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Quand la lumière décline
Ruge Eugen ; Deshusses Pierre
10 X 18
9,50 €
Épuisé
EAN :9782264058416
2001AlexanderDeux jours durant, il est resté allongé sur son canapé en peau de buffle, comme mort. Puis il s'est levé, s'est douché abondamment pour éliminer toute trace d'odeur d'hôpital, et il s'est mis en route pour Neuendorf.Il a pris l'autoroute A 115 comme d'habitude. A regardé le monde. A vérifié s'il avait changé. Et - avait-il changé?Les voitures lui paraissaient plus propres. Plus propres? Plus colorées d'une certaine façon. Plus idiotes.Le ciel était bleu. Quoi d'autre!L'automne était arrivé en douce, sans prévenir. Piquant les arbres de quelques taches jaunes. On était passé en septembre. Et, si on l'avait laissé partir samedi, on devait être aujourd'hui mardi. Il avait perdu la notion du temps au cours des derniers jours.Neuendorf disposait depuis peu d'une sortie d'autoroute - «depuis peu», cela voulait toujours dire pour Alexander: depuis la chute du Mur. On arrivait ainsi directement dans la ThälmannstraMais il suffisait de tourner une fois à gauche et de longer quelques centaines de mètres la courbe du Steinweg, puis d'obliquer encore une fois à gauche - ici, le temps semblait s'être arrêté: rue étroite avec des tilleuls. Trottoirs pavés et bossues par les racines. Barrières en bois pourri où couraient des punaises rouges. Au fond des jardins, derrière des herbes hautes, les fenêtres sans vie de maisons dont on se disputait la rétrocession dans de lointains cabinets d'avocats.L'une des rares maisons à être encore occupées ici: le 7 du Fuchsbau. Mousse sur le toit. Lézardes sur la façade. Les buissons de sureau touchaient déjà la véranda. Et le pommier que Kurt avait toujours taillé lui-même poussait à tort et à travers, fouillis hirsute se dressant vers le ciel.Le «repas à domicile» était déjà posé sur le poteau de la clôture, dans son emballage isolant. La date de mardi inscrite dessus confirmait ce qu'il s'était dit. Alexander prit la boîte et entra dans le jardin.Bien qu'il ait une clef, il sonna. Pour voir si Kurt allait ouvrir. Peine perdue! De toute façon, il savait que Kurt n'ouvrirait pas. Mais il ne tarda pas à entendre le grincement familier de la porte du couloir; et lorsqu'il regarda par le fenestron, il aperçut la silhouette de Kurt - tel un fantôme - dans la pénombre du vestibule.- Ouvre! lança Alexander.Kurt s'approcha en faisant de grands yeux ronds.- Ouvre!Mais Kurt ne bougeait pas.
Dans l'empire plongé dans la tourmente, un homme lutte avec acharnement pour canaliser les forces qu'il a lui-même libérées. Partout, la pénurie. Partout, la menace de sécession. Et tandis que resurgit le spectre de la famine, que dans l'ombre certains guettent l'occasion de l'ensevelir, l'homme relève un terrible défi : assurer en quelques années, et au moindre coût, le passage du socialisme à l'économie de marché, instaurer l'Etat de droit, sauver ce qui peut l'être de l'Union. Alors qu'on s'interroge en Occident sur les intentions d'un président aux pouvoirs renforcés, alors qu'on disserte ici et là sur la sincérité de sa rupture avec le régime honni, il se bat sur tous les fronts : politique, économique, social, militaire, culturel. Nul ne peut dire aujourd'hui ce qu'il adviendra du nouveau prix Nobel de la paix. Nul ne sait s'il conduira jusqu'au bout le processus de démocratisation qu'il a engagé. Nul ne sait s'il conduira jusqu'au bout le processus de démocratisation qu'il a engagé. Mais les extraordinaires qualités politiques dont il fait preuve, ce sens aigu du compromis qui déroute parfois jusqu'à ses partisans, le placent déjà dans l'Histoire aux côtés des plus grands. Ce livre raconte sa vie, depuis sa naissance le 2 mars 1931, jusqu'aux événements les plus récents. La vie d'un fils de paysan baptisé du sud de la Russie, dont les parents cachaient des icônes derrière le portrait de Staline, la vie d'un komsomol exemplaire, qui sut dire non quand on attaqua son ami parce qu'il était juif, la vie d'un réformateur modéré qui décida un jour de gravir les échelons du Parti pour atteindre le pouvoir suprême, et le subvertit finalement. En 1989, après des années d'obstination, Gerd Ruge a obtenu l'autorisation exceptionnelle d'interviewer les professeurs, les amis et l'entourage de Mikhaïl et de Raïssa Gorbatchev. Mais cette biographie, best-seller en Allemagne, est aussi le fruit de plusieurs années d'enquête, et s'appuie sur une connaissance directe de l'Union et de ses acteurs politiques depuis Khrouchtchev.
Aux sources d'une pensée démocratique et socialiste ou social-démocrate en Allemagne, longtemps occultée par le(a) marxisme(s) et parla pensée antilibérale et antidémocratique, voire crypto-nazie, ce texte intéressera ceux qui, au sujet du "couple franco-allemand" en Europe, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes. Alors que l'échec des révolutions de 1848 est général, Arnold Ruge, hégélien de gauche et député au Parlement de Francfort, exprime l'espoir d'une "seconde révolution" plus radicale que la première, celle de mars 1848, et qui fonderait une république sociale et démocratique. l.a formule est du socialiste français Louis Blanc, avec qui Ruge, avant sa rupture avec Marx, fut en contact à Paris en 1843-1844. Opposé au despotisme ancien, au libéralisme bourgeois et au communisme et anticipant, en citant Proudhon, sur les projets autogestionnaires du XXe siècle, Ruge propose la suppression du salariat et un coopératisme généralisé avec maintien d'un Etat régulateur.
Résumé : Après le succès de Quand la lumière décline, Eugen Ruge poursuit l'exploration de son histoire familiale dans un roman haletant. Moscou, 1936. La jeune communiste allemande Charlotte échappe aux persécutions nazies et part avec son mari et d'autres en Union soviétique. Avec d'autres, elle va faire travailler pour le service de renseignements du Komintern, avec d'autres communistes de tous les pays. Mais les purges viennent de commencer et touchent bientôt des connaissances de Lotte. Son sort devient de plus en plus incertain.
Né en 1915, Walter Ruge est adolescent durant la période troublée de la république de Weimar et la montée du nazisme. Élevé selon des principes libéraux pour l'époque, communiste convaincu, il est contraint de quitter l'Allemagne d'Hitler pour l'URSS de Staline et rejoint la cohorte de nombreux Allemands en exil. Devenu citoyen soviétique, mais forcément suspect après l'invasion nazie de juin 1941, il est condamné à dix ans de camp et déporté en Oural. Après plusieurs années de Goulag, il reprend son métier de radiologue et pratique la médecine. Transféré dans le Grand Nord, il apprend à aimer les solitudes glacées de l'Ienisseï et se passionne pour la photographie. " Libéré " en 1949, il est assigné à résidence pour vingt-cinq ans. Mais la déstalinisation bouleverse son existence. En 1955, il est officiellement réhabilité en l'absence de tout motif de condamnation. En 1958, il rentre en RDA. Aujourd'hui âgé de quatre-vingt-huit ans, Walter Ruge apporte un témoignage inédit sur les années noires de l'URSS. Sans renier ses convictions initiales, il dresse un portrait édifiant de l'arbitraire stalinien, mais révèle aussi un extraordinaire appétit de vivre qui lui a permis de traverser les épreuves de la détention. Une formidable leçon d'optimisme. C'est en France que ce témoignage exceptionnel est publié pour la première fois.