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La Condition
Rylski Eustachy ; Laurent Maryla
NOIR BLANC
21,30 €
Épuisé
EAN :9782882502131
Dans un récit sec et fort comme un clou de girofle, ou un coup de fouet, Eustachy Rylski dépeint l'affrontement mortel de deux hommes qui s'opposent en tous points. Andrzej Rangult, membre de la noblesse polonaise, est déjà un héros, une figure de la légende napoléonienne. Sans culture et sans idéal, il est une tête brûlée que ses hommes suivent dans le feu. Semen Hoszowski, son adversaire, effectue sans enthousiasme son service d'officier de liaison. Obscur fils de pope, il se laisse tourmenter par de vagues aspirations à une vie bourgeoise. Leur histoire se noue durant le siège de Moscou, en 1812, par un duel dénué de sens, un duel raté, recommencé, empêché, au pistolet, aux cartes, aux dés. Forcés de déserter sur un malentendu, au commencement même de la retraite de Russie, ils sont jetés ensemble dans une abominable errance à travers les enfers de neige et, plus chaotiques encore, leurs paysages intérieurs.
Dans un milieu hostile, sauvage et implacable lequel, de l'homme ou de l'animal, est le plus féroce ? Selon la règle établie par la nature, seul les plus forts, les mieux adaptés et les plus intelligents survivent. Cela se vérifiera-t-il cette fois-ci
Résumé : Aleksander Ra?ski confie à sa mère : " Je me sens un peu maladroit dans la vie. Cela ne date pas d'hier. " Il est notaire à Varsovie. Nous sommes au début des années 1990 et le capitalisme déferle sur le pays avec la violence d'une rupture de digue. Polonais par son père, Ra?ski est également russe par sa mère, laquelle était la fille d'un général de l'Armée blanche. C'est cette part de lui-même ? qu'il ne cesse d'interroger ? qui provoquera le déraillement de son existence. Ra?ski s'ennuie et, surtout, il souffre d'une écrasante mélancolie, persuadé " qu'il est déjà trop tard pour tout ". Un beau jour, un businessman russe se présente à sa porte : il a besoin d'un notaire connaissant sa langue et son pays. Sebek est un homme violent, séduisant ; ses affaires sont on ne peut plus louches. Le mafieux russe, car c'en est un, entraîne Ra?ski dans les premiers cercles de son enfer : ceux des paillettes, de l'argent facile, des filles de nuit. Tout ce bazar de mauvais polar écoeure et fascine le petit notaire, " comme une romance russe : malgré le faux, le toc, la viscosité de la matière, on a du mal à résister à sa force attractive ". S'il se compromet, s'il se rue dans les plaisirs avec les prostituées que lui fournit son mentor, il parvient à rester comme en surplomb. Insidieusement, Ra?ski alimente la peur de son client mafieux, avant de l'abandonner " dans le tunnel de la paranoïa ". Il s'ensuivra un meurtre et une condamnation, mais Ra?ski ne pourra se croire libéré qu'un instant : on ne quitte pas la table d'un tel jeu.
Résumé : Fils d'un rebelle polonais, mort de façon atroce et fortuite pour sa participation à l'insurrection de 1863 contre l'occupant russe, élevé en Russie, le colonel Stankiewicz combat dans l'armée blanche de Kornilov au moment où la Révolution de 1917 est près de triompher. Le présent récit n'est pas un roman historique à dominante militaire. Il décrit, sur un ton qui se veut factuel, avec un parfum de dérisoire cruauté, les pérégrinations d'un officier antihéros aux prises avec le degré zéro de la guerre : froide indifférence à tout et à tous, descente dans les abîmes de la psychologie, nausée existentielle et nihiliste d'un individu marginal qui refuse la quête possible de son identité, face à l'implosion avortée de ses sources personnelles et historiques. Un camouflet infligé aux mythes éternels de la polonité.
Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée " l'armée secrète de Churchill " : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait " son ministère de la Guerre sale ". Les six " ministres ", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.
Résumé : En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : " Chronique d'un désastre amorcé ". Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole ? ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir. De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay. D'une telle démarche " tous azimuts " résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.
Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas ? et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une " folie méthodique " pour l'écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est " la perfection des formes imprécises ". Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l'Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu'à travers les yeux et les propos d'une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l'appartenance, l'émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l'oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu'elle soit religieuse ou philosophique.