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L'écrouloir
Rozier Nicolas
CORLEVOUR
11,20 €
Épuisé
EAN :9782915831184
A partir d'un dessin d'Antonin Artaud (un des derniers) où me semble s'accomplir l'apothéose de ses efforts, j'ai voulu dire l'ampleur de la dignité à laquelle peut atteindre le crayon sur la feuille. En l'occurrence, la victoire singulière d'avoir su donner forme au visage d'amour en guerre, auquel on pourrait rattacher toutes les créations d'Artaud, et qui se manifeste dans l'expression très spécifique de cet autoportrait - plus précisément dans l'oeil en avant dans le trois quart face. Ce paroxysme qui ne retombe pas, et auquel ce dessin est entièrement voué, s'est imposé à moi comme le chantier béant d'évidence et donc l'occasion idéale d'isoler, de pointer une humanité de l'homme dont Artaud, en dépit des caricatures hirsutes dont on obture sa terrible exigence, harcela la netteté de contour, c'est-à-dire n'eut de cesse d'exhumer la douceur, non les reposoirs douceâtres qui catégorisent la douceur mais l'amour, qui, sans cesse, jauge l'intensité, loin de cette violence incontrôlable à laquelle une image répandue réduit Artaud.
Résumé : Je voyais le ciel s'amenuiser au-dessus de ma tête, l'air sifflait à travers le lacis d'osier du panier où toi, Myriam, tu avais eu le temps de m'enfoncer avant de me jeter aux eaux du fleuve. Est-ce à cause des pleurs de ce jour et cette nuit passés à dériver sur le fleuve que les crocodiles savent si bien imiter les vagissements du bébé perdu dans les ajoncs ? Cueilli un matin par une rêveuse matinale sur les eaux du Nil, Moïse, nourrisson hébreu en perdition, grandit en marge des secrets d'alcôve du palais de Pharaon. Cent vingt ans plus tard, délaissé par son peuple, il se meurt dans le silence de Moab. Non loin de la Terre promise dont il n'a pu fouler le sol, le grand prophète livre une confession brûlante... Porté par un lyrisme limpide et lumineux, le deuxième roman de Gilles Rozier ouvre une brèche dans l'édifice sacré de la Bible. Magnifiquement fantasmée par l'auteur, éludant Dieu à travers une fiction scandaleuse, l'humanité de Moïse éclaire les doutes politiques, les vertiges métaphysiques, l'intimité taboue d'un personnage mythique, ressuscitant dans une envoûtante magie narrative Hébreux et Egyptiens surgis de la nuit des temps...
De ce témoin phosphorescent, Nicolas Rozier se fait à son tour le témoin. Dans une réaction en chaîne régénérante, il tend la main vertigineusement au Prevel intensément poète ? celui qui retrouva chez Artaud ce "vertige né il y a des siècles et qui s'empare de mon vertige". Et par les moyens d'une prose noueuse, tendue comme une perche à quelqu'un qui se noie, Rozier dit simplement ceci : le nom de Jacques Prevel, inséparable aujourd'hui de celui d'Antonin Artaud, n'a pas encore atteint sa propre résonance. Et pourtant ! Lisant Prevel pour la première fois, en avril 1946, Artaud y repère déjà des "revendications émotives qui viennent d'extrêmement loin". C'est que Prevel a aussi misé sur la passion du vivant. Ecoutons de plus près, écoutons vraiment : "je suis le donneur de sang", "je suis un homme à même l'infinité", "revenu des rêves et revenu des morts", "le monde agrandi soudain jusqu'à mon coeur", "le feu blanc de la lumière exsangue", "en dérive vers l'absolu". Zéno Bianu
«Où était-il passé depuis l'Armistice ? Renvoyé dans ses foyers, prisonnier en Allemagne ? J'avais souvent rêvé de lui. Je pensais ne plus le revoir et il était là, à cette heure où j'attendais des Roulieres, au milieu du couloir de la Gestapo.» Quelque part en France, durant l'Occupation, une cave est transformée en cabinet de lecture abritant les auteurs allemands mis à l'index par les nazis. Le personnage, qui enseigne l'allemand dans une école de jeunes filles, et qui, à l'occasion, effectue des traductions pour la Gestapo, mène une vie sans histoire, presque normale malgré la guerre. Jusqu'au jour où, dans un moment de folie frisant l'héroïsme, il aide un prisonnier juif à s'enfuir et le cache dans la cave, aux côtés des écrivains allemands bannis... À travers ce narrateur, dont le sexe demeure mystérieux, bouleversé par l'amour qu'il porte à son prisonnier, Gilles Rozier évoque dans une France sans résistance, entre passivité et lâcheté, une passion nourrie d'ombre, de silence et de désirs bruts, portée par les fascinantes liaisons de deux langues antagonistes, le yiddish et l'allemand.
Mon idée directrice est simple : plus un poète est grand, plus sa vie propre ? quel qu'en soit le contenu ? s'impose à lui comme foyer d'une énigme universelle. En s'efforçant d'exprimer cette énigme, il l'approfondit, et son existence concrète avec elle de façon littéralement déchirante. Sujet privilégié de contradiction, le poète est ainsi le témoin d'une souffrance irréductible qu'il cultive jusque dans la maladie et la faute, comme l'instrument d'une connaissance cachée."
Ce texte poétique à la structure ouverte ancre le récit dans un passé mythique méditerranéen en même temps qu'intensément actuel (le Cap Corse). A travers la voix de Minoa, qui confie son désarroi, ses doutes, ses perplexités face à la vie et à l'amour, toute une réflexion sur l'écriture est engagée. Pour explorer le monde intérieur qui la fonde et dans lequel elle se débat, la narratrice choisit des modalités d'écriture et des tonalités volontairement diversifiées. L'ensemble épistolaire des Feuillets de Minoa (première partie), est ponctué par de brefs poèmes dont la tonalité sagement érotique rompt avec la prose des lettres tout imprégnées du "sentimentalisme" du XVIIIe siècle. Les Journuits (seconde partie) combinent récits oniriques et prose journalistique. Les Petites fantaisies minoennes (3e partie), brefs textes en vers, jouent le rôle d'intermède ludique. La dernière partie, Chants de Minoa, rassemble des poèmes inspirés par la même ferveur lyrique. Avec en ouverture une sextine écrite selon les règles mises en place au XIIe siècle et en chant final, le "Brame de la Minotaure", l'ouvrage, tendu à l'extrême, constitue une partition surprenante. Si la voix dominante est celle de Minoa, les différents modes d'expression qu'elle emploie pour la faire résonner, rendent compte d'une intériorité polyphonique d'une grande intensité.
John Henry Newman, né à Londres en1801 et mort en 1890, est un théologien et écrivain britannique, converti au catholicisme en 1845. Etudiant à l'Université d'Oxford, il est ordonné prêtre anglican. Ses travaux sur les Pères de l'Eglise le conduisent à analyser les racines chrétiennes de l'anglicanisme et à défendre l'indépendance de sa religion face à l'Etat. Ainsi naît le Mouvement d'Oxford, dont John Newman est l'un des principaux acteurs. Ses recherches et sa conception de l'Eglise l'amènent à se convertir au catholicisme, qu'il voit comme la confession la plus fidèle aux racines du christianisme. C'est au cours de cette période qu'il écrit son célèbre poème Lead, kindly Light. Il part pour l'Irlande afin de fonder une université catholique à Dublin, à la demande des évêques de ce pays. Pour mieux faire comprendre sa conception de l'éducation et de la science, il donne un cycle de conférences : L'Idée d'université, avant de démissionner en 1857 à cause du manque de confiance de la part des évêques irlandais face à son entreprise. Sa conversion au catholicisme est incomprise et critiquée par ses anciens amis anglicans. Il est aussi regardé avec méfiance par une partie du clergé catholique anglais du fait de ses positions considérées comme très libérales. En réaction à des calomnies, John Newman décrit sa conversion au catholicisme dans Apologia Pro Vita Sua. Cet ouvrage change la perception des anglicans à son égard et accroît sa notoriété. L'incompréhension suscitée par la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale conduit Newman à défendre l'Eglise et la place primordiale de la conscience dans sa Lettre au duc de Norfolk. Sa conception de la conscience sera en partie développée lors du Concile Vatican II. Il écrit par la suite la Grammaire de l'assentiment, qui se veut une défense de la foi face au développement du positivisme. Théologien reconnu, il est l'une des figures majeures du catholicisme britannique, avec Thomas More, Henry Edward Manning et Ronald Knox. Il a exercé une influence considérable sur les intellectuels catholiques, notamment les auteurs venus de l'anglicanisme. Ses oeuvres, dont la Grammaire de l'assentiment et l'Apologia Pro Vita Sua, sont une référence chez des écrivains tels que G K Chesterton, Evelyn Waugh ou Julien Green, mais aussi pour des théologiens et des philosophes comme Avery Dulles, Erich Przywara et Edith Stein, qui a traduit en allemand son ouvrage L'Idée d'université.
Plazenet Laurence ; Rastoin Marc ; Kéchichian Patr
Quand je parlerais toutes les langues des hommes, et le langage des anges mêmes, si je n'ai point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j'aurais encore toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point envieuse ; elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; elle n'est point dédaigneuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pique et ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice ; mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais.