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Jacques Prevel, poète mortel
Rozier Nicolas ; Bianu Zéno
CORLEVOUR
14,60 €
Épuisé
EAN :9782372090223
De ce témoin phosphorescent, Nicolas Rozier se fait à son tour le témoin. Dans une réaction en chaîne régénérante, il tend la main vertigineusement au Prevel intensément poète ? celui qui retrouva chez Artaud ce "vertige né il y a des siècles et qui s'empare de mon vertige". Et par les moyens d'une prose noueuse, tendue comme une perche à quelqu'un qui se noie, Rozier dit simplement ceci : le nom de Jacques Prevel, inséparable aujourd'hui de celui d'Antonin Artaud, n'a pas encore atteint sa propre résonance. Et pourtant ! Lisant Prevel pour la première fois, en avril 1946, Artaud y repère déjà des "revendications émotives qui viennent d'extrêmement loin". C'est que Prevel a aussi misé sur la passion du vivant. Ecoutons de plus près, écoutons vraiment : "je suis le donneur de sang", "je suis un homme à même l'infinité", "revenu des rêves et revenu des morts", "le monde agrandi soudain jusqu'à mon coeur", "le feu blanc de la lumière exsangue", "en dérive vers l'absolu". Zéno Bianu
Quand l'Histoire défile sous nos yeux : retour sur les reporters du IIIème Reich 1945 à Berlin sous occupation alliée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 700 soldats, appareils photos et caméras en main, alimentaient la propagande du Reich. Ces " Propaganda Kompanien ", des reporters de guerre allemands sous les ordres de Goebbels, avaient pour habitude d'utiliser deux appareils photos officiels. Pourtant certains s'étaient munis d'un 3e appareil clandestin, échappant à tout contrôle : la fameuse 3e " Kamera ". C'est le cas du lieutenant Frentz, mandaté pour suivre le Führer en personne ! Dans la capitale en ruine, une course effrénée contre la montre commence pour récupérer ces clichés. En vue du procès de Nuremberg, les fameuses 3e "Kamera " qui documentaient les crimes commis par le régime vont devenir un enjeu stratégique pour les soldats américains du CIC (Counter Intelligence Corps) ! Ce type d'appareil peut révéler le visage des officiers SS mais aussi apporter la preuve irréfutable des atrocités perpétrées dans les camps. Mais quels autres secrets pourraient encore livrer le boitier de Frentz ? Après le succès de La Bombe - ouvrage traduit à ce jour en 18 langues et vendu à plus de 150. 000 exemplaires en France - Denis Rodier s'associe au scénariste Cédric Apikian pour un récit fictionnel puissant, basé sur des faits historiques. Redécouvrez l'existence de ces soldats-photographes à travers cette édition en noir & blanc qui s'accompagne d'un dossier historique et d'un beau dossier graphique.
A partir d'un dessin d'Antonin Artaud (un des derniers) où me semble s'accomplir l'apothéose de ses efforts, j'ai voulu dire l'ampleur de la dignité à laquelle peut atteindre le crayon sur la feuille. En l'occurrence, la victoire singulière d'avoir su donner forme au visage d'amour en guerre, auquel on pourrait rattacher toutes les créations d'Artaud, et qui se manifeste dans l'expression très spécifique de cet autoportrait - plus précisément dans l'oeil en avant dans le trois quart face. Ce paroxysme qui ne retombe pas, et auquel ce dessin est entièrement voué, s'est imposé à moi comme le chantier béant d'évidence et donc l'occasion idéale d'isoler, de pointer une humanité de l'homme dont Artaud, en dépit des caricatures hirsutes dont on obture sa terrible exigence, harcela la netteté de contour, c'est-à-dire n'eut de cesse d'exhumer la douceur, non les reposoirs douceâtres qui catégorisent la douceur mais l'amour, qui, sans cesse, jauge l'intensité, loin de cette violence incontrôlable à laquelle une image répandue réduit Artaud.
Résumé : Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. Pierre a frappé, lui aussi, comme il a été frappé, enfant. Pierre n'a donc pas échappé à sa "bonne éducation" : élevé à Versailles, il est le fils aîné d'une famille nombreuse où la certitude d'être au-dessus des autres et toujours dans son bon droit autorise toutes les violences, physiques comme symboliques. Pierre avait pourtant essayé, lui qu'on jugeait trop sensible, trop velléitaire, si peu "famille" , de résister aux mots d'ordre et aux coups. Comment en est-il arrivé là ? C'est en replongeant dans son enfance et son adolescence qu'il va tenter de comprendre ce qui s'est joué, intimement et socialement, dans cette famille de "privilégiés" . Dans ce premier roman à vif, Nicolas Rodier met en scène la famille comme un jeu de construction dont il faut détourner les règles pour sortir gagnant.
Résumé : Je voyais le ciel s'amenuiser au-dessus de ma tête, l'air sifflait à travers le lacis d'osier du panier où toi, Myriam, tu avais eu le temps de m'enfoncer avant de me jeter aux eaux du fleuve. Est-ce à cause des pleurs de ce jour et cette nuit passés à dériver sur le fleuve que les crocodiles savent si bien imiter les vagissements du bébé perdu dans les ajoncs ? Cueilli un matin par une rêveuse matinale sur les eaux du Nil, Moïse, nourrisson hébreu en perdition, grandit en marge des secrets d'alcôve du palais de Pharaon. Cent vingt ans plus tard, délaissé par son peuple, il se meurt dans le silence de Moab. Non loin de la Terre promise dont il n'a pu fouler le sol, le grand prophète livre une confession brûlante... Porté par un lyrisme limpide et lumineux, le deuxième roman de Gilles Rozier ouvre une brèche dans l'édifice sacré de la Bible. Magnifiquement fantasmée par l'auteur, éludant Dieu à travers une fiction scandaleuse, l'humanité de Moïse éclaire les doutes politiques, les vertiges métaphysiques, l'intimité taboue d'un personnage mythique, ressuscitant dans une envoûtante magie narrative Hébreux et Egyptiens surgis de la nuit des temps...
Et Isaïe dit : Ecoutez donc, maison de David : Ne vous suffit-il pas de lasser la patience des hommes, sans lasser encore celle de mon Dieu ? C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un prodige : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé EMMANUEL. Il mangera le beurre et le miel, en sorte qu'il sache rejeter le mal, et choisir le bien.
Mon idée directrice est simple : plus un poète est grand, plus sa vie propre ? quel qu'en soit le contenu ? s'impose à lui comme foyer d'une énigme universelle. En s'efforçant d'exprimer cette énigme, il l'approfondit, et son existence concrète avec elle de façon littéralement déchirante. Sujet privilégié de contradiction, le poète est ainsi le témoin d'une souffrance irréductible qu'il cultive jusque dans la maladie et la faute, comme l'instrument d'une connaissance cachée."
L'ambition de cet essai ? Dresser les enjeux d'une oeuvre majeure, ses lignes de force, ses points de fuite, sa perspective. Les auteurs grecs et romains, les poètes du Moyen-Age et de la Renaissance, mais aussi les écrits fondateurs de Shakespeare, de Baudelaire et de Rimbaud, tous ont été sollicités par Yves Bonnefoy dans sa quête inlassable de la "vérité de parole". Stéphane Barsacq propose de suivre cette "Odyssée de la conscience poétique, dont l'objet est la saisie de l'esprit par lui-même", et qu'Yves Bonnefoy a interrogée jusqu'à son dernier souffle dans un désir ardent de trouver le vrai lieu où se tenir vivant.