans les premiers cercles de son enfer : ceux des paillettes, de l'argent facile, des filles de nuit. Tout ce bazar de mauvais polar écoeure et fascine le petit notaire, " comme une romance russe : malgré le faux, le toc, la viscosité de la matière, on a du mal à résister à sa force attractive ". S'il se compromet, s'il se rue dans les plaisirs avec les prostituées que lui fournit son mentor, il parvient à rester comme en surplomb. Insidieusement, Ra?ski alimente la peur de son client mafieux, avant de l'abandonner " dans le tunnel de la paranoïa ". Il s'ensuivra un meurtre et une condamnation, mais Ra?ski ne pourra se croire libéré qu'un instant : on ne quitte pas la table d'un tel jeu.
Résumé : Fils d'un rebelle polonais, mort de façon atroce et fortuite pour sa participation à l'insurrection de 1863 contre l'occupant russe, élevé en Russie, le colonel Stankiewicz combat dans l'armée blanche de Kornilov au moment où la Révolution de 1917 est près de triompher. Le présent récit n'est pas un roman historique à dominante militaire. Il décrit, sur un ton qui se veut factuel, avec un parfum de dérisoire cruauté, les pérégrinations d'un officier antihéros aux prises avec le degré zéro de la guerre : froide indifférence à tout et à tous, descente dans les abîmes de la psychologie, nausée existentielle et nihiliste d'un individu marginal qui refuse la quête possible de son identité, face à l'implosion avortée de ses sources personnelles et historiques. Un camouflet infligé aux mythes éternels de la polonité.
Résumé : Mikhaïl Chichkine, qui s'était donné pour mission d'adapter le modernisme "à la Joyce" aux lettres russes, se révèle ici au lecteur dans une simplicité et une intimité nouvelles. Qu'il évoque les relations entre la Suisse et la Russie, l'importance du mot ou le destin de l'écrivain, ses textes sont émaillés de détails biographiques qui leur confèrent la saveur toute personnelle du souvenir. Le texte sur Robert Walser, auquel il voue une grande admiration, est un chef-d'oeuvre : c'est, selon Paul Nizon, l'hommage éblouissant d'un écrivain à un autre écrivain. Une enfance soviétique, une jeunesse rebelle, la haine de la violence ordinaire, l'appel de la littérature, l'exil, qui lui fit craindre de perdre sa langue maternelle, puis le rapprocha de "sa" langue d'écrivain et de la littérature russe : on trouve, dans ce recueil, le "code" de tous les livres de Mikhaïl Chichkine, ses sources d'inspiration autant que ses obsessions.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.
Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée " l'armée secrète de Churchill " : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait " son ministère de la Guerre sale ". Les six " ministres ", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.
Corti Eugenio ; Lantieri Françoise ; Livi François
Roman autobiographique, Le Cheval rouge suit la destinée de jeunes italiens engagés dans l'armée de Mussolini, patriotes et hostiles au fascisme. Certains mourront sur le front russe ou au mont Cassin, d'autres témoigneront de la barbarie nazie et communiste, d'autres encore s'engageront dans la reconstruction politique de l'Italie d'après-guerre. "On peut s'interroger sur les raisons de l'étonnant succès de librairie d'un livre qui ne s'accorde aucune facilité et qui a su créer, entre son auteur et ses lecteurs, un formidable courant de sympathie. Cela tient d'abord au caractère de témoignage que revêt ce roman : non seulement les personnages historiques qui le traversent, mais tous les événements historiques sont absolument et rigoureusement vrais. Mais Eugenio Corti a écrit aussi un très grand roman. Son souffle épique, la variété des registres stylistiques, la vérité et la puissance des passions emportent le lecteur dès les premières pages. Sans doute destiné à résister à l'épreuve du temps, Le Cheval rouge fait songer à Manzoni, ainsi qu'aux grands romanciers russes, à Tolstoï en particulier". (François Livi) "